Le Domaine Vinci (VdP des Côtes Catalanes)

Voici un domaine inconnu au bataillon des buveurs de vins naturels. Lorsqu’on secoue un arbre à vignerons (doués…) dans le Roussillon, il en tombe quelques dizaines. Tous les cavistes vous le diront, dans le Roussillon on ne sait plus où donner de la tête. Entre Edouard Laffitte, Loïc Roure, Cyril Fahl, Benoït Danjou, Olivier Pithon, Stéphane Morin, Jean-François Nicq…la liste est sans fin. Pour trouver une explication à ce phénomène, mettez-vous à la place d’un jeune vigneron talentueux qui veut s’installer à son compte. S’il recherche un grand terroir, il peut choisir la Champagne ou le nord de  la Bourgogne, à condition de débourser plus d’un million d’euros l’hectare…ou le Roussillon avec des grands terroirs à  environ 10 000 euros l’hectare.

Bénéficiant à la fois de la mer et de la montagne, cette région offre des terroirs aussi exceptionnels que variés. L’altitude procure aux vins blancs une minéralité et une « salinité » dignes de grands blancs du Jura ou de la Savoie. Pour ceux qui cherchent des vins gras et amples, passez votre chemin…

Olivier Varichon et sa femme Emmanuelle Vinci se sont installés en 2001 à Estagel dans les Pyrénées Orientales  (à 20 kilomètres de Perpignan) sur une propriété de 7 hectares. Les vignes escarpées sont entourées de forêts. Du coup Olivier ne craint pas les voisins « pollueurs ». Inutile de vous dire qu’il travaille ses vignes à la pioche, désherbe manuellement taille chaque cep individuellement et effectue un tri drastique à la vigne. Les rendements sont très bas (entre 9 et 18 hectolitres par hectare) et seuls les cépages « locaux » sont cultivés. Ici vous ne trouverez pas de Merlot ou de Syrah, mais plutôt du Carignan, du Grenache  et du Mourvèdre pour les rouges et du Grenache Blanc, du Grenache Gris et du Macabeu pour les blancs.

Le résultat est sidérant de pureté et de complexité.

Coste 2008. 100% Mourvèdre. Ce vin est à la fois puissant, épicé et velouté en bouche. A l’attaque il rappelle un grand Bandol ou la fameuse cuvée « Valinière » de Barral (à base de Mourvèdre aussi). Le terroir de schiste lui apporte une fraîcheur qui le rend gourmand et facile à boire. Superbe!

Coyade 2008. Grenache Blanc, Carignan Blanc et Macabeu. Un vin blanc issu d’un terroir calcaire. Ce vin possède une minéralité qui donne (presque) l’impression de sucer un caillou! Vin d’une grande complexité pouvant accompagner des fruits de mer.

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Le Grolleau Noir du Domaine Andrée

        

Pour un caviste aller à la rencontre d’un vigneron est aussi important que la vente de ses vins. Comment expliquer son travail, ses terroirs, sa philosophie si on ne l’a jamais vu?

Chez Mi-Fugue, Stéphane Erissé constitue une exception à la règle. C’est un de ses amis, le jeune et talentueux Sylvain Dittière (domaine La Porte Saint Jean, Saumur-Champigny), qui nous a fait découvrir le superbe rosé d’Andrée (voir notre article « un rosé d’Anjou pas comme les autres: le domaine Andrée »). Dans un premier temps nous avions donc proposé ce vin à nos clients sans connaître le vigneron, et l’imagination (aidée par le vin et quelques conversations téléphoniques) avait fait le reste. On s’imaginait un jeune vigneron doué de 20-25 ans sorti d’une école d’œnologie. Inutile de vous dire que nous avions tort sur (presque) toute la ligne!

Stéphane a déjà roulé sa bosse dans le domaine du bâtiment. Après avoir trempé ses lèvres dans plusieurs potions magiques, il a effectué quelques stages (notamment chez les « bons » du Roussillon) puis s’est lancé en acquérant 3 hectares à Saint Cyr en Bourg, au sud de Saumur. Il en est donc à son premier millésime…et sa deuxième cuvée commercialisée. Nous avions craqué pour son Grolleau Gris rosé et on se demandait comment Stéphane allait rééditer son exploit sur du Grolleau Noir.

Le Grolleau Noir est un cépage local qui n’a pas forcément bonne presse. Il a la réputation de produire des vins légers, avec une acidité marquée et des notes épicées-poivrées qui virent au poivron (et donc au cauchemar) si le raisin n’est pas mûr, un peu comme ses cousins le Cabernet Franc et le Pineau d’Aunis.

Le Grolleau Noir de Stéphane est aussi envoûtant que son rosé… Il possède à la fois une belle densité avec des tanins soyeux et une fraîcheur incroyable. En le débouchant, on se dit que ce vin a les épaules pour accompagner une viande rouge…sauf qu’il est tellement digeste et gourmand qu’on a du mal à ne pas jeter un sort à la bouteille avant la première bouchée. Ce rouge est donc paradoxal: il est à la fois ample, fin, fruité, épicé, souple et gourmand!

      

Osons un truisme: Stéphane est doué!…et il a de l’avenir. Nous avons goûté chez lui d’autres vins en élevage. Un Chenin, un Grolleau Gris (vinifié en blanc pour ce millésime)  et un Cabernet Franc. Des jus magnifiques (disponibles en mai-juin) qui laissent présager quelques heures de pur plaisir. Stéphane est un adepte du travail « en douceur » visant à extraire des tanins fins et à exalter le fruit…Mission accomplie!

En ce moment il reste chez Mi-Fugue quelques bouteilles de rosé et bien évidemment le Grolleau Noir.

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La Soif du Mal 2011…ou comment bien commencer l’année 2013

Avant toute considération œnologique, l’équipe de Mi-Fugue Mi-Raisin vous souhaite une très belle année 2013, treize heureuse et treize arrosée (pour reprendre l’expression d’un ami vigneron). En tout cas nous souhaitons à nos vignerons une année moins arrosée dans les vignes… et à nos lecteurs une année bien arrosée dans les verres, avec de belles découvertes bachiques.

De notre côté l’année commence plutôt bien. Après quelques dizaines de kilomètres parcourus fin 2012 entre le stock, les étagères et le comptoir pour servir les clients assoiffés, nous avons commencé l’année en beauté en ressortant de notre  cave « perso » une bouteille de « Soif du Mal » 2011 du domaine Les Foulards Rouges dans le Roussillon, un vin magistralement vinifié par Jean-François Nicq.

Le choix de la première bouteille de l’année est treize  importante (bon, j’arrête) car elle donne le « la » pour l’année, chose normale pour un caviste-disquaire. Imaginez-vous dans une salle de concert. Vous attendiez depuis plusieurs mois la tournée d’un grand pianiste dans votre ville. Le voici, et il joue la 32ème sonate pour piano (l’opus 111) de Beethoven, une des plus grandes pages de piano de tous les temps. S’il commence par une fausse note (ou un « pain » dans le langage des musiciens), votre concert est fichu. Vous rentrez chez vous d’humeur massacrante et vous allez directement vous coucher.

Pour le vin, c’est la même chose. Pour être sûrs d’éviter la fausse note, nous avons choisi la cuvée « La Soif du Mal » 2011 de Jean-François, à base de syrah (70%) et de grenache. Le vin était tout simplement éblouissant, avec des notes kirschées et épicées. Ce nectar  nous rappelle ceux d’Eric Pfifferling (l’Anglore, à Tavel). Outre le fait que Jean-François et Eric se connaissent fort bien et élaborent une cuvée en commun (l’Anglore aux Foulards Rouges) l’association de ces deux noms est due à une caractéristique commune: les vins possèdent une complexité rare et une incroyable « buvabilité » (néologisme que les habitués du pinard pardonneront!). Les dégustateurs vous le diront: on obtient souvent l’un aux dépens de l’autre… mais pas chez eux!

Tout comme les vins d’Eric Pfifferling, ceux de Jean-François méritent quelques mois de patience pour passer d’un breuvage délicieux à un vin sublime. La difficulté consiste à créer ce décalage. Si la patience n’est pas votre point fort (et ne fait pas partie de vos nouvelles résolutions), en attendant le prochain arrivage des vins du domaine en mai, il nous reste quelques bouteilles de son primeur « Octobre »…

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La réponse de Stéphane Lucas (Le Champ d’Orphée) à une question existentielle

Dans un article intitulé « jour racine, jour fleur, jour fruit: du pipeau? » Mi-Fugue Mi-Raisin avait  jeté une bouteille (vide) à la mer en demandant à ces lecteurs d’éclairer sa lanterne au sujet d’un problème aussi épineux que mystérieux: comment se fait-il que certains vins vibrants et gorgés de fruit se referment comme une huître le lendemain, pour ensuite ressusciter quelques jours plus tard? Cette question qui nous taraude depuis un certain moment fait partie des mystères – et donc du charme –  du vin naturel.

Voici plus précisément la question posée:  « pourquoi est-ce qu’un vin élaboré selon le calendrier utilisé par les « bio-dynamistes » continue-t-il à être capricieux une fois en bouteille? Après tout une carotte (cultivée en biodynamie) mangée un jour ou un autre reste une carotte ayant le même goût. Pour le vin, nous n’avons pas la réponse…et si un de nos lecteurs pouvait nous éclairer, nous lui en saurions gré! »

La réponse nous est venue d’un ami-vigneron, Stéphane Lucas du Champ d’Orphée (domaine situé à quelques kilomètres d’Albi). Après nous avoir régalés de ses vins lors d’une dégustation, voici sa réponse qui correspond d’ailleurs à l’esprit de ses nectars.

« Peut être parce que le vin est une substance plus subtile, donc plus sensible aux interactions avec son biotope (au sens large). Ce n’est pas un produit brut comme peut l’être la carotte ou le raisin.
Je pense que la fermentation alcoolique est un processus de transformation de la matière, mais aussi de « l’esprit ».
Le vin n’est plus une matière première mais une substance raffinée, « civilisée ». C’est à mon sens la raison pour laquelle il est sensible aux interactions avec les différents paramètres de notre monde et de notre univers. Inutile d’essayer de l’expliquer sans changer notre grille de lecture du monde; on n’est pas ici dans une appréciation quantitative mais qualitative.
Pour ma part je n’éprouve pas le besoin de l’expliquer, le comprendre me suffit. »

Ce point de vue relance le débat que nous avons eu avec des clients et/ou amis. Ce qui se passe dans une bouteille peut-il s’expliquer « scientifiquement »? Comme Stéphane Lucas, nous pensons que la science (la chimie et  la biologie pour ne citer que deux disciplines employées par les œnologues) ne peut expliquer qu’une partie de l’histoire. Nous sommes une nation héritière des idées de  Descartes et d’Auguste Comte (pour ne citer que deux figures connues) et croyons encore que la science est capable de « saturer » notre quotidien de ses explications. Tout ce qui n’est pas scientifiquement explicable ou démontrable est pour le moins suspicieux. Inutile de mettre du mystère ou de la religion là où la science trébuche: pour les tenants du scientisme, la science trouvera tôt ou tard une explication…

Loin de vouloir introduire du mystère dans le vin, nous rejoignons Stéphane Lucas: un grand vin peut être considéré comme une œuvre d’art,  au même titre qu’un tableau ou une œuvre musicale…à condition bien sûr d’accepter que l’émotion procurée par nos papilles gustatives soit aussi noble que celle provoquée par les yeux ou les oreilles. Dès lors, la chimie peut certes analyser les pigments d’un tableau (et ceux du raisin) mais reste impuissante à nous dire quoi que ce soit sur l’émotion communiquée par une œuvre ou un verre de vin.

Bref, si l’on admet que le vin n’est pas uniquement matière mais qu’il est aussi esprit, la science ne peut pas tout expliquer dans un vin.

…Dieu merci!!!

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Antica 2010 du domaine U Stiliccionu: un vin pour la fin du monde…

C’est officiel: demain – vendredi 21 décembre 2012 –  c’est la fin du monde. Les Mayas l’avaient prédit, les physiciens l’ont modélisé (leur fameux « big crunch »), TF1 nous rebat les oreilles et M6 nous le ressasse ad nauseam. Même les grand(e)s intellos s’y sont mis…

Une remarque au passage: les Mayas auraient pu nous laisser trois jours supplémentaires, histoire de succomber le ventre plein de foie gras et de saumon fumé avec nos derniers gadgets de Noël (ipod, ipad ou iphone…) entre les mains.

Une question épineuse se pose: que faire en cette pénultième journée de notre courte existence? Voici plusieurs suggestions:

– Le dernier morceau de musique: Quatuor pour la Fin du Temps d’Olivier Messiaen (en vente chez Mi-Fugue)

– Le dernier film: Apocalypse Now de Coppola

– Le dernier livre: Au Cœur des Ténèbres de Joseph Conrad

Mais il ne faut pas oublier la question capitale, cruciale, ultime et peut-être la plus délicate: quelle bouteille de vin choisir?

Certains seraient tentés par une bouteille de Romanée Conti. Chez Mi-Fugue on trouve ce choix un tantinet kitsch, voire vulgaire. En attendant les vagues rugissantes qui déferleront sur nos têtes et les blocs de béton disloqués qui s’écraseront à nos pieds, nous avons choisi notre dernière bouteille: la cuvée Antica 2010 du domaine U Stiliccionu, un vignoble situé au sud d’Ajaccio, méticuleusement conduit par le jeune et vaillant Sébastien Poly-Casabianca (voir notre article « U Stiliccionu: le plus bourguignon des vins corses »).

Pourquoi cette bouteille plutôt qu’une autre? Cela fait quelques décennies que l’équipe de Mi-Fugue Mi-Raisin picole des vins authentiques, vibrants et chatoyants. Mais il a fallu attendre la fin du monde pour trouver un tel rapport qualité-prix!

Les convives réunis hier soir (dans une sorte de « remake » de la Cène, mais sans Christ) ont pu goûter ce vin à l’aveugle. Au début, certains sont partis sur la Bourgogne… Normal car ce vin – à base de Sciaccarello – possède la finesse d’un grand (nous soulignons!) Bourgogne, avec un soyeux de rêve et des arômes subtils de fruits rouges. Avec l’air, une fois que les arômes de garrigue et d’anis avaient pris le dessus, les convives ont fini par migrer plus au sud. Il est toujours intéressant de demander le prix avant de dévoiler l’étiquette. Ils étaient  unanimes: une bonne quarantaine d’euros. Eh bien non, nos clients pourront respecter leur budget « crise » jusqu’à la dernière minute, car ce vin leur en coûtera à peine la moitié…

Chez Mi-Fugue Mi-Raisin nous sommes conquis par les vins de ce domaine. C’est bon, nous avons notre bouteille d’Antica… et le monde peut s’écrouler.

En tout cas, si vous vous réveillez le samedi matin intacts, sachez que Mi-Fugue a aussi reçu les cuvées Damianu 2010 et – le très grand! –  Kalliste 2009 (Sciaccarrello et grenache).

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Les vins du Domaine Ganevat sont arrivés

             

De nombreux amateurs attendaient les blancs 2010 de Fanfan (ou Jean-François Ganevat si vous préférez). Pourquoi? Tout simplement parce que 2010 est sans doute le plus beau millésime en blanc de l’histoire du domaine. Ceci n’est pas un effet d’annonce pour refourguer les vins: nous en avons trop peu! Disons que depuis que Jean-François est revenu au domaine en 1998, les vins sont de plus en plus purs, précis…et émouvants. Le millésime 2008 nous avait laissé un souvenir impérissable: des vins d’une tension et d’une fraîcheur incroyables. Par rapport à ce millésime, 2010 possède la même minéralité avec une acidité plus douce et « enrobée », moins tranchante qu’en 2008. Il n’y a aucun doute: pour nous les vins de Fanfan sont  au même niveau que ceux de Richard Leroy (un de ses admirateurs!) et le domaine Overnoy/Houillon…

Alors, les vins du domaine Ganevat sont-ils trop chers? Ne dites surtout pas cela à Fanfan! Quand on voit le travail des vignes, les rendements de misère et le soin à la vinification, on se dit chez Mi-Fugue Mi-Raisin que des blancs de ce niveau (d’émotion!) à une trentaine d’euros, c’est donné! Nous le disons souvent à nos clients: allez voir ce qui se fait à 30 euros en Bourgogne…

Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose en ce moment les cuvées suivantes:

En blanc:

Cuvée Florine 2010: chardonnay issu de terroirs de graviers et de marnes grises.

Les Grands Teppes Vieilles Vignes 2010: vignes de chardonnay  plantées en 1919 sur des terroirs de marnes rouges et de graviers.

Les Chalasses Marnes Bleues 2010: savagnin vert sur de très vieilles vignes.

Cuvée Marguerite 2010 (magnum): chardonnay (melon à queue rouge) cultivé sur un terroir marneux.

En rouge:

Cuvée de l’enfant terrible 2011 (poulsard)

Plein sud 2011 (trousseau)

J’en Veux: cuvée issue de vieux cépages jurassiens (plus de vingt!)… à éviter de boire avec belle-maman…

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Jour fruit, jour racine, jour fleur…du pipeau?

          

Les amateurs de vins naturels  le savent: certaines dégustations peuvent virer au cauchemar, avec des vins réduits (odeur ou goût « animal »), durs et plats. On se demande souvent comment les mêmes vins dégustés quelques jours avant peuvent en arriver là. Pour les clients néophytes qui aiment tout simplement se faire plaisir et qui subissent ce genre de déconvenue, le caviste a parfois du mal à répondre sans partir sur un terrain glissant. On évoque du coup la pression atmosphérique, le temps orageux, ou d’autres causes qui paraissent plus logiques ou « sérieux ». On imagine mal la tête du client si on commence à lui parler d’alignement de la lune avec 12 constellations, alignement qui produit ces fameux jours fleur, fruit et racine.

Même certains convaincus ont du mal à se faire à l’idée d’une dégustation plus ou moins réussie d’un jour à l’autre. Pour reprendre les propos de Richard Leroy dans « Les Ignorants » d’Etienne Davodeau, la biodynamie ça marche, mais on ne sait pas pourquoi ni comment! Du coup, il nous reste la seule méthode capable de donner un peu de crédibilité à la biodynamie: l’observation….et nous avons observé à maintes reprises que ces vins pouvaient être capricieux un jour de dégustation. Première bizarrerie: pourquoi est-ce qu’un vin élaboré selon le calendrier utilisé par les « biodynamistes » continue-t-il à être capricieux une fois en bouteille? Après tout une carotte (cultivée en biodynamie) mangée un jour ou un autre reste une carotte ayant le même goût. Pour le vin, nous n’avons pas la réponse…et si un de nos lecteurs pouvait nous éclairer, nous lui en saurions gré!

Deuxième bizarrerie: en quoi l’alignement de la lune et de 12 constellations influe-t-il sur le goût du vin? Nous l’avons constaté à plusieurs reprises, et notre dernière expérience date du dimanche 9 décembre, un jour racine! Nous avions bu quelques jours auparavant une bouteille de Grolleau Noir du  vigneron Stéphane Erissé, du domaine Andrée…Une bouteille d’une finesse et d’une complexité incroyables. Les notes poivrées, épicées de ce vins nous ont subjugués (nous vous en reparlerons). Le 9 décembre, après une heure de carafe, le vin commençait enfin à se livrer, tout en étant un peu plus sur la réserve que l’avant-veille (un jour fruit!). Il n’y avait aucun défaut, le vin était superbe, mais il lui manquait un petit quelque chose  (d’ailleurs quelques convives qui ne l’avaient pas goûté ne comprenaient pas pourquoi nous finassions)…

Subitement l’un de nous eut une idée: consulter le calendrier lunaire utilisé par les jardiniers, vignerons…et amateurs de vins. Le résultat était sans appel: nous étions un jour racine!

Bref, un jour racine fera sortir le côté « terreux » du vin, alors qu’un jour fruit….vous l’avez deviné. De même, les vins sont plus « discrets » un jour racine et plus exubérants un jour fruit…

Ce n’est pas parce que Noël approche que nous y croyons… Faites le test et vous verrez. En attendant, voici un lien indispensable pour organiser vos dégustations un jour fruit ou un jour fleur en toute sérénité:

www.jardinoise.com

…bonne dégustation!

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Une dégustation avec Marcel Richaud

Lors d’une dégustation à la cave de Mi-Fugue Mi-Raisin, Marcel Richaud nous a encore subjugués, non seulement par la qualité de ses vins, mais par sa disponibilité, sa capacité à écouter et enfin la clarté et la cohérence de ses propos.

L’équipe de Mi-Fugue connait Marcel depuis 1990, lorsque nous étions encore en culotte courte à arpenter les salons, et notamment celui des Caves Particulières qu’il faisait à l’époque. Depuis, Marcel est devenu un ami et les mauvaises langues diront que cette amitié ôte toute objectivité et recul par rapport à ses vins. Peu importe!

On a tout entendu sur les vins de Marcel: trop alcoolisés, trop stéréotypés, pas assez complexes. La preuve se fait par la dégustation… et la popularité des vins qui ne faiblit pas depuis 20 ans. Nous avons présenté la cuvée Terre de Galets 2011, Le Cairanne sans soufre 2011 , et son Rasteau  2011. La cuvée Terre de Galets, possède une fraîcheur et un fruit rarement rencontrés à ce niveau de prix (une douzaine d’euros!). Le Cairanne est plus profond, plus dense et plus soyeux. Quant à son Rasteau, une nouveauté du domaine, le fruit, a rondeur et la complexité nous fait penser à un châteauneuf-du-pape.

A propos de châteauneuf, sa cuvée de Cairanne « Ebrescade » possède la complexité, la finesse et la puissance de beaucoup de grandes cuvées de la région pour une fraction du prix. Nous avons déjà glissé cette cuvée dans des dégustations à l’aveugle de châteauneufs, avec le résultat que vous pouvez deviner.

Mais ce qui est encore plus sidérant, c’est le rapport « surface-qualité » des vins de Marcel. Comment parvient-il à obtenir cette qualité sur 50 hectares? Cette question nous obsède car certains dégustateurs (particuliers ou professionnels) s’imaginent  qu’un vin doit atteindre la perfection indépendamment des critères de surface, de mode de gestion du domaine et du prix. Même si le vin est un plaisir en soi, on n’apprécie pas de la même façon un vin à 12 euros et un autre à 250 euros. De même (et nous y reviendrons) un vigneron comme Stéphane Lucas (Le Champ d’Orphée) qui cultive 0.77 hectares n’est pas dans la même logique (économique et œnologique)  que Marcel Richaud à 50 hectares. Tous les deux cherchent à faire les meilleurs vins possibles avec des contraintes radicalement différentes.

Tout le monde le sait, Marcel est un grand communiquant. Mais au lieu d’utiliser ce « don » pour promouvoir son domaine (il compte plutôt sur ses 250 cavistes), il se bat contre le nivellement par le bas imposé par certaines administrations ou certains journalistes. Son combat dure depuis plusieurs décennies, et plusieurs vignerons qui élaborent des vins qui nous font rêver peuvent le remercier.

Il a même décidé de mener un combat contre le climat. Marcel admet qu’avec le changement climatique, le degré alcoolique des vins a tendance à augmenter dans la région. Il a donc commencé à arracher certaines vignes pour planter des cépages moins « généreux » en alcool tels que la counoise et le terret noir.

Non, Marcel n’a pas décidé de se reposer sur ses lauriers (alors qu’il le pourrait)…et il n’a pas fini de nous surprendre!

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Richard Leroy: les millésimes 2011 et 2012 en avant-première

Mi-Fugue n’a pas pu résister à une dernière randonnée dans le vignoble angevin – à Rablay sur Layon – avant les embouteillages (!)  de Noël… et finir l’année par une visite chez Richard Leroy nous permet de clore l’année en beauté. Ceux qui connaissent Richard vous le diront: le personnage ressemble étonnamment  au héros éponyme de la bande dessinée « Les Ignorants » d’Etienne Davodeau: un vigneron d’une humilité, d’une hospitalité et d’une générosité qui donnent envie de le connaître….et de revenir.

Malgré le succès de la BD, Richard garde la tête froide. Il garde un souvenir ému de sa collaboration avec Etienne, même s’il regrette parfois les coups de fil incessants de lecteurs lui demandant du vin… car aujourd’hui on s’arrache les vins du domaine aux quatre coins du monde, et pour une fois cette frénésie n’est pas un effet de mode: les vins sont tout simplement sublimes, et pour Mi-Fugue nous les plaçons au panthéon des quatre plus grands blancs de France.

Les élevages étant assez longs (de l’ordre de 18 mois pour les deux cuvées « classiques » et 30 mois pour la cuvée sans sulfites ajoutés), la dégustation est passionnante: on peut goûter en ce moment 3 millésimes à des stades différents: 2010, 2011 et 2012.

Les fûts du  millésime 2010 contiennent du « Noëls de Montbenault », et plus précisément la cuvée sans soufre, son arlésienne élevée une année supplémentaire pour être sûr que le vin soit stable lors de la mise en bouteilles. Le vin garde la même tension et salinité que la magnifique cuvée déjà commercialisée (qui a reçu 1g de SO2 par hectolitre, tant dire rien!): on a hâte d’être au printemps 2013!

Les 2011 seront mis en bouteilles en même temps que le 2010 sans soufre, en avril 2013. Il faudra donc patienter encore quelques mois! En termes d’arômes,  ce millésime est proche du 2010, avec une finesse, un équilibre et une salinité sidérants. Les Rouliers et les Noëls de Montbenault possèdent un équilibre souverain avec moins d’alcool (13.5% pour Les Noëls de Montbenault) et autant de fraîcheur que 2010.

Bref, nous savons déjà que les 2011 atteindront les mêmes sommets que les 2010…

La dégustation des 2012 est un exercice plus difficile: les fermentations (alcoolique et malo-lactique) n’étant pas terminées, il reste du sucre et le vin présente un aspect trouble, rappelant quelque part le limoncello ou le « vin bourru » (aspect dû aux levures en suspension qui font leur travail de transformation du sucre en alcool).

Avec l’habitude (et l’aide du vigneron!) on arrive quand même à déceler les grandes lignes du millésime. Et là nous avons une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne: le vin sera superbe. La mauvaise: les quantités seront misérables!… Richard a obtenu des rendements de 15 hectolitres par hectare (au lieu de 22-25), soit 55% de la production habituelle. Faites le calcul: sur 2.7 hectares vous  obtiendrez dans le meilleur des cas (si aucune barrique n’est « recalée ») 4500 bouteilles… Mais rassurez-vous: Mi-Fugue Mi-Raisin  ira pleurer auprès de Richard Leroy pour obtenir quelques bouteilles.

Ah! la douceur angevine….

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Les primeurs 2012 ou l’annonce d’un beau millésime

Ça y est,  le « beaujo nouveau » 2012 est arrivé et reparti. D’ailleurs l’abus de langage – on devrait dire « vins nouveaux » – date de l’époque où le beaujolais régnait en maître. Depuis, d’autres régions s’y sont mis…et fort heureusement, car la réputation des beaujolais primeurs commençait à battre de l’aile avec certains négociants peu scrupuleux qui vous garantissaient les notes de banane et de cerise…apportées par des levures chimiques.

Aujourd’hui, les vins primeurs se portent mieux (grâce aux vignerons que nous soutenons) et on sent que la réticence cède le pas à la curiosité. En tout cas, les vins nouveaux ont plusieurs vertus:

  • Montrer qu’un vin nouveau bien fait est sain désaltérant et agréable… et qu’il vous permet de vous lever le vendredi pour aller travailler.
  • Montrer que chaque vin a sa spécificité. Mi-Fugue Mi-Raisin faisait déguster trois beaujolais en primeur: Karim Vionnet, France Gonzalvez et Jean-Claude Lapalu, trois beaujos complètement différents. Celui de Vionnet, léger, fruité, gourmand, bref le plus « primeur ». Le vin de France Gonzalvez, plus floral, avait un côté plus « violette », et enfin celui de Lapalu, plus structuré mais tout aussi gourmand. Non, le beaujo n’a pas un goût de banane…ou s’il en a un, nous ne mangeons pas les mêmes bananes.
  • Donner un avant-goût du millésime. Certains cavistes pestent contre cette fête galvaudée. Ils ont tort car goûter les primeurs est un exercice fort instructif. Il permet en effet de se faire une idée du millésime…et nous vous le confirmons: 2012 sera aussi grand que le vin sera rare! Un millésime avec une belle fraîcheur, beaucoup de finesse sans acidité marquée, et des tanins soyeux. Bref, on en boirait des seaux… mais malheureusement la nature en a décidé autrement. Entre le primeur de Marcel Richaud, d’une densité et d’un fruité bluffants, et la cuvée Octobre de Jean-François Nicq (Les Foulards Rouges) d’une complexité qui fait oublier que c’est un primeur, et la cuvée Vertige du domaine des Pothiers (côte roannaise), on se dit que 2012 nous réservera de belles surprises.
  • …et – last but not least – passer un moment convivial.

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Introduction à la Biodynamie en 35 Questions par Antoine Lepetit-de la Bigne

Comment rendre le discours sur la biodynamie intelligible? L’auteur, un ingénieur reconverti au métier de vigneron, s’est posé la question sous 35 angles différents.

Expliquer la biodynamie n’est pas chose simple. Antoine Lepetit-de la Bigne a eu la bonne idée de traiter le sujet sous forme de questions, rendant la lecture plus facile, agréable et surtout plus pertinente. Un traité de vinification « classique » se prête en effet à la forme narrative dans la mesure où les choses sont établies. Décrire le processus de fermentation alcoolique ne nécessite (a priori!) aucun questionnement: la réaction chimique est connue.

La biodynamie, au contraire, laisse la place au doute, au questionnement. Tout au long de l’ouvrage l’auteur insiste sur la vision globale de la biodynamie. Contrairement à la viticulture traditionnelle, la biodynamie analyse les maladies de la vigne en termes de déséquilibre  et situe les problèmes de la vigne dans un contexte plus large. Du coup, corriger les déséquilibres de la vigne dus par exemple à un excès d’humidité nécessite plus de temps et une approche plus globale qu’un traitement superficiel au sulfate de cuivre. En biodynamie on ne traite pas uniquement le symptôme, mais la cause du déséquilibre, souvent due… aux traitements chimiques!

La biodynamie, comme son nom l’indique, utilise les forces du vivant, et en l’occurence de la plante. Le vigneron, grâce à ses « préparats », aidera donc la vigne à lutter contre les agressions extérieures. Derrière la matière (accessible aux scientifiques) se « cache » donc la notion de force qui n’est pas directement accessible aux cinq sens. L’approche de la biodynamie est donc  comparable à la médecine orientale alors que la viticulture traditionnelle ferait plus penser à la médecine occidentale. On revient toujours aux propos – maintes fois cités sur ce blog – de certains vignerons: c’est la somme de petits éléments qui fait un grand vin. Pris isolément, un traitement à la tisane de prêle ne transfigurera pas le vin mais s’intégrera plutôt dans une vision d’ensemble visant à élaborer un vin vivant et vibrant. Pour Lepetit-de la Bigne, la dégustation de ce type de vin nécessite de laisser  ses réflexes cartésiens au vestiaire et de ressentir l’émotion communiquée… un discours plutôt étonnant et courageux de la part d’un polytechnicien!

L’auteur explique dans un style clair et accessible à tous l’utilisation du calendrier lunaire, la dynamisation des préparations, l’extension de la biodynamie à la vinification…

Voici, en vrac, quelques questions posées:

– Quelle est la différence entre Bio et Biodynamie?

– La biodynamie permet-elle une meilleure expression du terroir?

– Comment analyser un vin biodynamique: la cristallisation sensible

– Y a-t-il de « mauvais  » bios?

– Un vin biodynamique est-il sans soufre?

M. Lepetit-de la Bigne cite souvent les deux apôtres de la biodynamie: Nicolas Joly de la Coulée de Serrant et Anne-Claude Leflaive (Bourgogne). Seul petit regret: l’auteur aurait pu citer d’autres vignerons, mais en 150 pages l’essentiel est abordé…avec conviction et passion.

Bref, il s’agit d’un livre aussi instructif qu’attachant… et un bon complément à la bande dessinée « Les Ignorants » d’Etienne Davodeau.

Introduction à la biodynamie à l’usage des amateurs de vin en 35 questions.
par Antoine Lepetit-de la Bigne
Editions La Pierre Ronde (156 pages)
18 €
 
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Les vins du domaine Overnoy sont arrivés

Après plusieurs semaines d’attente fébrile, les vins du domaine Overnoy/Houillon sont enfin arrivés.

Nous osons à peine l’annoncer publiquement vu l’extrême rareté des vins. Ah… qu’il semble loin le temps où nous pouvions commander les vins du domaine par palette! Depuis, la réputation des vins du Jura a bien changé. Les clients se sont rendu compte  que le Jura n’est pas synonyme de vin jaune (à peine 3% de la production), que les terroirs argileux favorisent l’élaboration de grands vins sans sulfites , à la fois puissants, minéraux  et d’une grande complexité, et que de plus en plus de vignerons font un travail remarquable (Ganevat, Clairet, Thiébaud, Monier…).

Bref, jetez-vous sur les grands blancs du Jura avant que les prix ne grimpent sérieusement… et si vous n’arrivez pas à vous y faire, n’ayez aucune crainte: le potentiel de garde est tel que vos enfants et petits-enfants en profiteront…

Inutile de vous présenter le domaine Overnoy, situé à Pupillin  (voir notre article « La Parole de Pierre…encore et toujours »). Emmanuel Houillon a repris le flambeau en imposant un style de vinification élégant, pur, précis. Manu et sa femme Anne sont toujours aussi charmants et accueillants. Pour les professionnels et les amateurs éclairés, le pèlerinage jurassien au domaine est toujours un grand moment de bonheur. Il y a quand même un hic: la sortie du livre sur Pierre Overnoy, la qualité des vins et une succession de petites récoltes font qu’il n’y a malheureusement plus de vin à vendre au domaine. Vous comprendrez que l’attente d’une livraison ressemble un peu à un jour de Noël pour un enfant: on n’en dort pas la nuit!

Poulsard 2011: ce cépage local, d’une grande finesse et délicatesse trouve son expression ultime sur ce millésime. Il s’agit (presque!) d’un rosé dont les arômes rappellent les vins de l’Anglore. Un poulsard magique!

Poulsard 2010: plus de densité que le millésime précédent… et plus de profondeur aussi. Pour nous, le plus grand rouge du domaine!…encore meilleur que les fameux 2009 et 2005.

Chardonnay 2010 (troisième tirage): un chardonnay d’une grande pureté et élégance. Le vin, légèrement sur la réserve à l’ouverture, gagne en puissance au bout d’un quart d’heure. Un grand vin de plaisir immédiat…et de garde.

Savagnin 2007: le cépage du vin jaune dans son expression la plus élégante et fine! Contrairement à un vin jaune, il n’y a aucune trace d’oxydation. A l’aération le côté salin du vin ressort. La maturité du raisin lui donne aussi un côté gourmand (ou « pâtisserie » comme l’a noté un convive) qui cohabite à merveille avec la minéralité. Superbe!

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Château Meylet 2002, Saint-Emilion

Les amoureux de ce domaine situé à Saint-Emilion vous diront qu’il s’agit d’un grand vin atypique et aux antipodes des autres « grands vins » de Bordeaux. D’ailleurs chez Mi-Fugue Mi-Raisin nous conseillons ce domaine aux clients qui cherchent tout…sauf du Bordeaux. Non, nous ne faisons pas de l’anti-girondinisme primaire, mais le vigneron de Meylet, Michel Favard, vous le dira lui-même: sa région bouge moins que d’autres et produit encore trop de vins « classiques » boisés et trafiqués. On note toutefois un frémissement, et certains petits domaines (par la taille et/ou le prix) se réveillent enfin (nous vous en reparlerons bientôt). En parlant de réveil, les vins du Château Meylet font partie des rares nectars pour lesquels l’équipe de Mi-Fugue se lèverait la nuit pour en boire… car il s’agit bien d’un grand vin, que nous classerions sans problème parmi les 10 plus belles émotions bachiques (classement certes hyper-subjectif qui n’engage que Mi-Fugue!).

Il faut dire que le travail de Michel Favard y est pour beaucoup. Il cultive ses 2 hectares avec acharnement et passion depuis 1978. Il n’a pas attendu la mode des vins « bio » pour passer en biodynamie: il l’a fait en 1987. A la récolte, un premier tri se fait à la vigne, suivi par un autre au chai. La vinification se fait sans ajout d’intrants chimiques (pas de levurage, pas de sucre ajouté, pas de sulfites…) et en douceur, par gravité plutôt que par pompage, afin d’éviter de « brusquer » le vin. Pour Michel, son travail ne s’arrête pas à la mise en bouteille, mais à la satisfaction de l’hédoniste. Du coup, il ne commercialise son vin que plusieurs années après, lorsqu’il est prêt à boire.

En ce moment, le millésime 2002 est à l’honneur.  Pour certains, il s’agit d’un « petit millésime »,  notion que nous avons de plus en plus de mal à définir chez les grands vignerons. Si un grand millésime résulte d’une année caniculaire, avec des vins puissants, tanniques, qui vous envoient immédiatement au lit avec leur 15.5° d’alcool, alors nous déclarons sans ambage que nous préférons les petits millésimes possédant finesse et complexité. La bouteille de 2002 fut sifflée en moins de deux avec un seul regret: l’absence d’une deuxième…

Bref, nous n’avons pas honte de le dire: les vins du château ne sont pas grands, ils sont sublimes!

Encépagement: 75% Merlot – 25% Cabernet Franc et Sauvignon.
Sols: sablo-calcaire – crasse de fer – graves
Age moyen des vignes: 60 ans
Densité moyenne: 7000 pieds/hectare
Rendement moyen: de 25 à 30 hl/ha
Production moyenne: 5 000 bouteilles (dans le meilleur des cas!)
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Salon Bulles Bio en Champagne

La tentation est grande pour un caviste de buller un lundi après-midi. Nous nous sommes donc dirigés vers Reims le lundi 15 octobre, au troisième salon des bulles bio en Champagne qui s’est tenu dans la magnifique Demeure des Comtes de Champagne. Ce salon, organisé par AIVABC* (prononcer cet acronyme est un bon test pour savoir si vous pouvez prendre le volant) réunit le gratin des vignerons champenois. On s’attendrait plutôt à une « dilution » de la qualité au sein d’une organisation qui compte 30 membres actifs et 20 sympathisants et qui revendique le label plutôt flou d’agriculture biologique (voir à ce sujet notre article sur le vin bio européen). Entre Vincent Laval, David Léclapart, Françoise Bedel, Thierry de Marne, Bertrand Gautherot, Franck Pascal et d’autres jolis noms de la Champagne, nous avons pu réviser nos classiques dans une ambiance sereine et sympathique où fusaient de temps en temps les « plocs » de bouteilles.

      

Les champagnes de David Léclapart(Trépail) sont aussi fins et attachants que le vigneron. S’il n’y avait qu’un seul champagne à emporter au paradis (il fait trop chaud pour boire sur une île déserte), on hésiterait longtemps entre ceux de David et ceux de Vincent Laval (Cumières)…

…Et finalement on emporterait les deux!

   

Françoise Bedel (Crouttes sur Marne) présentait quelques nouvelles cuvées dont la superbe « l’âme de la terre » 2002, d’une incroyable finesse et minéralité.

Thierry de Marne (Ville sur Arce) est l’étoile montante de l’Aube. Sa cuvée de pinot noir, Goustan, possède une fraîcheur et une légèreté rarement rencontrés sur ce cépage.

  

L’autre star de l’Aube est Bertrand Gautherot de Vouette et Sorbée (Buxières  sur Arce). Ses champagnes ont une fraîcheur et une légèreté qui peuvent provoquer une accoutumance!

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les cuvées suivantes des vignerons présents sur le salon:

  • Vincent Laval: Cumières Brut Nature
  • David Léclapart: L’amateur; L’Artiste; L’Apôtre
  • Françoise Bedel: Origin’elle; Dis Vin Secret; Entre Ciel et Terre
  • Vouette et Sorbée: Fidèle
  • Thierry de Marne: Goustan; Lalore
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Un grand brocol: Le Champ d’Orphée de Stéphane Lucas

                         

Le Champ d’Orphée 2010. Voici une singulière bouteille…et une belle histoire. Nous avions rencontré le vigneron, Stéphane Lucas, en 2009, dans des conditions particulières. Lorsqu’un vigneron débarque un samedi après-midi à la cave,  au pire moment d’affluence, pour faire goûter de surcroit  un vin élaboré à partir de brocol (cépage réputé pour sa dureté et sa « rusticité ») les cavistes n’ont qu’un réflexe: éconduire poliment le malheureux. Mais ce jour-là l’amabilité et la courtoisie du personnage ont eu raison de notre impatience. A l’époque il faisait goûter le millésime 2008 du Champ d’Orphée, bouteille  qui nous a subjugués.

Les vins de Stéphane Lucas ont tout pour éveiller la curiosité de l’amateur.

D’abord le cépage:  le brocol (ou fer servadou) est un cépage qui fait fuir la plupart des amateurs. Rien de mieux en fin de soirée pour signifier à vos convives qu’il faut lever l’ancre… Mais nous cavistes savons  qu’il n’y a pas de « petit » cépage. Nous nous rappelons – il y a quelques décennies de cela – la découverte du gamay que nous croyions  tout juste bon à ingurgiter une fois par an lors du beaujo nouveau. Puis vint le tour du merlot: goûtez aujourd’hui une bouteille de Château Meylet de Michel Favard et vous comprendrez. Bref, le métier passionnant de dégustateur est une constante remise en cause de ses préjugés…

Ensuite le domaine. Situé à quelques kilomètres d’Albi, il est sans doute un des plus petits de France avec ses 0.77 hectares qui font passer le Domaine de la Romanée Conti pour un mastodonte. Stéphane préfère rester petit afin de conduire la vigne et la vinification selon ses propres exigences. Il ne s’est pas enquiquiné pour faire passer l’agrément à ses vins. Au lieu d’être en A.O.C Gaillac, il a donc préféré L’IGP (Indication Géographique Protégée) Côtes du Tarn.

Enfin (et surtout), le vin. Le travail méticuleux et acharné de Stéphane produit un vin d’une rare densité, avec une fraîcheur et une élégance qu’on rencontre rarement dans cette région. A l’ouverture, on est plutôt dans le registre des fruits rouges qui cèdent rapidement le pas à des notes mentholées de garrigue. L’acidité naturelle du vin lui donne un côté étonnamment digeste… et une envie d’y revenir!

Bref, un grand brocol est né. On a même envie de dire: le Champ d’Orphée, c’est infernal!

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Les vins du domaine des Terres Promises sont arrivés

Mi-Fugue vient de recevoir quelques cuvées  du domaine des Terres Promises. Jean-Christophe Comor, ex-politicien et professeur à Sciences Po, a débuté son aventure de vigneron en Provence, plus exactement à Roquebrussanne, dans les contreforts du Massif de la Sainte-Baume. Ses vins sont de plus en plus précis et purs à chaque millésime.

Nous vous proposons les cuvées suivantes:

Antidote  (Vin de Pays de la Sainte-Baume). 100% carignan, vendangé à la main sur une parcelle de 2 ha de vieilles vignes en gobelet à 343m d’altitude sur un terroir argilo-calcaire. Très beau vin de soif…

A Bouche Que Veux Tu : (Vin de Pays de la Sainte-Baume). Ce vin composé d’Ugni blanc et de rolle (ou vermentino) possède à la fois une belle rondeur et une jolie fraîcheur. Idéal sur une viande blanche ou à l’apéritif.

Abracadabrantesque (Coteaux Varois en Provence AOC). Il s’agit d’un assemblage de Mourvèdre et de carignan cultivé à 30hl/ha sur diverses parcelles de vignes de 30 ans en moyenne et sur un terroir argilo-calcaire lacustre. Les raisins ont été ramassés à maturité, à la main, égrappés et vinifiés, à la belle étoile. Après sa fermentation il a été élevé à 50% en pièces bourguignonnes de 4 vins jusqu’à la fin des grands froids, avant son assemblage et sa mise en bouteille. Un vin épicé (le mourvèdre!), avec une belle fraîcheur apportée par le carignan.

Au hasard et souvent, en Magnum (Vin de Pays du Var). Des carignans vinifiés en macération carbonique mélangés à 50/50 avec de jeunes mourvèdres, macérées de façon traditionnelle. L’arlésienne du domaine. Vin d’une grande complexité, avec des notes de fruits rouges et de poivre.

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Les champagnes du domaine Françoise Bedel sont arrivés…

Chose promise, chose due (voir l’article  « Françoise Bedel, la grande dame de l’Aisne ») Mi-Fugue Mi-Raisin vient de recevoir les champagnes du domaine Françoise Bedel, situé à Crouttes-sur-Marne dans l’Aisne.

Nous vous proposons les cuvées suivantes:

Origin « elle » Extra-Brut, composé à 84% de pinot meunier, 12% de Chardonnay et 4% de Pinot noir. Le nez est d’un beau fruité (abricot, pèche). La bouche est  souple, avec maturité et fraîcheur en finale. Idéal pour l’apéritif…

Dis, « Vin Secret » Brut nature, composé à 86% de pinot meunier, à 8% de pinot noir, et 6% de Chardonnay. Plus vineux et plus sec que le précédent. Le nez est puissant avec des arômes de fruits mûrs. La bouche est pleine et ample soulignée par des notes citronnées. Un très beau pinot meunier d’ amateur.

-« Entre ciel et terre » Extra-Brut, composé à 80% de pinot meunier et 20% de pinot noir. Une belle effervescence de bulles très fines, un nez frais avec des arômes de fleurs blanche, une bouche vive rehaussée d’une touche de réglisse qui finit sur des agrumes frais…bref, un superbe champagne!

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Domaine U Stiliccionu, le plus bourguignon des corses

Si l’on vous dit « U Stiliccionu », vous répondrez sans doute « à vos souhaits ». Pourtant, certains clients connaissent déjà les superbes flacons de ce domaine situé sur l’île de Beauté.

Sébastien Poly-Casabianca, jeune vigneron aussi sympathique que perfectionniste, a repris ce domaine familial situé au sud d’Ajaccio. Son travail acharné a fini par porter ses fruits (oui, des raisins). Il produit des vins d’une grande pureté qui n’ont rien a envier à certains grands bourgognes.

Pourquoi la comparaison avec le Pinot Noir? D’abord le terroir: le domaine est situé sur des arènes granitiques avec des veines de schistes, procurant  une grande finesse aux vins. Si vous n’aimez pas les rouges du sud trop corsés (sans mauvais jeu de mots)  qui vous tapissent la bouche de tanins, vous deviendrez rapidement adepte du style du domaine.

Ensuite les cépages. Le domaine travaille essentiellement le Ciaccarello pour les rouges (avec un peu de grenache) et le Vermentinu pour le blanc…des cépages d’une grande finesse, capables d’exprimer toutes les nuances du terroir.

…Et finalement le travail de Sébastien. Il prône un retour aux méthodes ancestrales: travail de la vigne à la charrue, pas de levurage, peu ou pas de sulfitage…

Le résultat est bluffant! Sur la cuvée « Damianu » 2010, les premiers arômes de fruits rouges cèdent le pas à des notes mentholées de garrigue. Ici, finesse et minéralité ne riment pas avec acidité. Bien au contraire, la rondeur et la complexité du vin lui donnent un goût de « revenez-y ».

Le côté très digeste de ce vin est sans aucun doute dû à l’absence totale de SO2 ajouté. Nous n’avons même pas besoin de poser la question au vigneron: sur l’étiquette la réponse est contenue dans la question.

Certains clients nous demandent quel disque écouter avec le vin qu’ils choisissent. Notre réponse est invariable: prenez une musique que vous aimez ainsi qu’un bon vin et l’accord sera parfait. Pour varier les plaisirs, nous l’avons fait sur un grand film: Vacances Romaines… L’accord idéal!

 

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose la cuvée Damianu 2010. La cuvée Kalyste 2009  (Ciaccarello – grenache) sera bientôt de retour.

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La parole de Pierre…encore et toujours

Il peut paraître incongru d’écrire un billet sur un livre…un an après sa publication. Nous ne l’avions pas fait à l’époque, la sortie de « La parole de de Pierre » coïncidant avec la période agitée de Noël.

En rendant visite à Pierre Overnoy, Anne et Manu Houillon, nous avions eu l’occasion de rencontrer l’auteur Michel Campy et d’assister à une série d’entretiens à la « Chaux d’eau ».

Il faut avouer que nous étions sceptiques au début, car l’entretien est un genre difficile qui peut rapidement virer à la discussion de comptoir si tous les protagonistes ne maîtrisent pas leur sujet sur le bout des doigts. Nous n’avions aucun doute en ce qui concerne les vignerons, mais le géologue Michel Campy et ses collaborateurs connaissent le vin et la vigne comme nul autre.

Après l’avoir feuilleté, lu, puis relu, nous pouvons crier haut et fort: s’il n’y avait qu’un seul livre sur le vin à posséder, ce serait « la parole de Pierre ». Les auteurs ont bien compris qu’une série d’entretiens ne s’improvisait pas.  On sent qu’il y a un profond respect du vigneron sans jamais verser dans l’adulation. Ils connaissent Pierre depuis longtemps et cette complicité est présente à chaque page. Ils ont aussi eu l’intelligence d’inclure  Emmanuel Houillon, soulignant ainsi le rôle de passeur de savoirs de Pierre Overnoy.

Contrairement à un traité de vinification, l’aspect technique – et souvent un poil rébarbatif – est évité grâce aux anecdotes et digressions de Pierre, de Manu et des auteurs.Si vous voulez vous documenter sur la taille des vignes, les maladies, les fermentations, les contenants, la fécondation du raisin…ce livre est pour vous. Les entretiens plus techniques sont rendus accessibles grâce aux anecdotes et expériences des uns et des autres. Certains chapitres sont consacrés à la famille de Pierre ou à ses relations avec le village et la région. On y retrouve bien sûr la verve et  l’humour corrosif de Pierre.

Ce qui frappe le lecteur à chaque page, c’est le mélange de savoir et d’humilité chez Pierre et Emmanuel. A la question « y a-t-il une vérité dans le vin? » ils répondent par la négative. Pierre explique que ses choix, sa vision du vin, son savoir-faire ont été étroitement conditionnés par sa vie, et plus particulièrement par le fait qu’il a vécu seul et que les décisions prises n’ont jamais engagé que sa personne. Alors sur un petit domaine on peut se permettre de prendre des risques que d’autres ne peuvent même pas envisager en rêve.

Mais ce savoir n’est jamais figé, jamais définitif. C’est la somme des connaissances issues de l’observation et de l’écoute qui forment une « vérité  temporaire », sujette à évolution. Comme le dit si justement Pierre: « Le grand vin, ce n’est pas un miracle, c’est une somme de petites choses ajoutées les unes aux autres ».

Bref, au prix d’une bouteille du domaine Overnoy (25€), ce livre vous procurera d’autres ivresses… et comme une bouteille du domaine, vous ne pourrez pas le lâcher avant de l’avoir fini!

 

La Parole de Pierre, Entretiens avec Pierre Overnoy

Éditions Mêta Jura

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En avant-première: le nouveau logo pour le vin bio européen…

 Dès les vendanges 2012 le nouveau label européen pour les vins biologiques vous permettra enfin de consommer des vrais vins « bio », avec pas mal de guillemets et de bémols, car désormais votre petit blanc pourra être vendangé mécaniquement, filtré, centrifugé, chaptalisé, levuré, thermovinifié à 70°C  et – last but not least – sulfité à 150 mg par litre.

Sur le site du Monde l’excellent article de Jean-Paul Géné intitulé « du vin bio à gogo » vous expliquera l’ampleur du malaise. Tout le monde sait aujourd’hui que le terme « vin bio » (le fameux  logo « AB ») ne veut rien dire dans la mesure où c’est le raisin qui est issu de l’agriculture biologique. Contrairement à votre tomate bio, le raisin, lui,  doit subir une série de transformations avant de vous procurer une sensation de griserie…Et c’est souvent là où le bât blesse. Toute l’histoire de la création des différents logos pour le vin bio tourne autour de ce que le vigneron peut ajouter à son raisin.

Prenons l’exemple d’un domaine en biodynamie. Outre le fait que le vigneron s’engage  à régénérer et entretenir sa vigne sans produits chimiques, il s’engage aussi à limiter les quantités de sulfites ajoutés. Le label « Demeter » interdit en effet de dépasser 70mg/litre pour le rouge et 90mg/litre pour le blanc et le rosé… Ce qui est déjà pas mal car chez Mi-Fugue un vin blanc sulfité à plus de 30 mg commence déjà à nous matraquer la tête. Alors imaginez une dose cinq fois supérieure…

Vous l’aurez compris, la situation actuelle ressemble au jeu du tir à la corde où un petit groupe de vignerons s’acharne à instaurer un cahier des charges plus strict…et l’Union Européenne à promouvoir le « bio-chimique-grand-public ». A ce jeu on sait qui va gagner…sauf que certains cavistes indépendants veillent au grain!

La profession peut donc remercier l’Europe. Grâce à elle, les cavistes sont encore plus indispensables pour dénicher les vins ayant une vraie personnalité, élaborés par des vignerons amoureux du vin et non des chimistes…

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Saumur-Champigny « La Porte Saint Jean » 2011 de Sylvain Dittière

 

Ca y est! Le Saumur-Champigny « La Porte Saint Jean » 2011 est arrivé.

Nous vous avions déjà parlé d’une visite chez  Sylvain Dittière en juin (voir l’article « Une journée chez Sylvain Dittière »). Le 2010 de ce jeune surdoué nous avait bluffé, mais pour Mi-Fugue Mi-Raisin le 2011 va encore plus loin en termes de finesse et d’élégance (certaines mauvaises langues diront que nous ressemblons à ces journalistes pour qui le millésime courant est forcément le plus grand du siècle…)

Sylvain a bien compris que pour faire un grand vin  il faut être dans ses vignes, les travailler, les comprendre, les aimer. Et quand vous l’appelez à n’importe quelle heure de la journée, il y est avec sa pioche.

Le Cabernet Franc pâtit souvent d’une mauvaise réputation. Sans parler des mauvais Saumur de brasserie servis à 6 degrés pour masquer l’acidité, il ne fait pas partie des cépages qui se « glougloutent » en fin d’après-midi sur le coin d’un bar. Pour se prendre une cuite au Cabernet Franc, il faut accepter d’ingurgiter un bonne dose de tanins et de finir avec les lèvres et les dents pourpres.

Le Saumur-Champigny de Sylvain a un côté très gourmand avec une élégance et un fruit dignes d’un grand Pinot Noir.  Chez Mi-Fugue on a rarement goûté un Cabernet aussi fin, et Dieu sait que nous aimons ce cépage! Il fait partie des rares vins gourmands dans leur jeunesse et taillés pour une longue garde. Pour ceux qui sauront patienter quelques années (exercice ô combien difficile!),  ce vin glissé dans une dégustation à l’aveugle de Bordeaux 2011 risque de semer la pagaille.

Chapeau bas Sylvain!

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Les cons au masculin…et le vin au féminin

Ce matin vous aurez au moins deux raisons d’acheter « Libé », indépendamment de votre couleur politique. La première tient à la photo en première page de Bernard Arnault, valise à la main, sourire à la fois crispé et arrogant, prêt à s’exiler pour des raisons autres que fiscales (!). Quel rapport avec la choucroute (ou le vin) me direz-vous? Chez Mi-Fugue Mi-Raisin nous vouons un culte sans bornes à ces milliardaires. Il ne faut pas oublier que grâce à leurs beaux domaines (Yquem, Cheval Blanc, Moët et Chandon…) une diversion est créée, permettant aux autres millionnaires et milliardaires de boire ces nobles jus bourrés de sulfites, acide tartrique, pesticides (et j’en passe…), le tout arrondi par un boisé vanillé du meilleur goût. Sans eux, toute la planète serait obligée de boire de l’Overnoy, du Métras ou du château Meylet. Déjà qu’on a du mal à se procurer une bouteille, imaginez le pire des scénarios: un flacon de Brouilly de Jean-Claude Lapalu en primeur à 240 € H.T. …

Revenons à nos moutons: le cahier central consacré aux femmes dans le milieu du vin. Force est de reconnaître qu’il s’agit d’un exercice périlleux. Si l’on considère que la dégustation de vin est une expérience esthétique, on tombe forcément dans le piège consistant à aborder (ou éviter) l’épineuse question du « style féminin »…Épineuse car forcément un tantinet sexiste. Qui, par exemple, pourrait définir en littérature un style féminin? L’Oeuvre au Noir ou Les Mémoires d’Hadrien sont des livres géniaux non parce qu’une femme les a écrits, mais parce que le génie, lui, ne discrimine pas. Idem en musique: les œuvres de Sofia Gubaidulina ne sont pas plus ou moins féminines que celles de Steve Reich. Elles sont aussi géniales…

Dans ce cahier central, le message qui court en filigrane est le suivant: les femmes sont de plus en plus présentes dans le vignoble, les caves et les bistrots car la société a enfin su leur accorder une place dans un milieu réputé gaulois et machiste. On peut se demander si on a vraiment besoin de dix pages pour exprimer un tel truisme. La réponse est oui, car la rédaction a remarquablement bien choisi ses portraits:  entre Julie Balagny (Fleurie), Mylène Bru (Languedoc), Noëlla Morantin (Loire), Catherine Breton (Loire) et Dominique Hauvette (Provence), une bonne partie de l’élite du vin est présente (même si pour nous il manque à l’appel Claire Naudin, Blandine Chauchat, France Gonzalvez et Françoise Bedel).

Mais surtout et avant tout ce cahier montre bien que la Révolution des vins en biodynamie et des vins naturels a bel et bien triomphé! Vous aurez beau écrire sur les femmes, les hommes, les chevaux, les jeunes ou les vieux, désormais vous ne pourrez plus échapper au monde fascinant des vignerons qui œuvrent pour vous (en vous offrant de vrais grands vins) et vos enfants (en leur laissant une terre saine et propre).

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Montlouis du Domaine Lise et Bertrand Jousset

Mi-Fugue Mi-Raisin vient de recevoir quelques cuvées du domaine Lise et Bertrand Jousset, deux jeunes vignerons installés à Montlouis. Ils élaborent des Chenins d’une grande pureté et complexité.

Leur cuvée « Premier rendez-vous » 2011 est un vin blanc sec d’une belle fraîcheur, très (trop?!) facile à boire, à l’apéritif ou sur des fruits de mer.

« Trait d’Union » 2011 est un demi-sec avec une belle acidité qui équilibre le sucre. Ce vin présent de très belles notes d’agrumes. Il peut se boire à l’apéritif et accompagnera idéalement des coquilles Saint-Jacques ou un foie gras.

« Singulier » 2010. Un grand sec, d’une complexité et d’une ampleur incroyables. Il s’agit d’un grand vin de gastronomie, et si vous n’êtes pas convaincu(e)s que le Chenin est un des plus grands cépages blancs, essayez cette cuvée!

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La vigne, plante coriace…

Une vigne à Tavel… L’effondrement du terrain laisse apparaître la structure géologique, avec une fine couche meuble et la roche-mère. La vigne est donc capable de transpercer une roche dure pour aller chercher (loin!) ses nutriments.

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Une journée (de rêve) chez Eric Pfifferling

Vous l’aurez compris en lisant ce blog, les cavistes ont un métier passionnant: on ne se réveille pas un seul jour (sauf peut-être les lendemains de fête) sans se demander quel vin, vigneron ou région nous allons (re)découvrir…

Une visite  chez Eric Pfifferling  n’est pas sans rappeler un jour de Noël pour les enfants. L’idée d’y aller nous met dans un état d’excitation fébrile. Arrivés à Tavel, Eric nous accueille avec son sourire et sa bonhomie habituels. Il nous a réservé une belle surprise: il nous emmène chez Frère Roger au Château de Manissy,un domaine ayant jadis appartenu aux Pères Missionnaires de la Sainte Famille. Frère Roger qui y habite toujours a vinifié plus de 50 millésimes.

En rencontrant Frère Roger  on ne peut s’empêcher de penser à une autre grande figure du vin: Pierre Overnoy… A tel point qu’on se met à rêver d’une rencontre entre ces deux sages.

Les deux hommes ont un regard à la fois narquois et tendre. Ils ont tous les deux un humour caustique adouci par une profonde bienveillance. Ils ont poussé la réflexion sur le vin et la vinification le plus loin possible, élaborant des vins d’une grande pureté, sans sulfites ou autres intrants, à une époque où les produits chimiques régnaient en maîtres.

Comme Pierre Overnoy, Frère Roger nous sort une rareté de sa collection personnelle: le Tavel 1983 « Tête de Cuvée ». Le vin n’ayant pas été filtré et les lies doivent être évacuées le plus rapidement possible à l’ouverture. Tant que la bouteille n’est pas ouverte les lies nourrissent le vin et évitent l’oxydation. Au contact de l’air les lies vont au contraire avoir tendance à le « fatiguer ». Frère Roger s’en débarrasse en dégorgeant la bouteille, comme font les champenois « à la volée ».

                        

Le vin est surprenant de fraîcheur avec des notes torréfiées, caramélisées. Eric Pfifferling note aussi le côté tourbé d’un grand Whisky. On doit avouer qu’on a rarement goûté un rosé d’une telle complexité. Il rappelle d’un certain côté des vieux Poulsards bus chez Pierre.

De retour à l’Anglore après cette belle escapade Eric nous emmène dans ses vignes, et notamment la très belle parcelle des Pierres Chaudes encaissée dans un cirque avec une vue imprenable sur le Mont Ventoux. Ici on est  au bout du monde, dans un havre de paix. Eric nous confie qu’il y vient pour se ressourcer et trouver la sérénité qu’il recherche dans les moments difficiles.

Après la rencontre avec Frère Roger et le coucher du soleil sur le Pierres Chaudes, on se sent heureux et serein.

On finit la journée au chai à déguster les quelques cuvées qui sont encore en élevage, et notamment le Tavel « Vintage » 2010, cette arlésienne (300 bouteilles!) élevée une année supplémentaire dans une barrique de Fred Cossard (domaine de Chassorney).

Et là, on se dit la larme à l’œil que la perfection est de ce monde!…

 

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Un collector: Nuits-Saint-Georges « Clos des Argillières » 2005 du Domaine Chassorney

Voici une rareté: un Nuits-Saint-Georges Premier Cru « Clos des Argillières » 2005 du domaine Chassorney. Fred Cossard nous avait dit à plusieurs reprises qu’il vinifiait le dernier millésime du Clos des Argillières car il devait rendre ce superbe terroir à son propriétaire. A l’époque nous trouvions le vin tellement grand que nous refusions de le croire (la méthode Coué en quelque sorte). Puis vint la triste nouvelle avec le millésime 2008…

La dégustation d’une telle bouteille étant un moment exceptionnel, nous avions quand même une petite appréhension quant au millésime. L’année 2005 avait été encensée par la presse qui y voyait l’année du siècle (cela dit, au bout de six ans, rien de plus normal). Chez Mi-Fugue, question de goût,  nous préférons une expression plus légère et fine du Pinot Noir dans des années plus froides…Car le Pinot Noir n’est pas une Syrah.

A défaut de méfiance, nous avions donc une certaine appréhension…qui s’est dissipée à la première gorgée. Le patte géniale de Fred Cossard y est pour quelque chose. Il a su garder une  fraîcheur et une finesse incroyables malgré le millésime et le terroir argileux conférant corps et puissance à ce vin. Les vins sur ce terroir ne titrent jamais 12° (on est plutôt à 13°-14°), mais au vieillissement le vin acquiert une grande finesse  portée par une plénitude et une puissance sous-jacentes. On obtient ces notes de violette et de rose que tout fondu de Pinot Noir recherche dans les vins de Fred Cossard ou de Prieuré Roch. Ces arômes peuvent déplaire à certains (nous y reviendrons), mais proposer ces vins – et pouvoir en boire de temps en temps! – est la raison d’être de Mi-Fugue Mi-Raisin.

Un grand merci à Fred pour cette belle émotion!

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Poulsard 2005 du domaine Overnoy/Houillon

Voici un poulsard (ou ploussard si vous préférez) que Mi-Fugue Mi-Raisin proposait il y a deux ans. L’année 2005 avait été exceptionnelle au domaine Overnoy-Houillon, moins riche mais plus avec plus de fraîcheur que le 2003, un peu dans le même esprit que le grand 2009.

La robe est légèrement tuilée, mais sans aucune fatigue du vin. La robe du Poulsard a  tendance à prendre une teinte ambrée au bout de 3-4 ans. Le vin a acquis une dimension supplémentaire, avec des notes de « rose fanée » (que l’on retrouve parfois sur un grand Pinot Noir) et un superbe soyeux en bouche. Avec l’air, les arômes torréfies ressortent. Le vin ressemble alors étrangement à une grande liqueur, l’alcool en moins. Il possède une force tranquille (sans aucune allusion politique malgré sa couleur rosée!) et une sérénité contagieuses. Une grande bouteille de rouge du Jura!

Le mois prochain Mi-Fugue Mi-Raisin vous proposera d’autres millésimes de vins blancs et rouges du domaine Overnoy-Houillon.

 

 

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Françoise Bedel, la grande dame de l’Aisne

Chez Mi-Fugue, nous avons constaté que les vins avaient souvent la personnalité de leur vigneron(ne). Françoise Bedel ne fait pas exception à la règle. D’un abord à la fois chaleureux et discret, cette adepte de la biodynamie dirige son domaine  avec passion et rigueur. Sa philosophie est simple: élaborer des Champagnes sans concession reflétant avec fidélité les terroirs de Crouttes sur Marne. Ici nous sommes dans l’Aisne, un département qui fait figure de parent pauvre du Champagne. Au bout de son jardin nous apercevons la Marne qui marque la frontière entre ce département et la Seine-et-Marne.

Comme pour les Champagnes de l’Aube, on constate que les terroirs de Crouttes sur Marne sont exceptionnels… et bien différents de ceux de la montagne de Reims. Il suffisait qu’un vigneron s’y mette et élabore des grands vins.

Les vignes du domaine (qui s’étend sur 8 hectares) sont situées sur des deux types de terroirs: argilo-calcaires et limoneux calcaires. Ici le pinot meunier règne en maître, secondé par le chardonnay et le pinot noir.

La journée commence dans le vignoble. Françoise Bedel nous montre la vigne avec un pincement au cœur. Parmi les régions du nord de la France, la Champagne remporte (malheureusement) le premier prix de l’humidité et du mildiou. Les vignerons n’ont jamais vu cela…Et même par beau temps, le mildiou « repique », c’est-à-dire qu’il s’installe confortablement sur les parties pourries des grappes pour s’attaquer aux baies saines.

        

L’année sera catastrophique au niveau des quantités, mais Françoise a décidé d’en faire un millésime d’exception: très peu de bouteilles, mais que du grand…

Au chai nous dégustons des bouteilles ouvertes huit jours auparavant, et là, c’est une révélation: aucune note oxydative, une fraîcheur et une complexité impressionnantes.

Nous commençons par la cuvée Dis, « vin secret » brut nature 2003 composée de 86% de pinot meunier. Ce vin prouve qu’un travail acharné de la vigne allié à une longue période d’élevage sur lattes peut produire des vins d’une grande fraîcheur dans les années caniculaires.

La cuvée Origin’Elle 2004 est marquée par une belle amertume d’amandes, contrebalancée par un joli fruit qui arrondit le vin. Ce Champagne à base de 84% de pinot meunier est incroyablement désaltérant.

La cuvée Entre Ciel et Terre 2004 est issue uniquement de terroirs argilo-calcaires. Plus minéral que le précédent, ce Champagne se boit sans soif…

Nous terminons la dégustation autour d’un copieux (et chaleureux) déjeuner préparé par « Mémé » (bien connue des vendangeurs) avec les produits du potager familial. Françoise nous fait déguster l’arlésienne du domaine: la cuvée Comme Autrefois 2003, un 100% pinot meunier élevé sur lattes pendant…10 ans. Un vin d’une incroyable puissance et complexité. L’alliance de la puissance et de la « buvabilité » de ce grand vin nous rappelle la cuvée « Les Meuniers de la Butte » de Vincent Laval. Tant dire que c’est un beau moment d’émotion dans une vie de caviste!

Comme l’équipe de Mi-Fugue Mi-Raisin est mordue de musique classique, on a failli oublier de vous dire que Françoise Bedel l’est aussi. A défaut de le ressentir dans les vins (qui présentent certes une belle harmonie), on le ressent dans son discours. Elle sent les choses en termes de convictions et surtout de résonances.

Mi-Fugue Mi-Raisin vous proposera plusieurs cuvées du domaine en septembre. Nous vous en reparlerons!

 

 

 

 

 

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Noirmoutier-en-l’Ile…

 

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Dominique Derain: la sainte aubaine

Certaines  randonnées dans le vignoble rappellent les croisades médiévales : on sait quand on part, mais on ne sait pas quand on revient…

Pour aller voir Dominique Derain  à Saint-Aubin, inutile de fixer d’autres rendez-vous. Entre la cave, les vignes, le restaurant, puis à nouveau la cave, la journée est passée comme des vacances d’été : trop rapidement.

Le vignoble s’étend sur  5.5 hectares et comprend plusieurs appellations : Saint-Aubin, Mercurey, Pommard et  Gevrey-Chambertin. Le domaine étant en biodynamie, l’entretien de plusieurs parcelles éparpillées (regardez sur une carte la distance entre Mercurey et Gevrey !) demande une rigueur et une organisation à toute épreuve. Il est assisté depuis quelques années par Julien Altaber qui possède par ailleurs sa maison de négoce. Il y a quelques années nous trouvions les vins délicieux… Aujourd’hui, nous les trouvons sublimes !

La vinification des rouges est faite à la façon d’un « mille-feuille », avec une alternance de grappes entières et de raisins égrappés. On obtient ainsi un vin à la fois gourmand (c’est le principe de la grappe entière ou macération carbonique) et structuré (grâce aux raisins égrappés).

Dominique fait partie des vignerons qui ne cachent pas leur vignoble. Les détracteurs de la biodynamie ont l’habitude de dire que les vins sont bons dans les années saines, mais problématiques dans des années humides (et 2012 en fait partie : voir l’article « Millésime 2012: il faudra aussi boire de l’eau…« ).

 

        

 

Le vignoble de Dominique prouve le contraire. L’état sanitaire de la plante et des raisins est impressionnante. Il n’y a qu’à comparer avec d’autres parcelles conduites « en chimie »  pour s’en apercevoir: d’un côté un sol sain et une végétation vigoureuse; de l’autre un sol pauvre et « brûlé ».

 

               

 

De retour à la cave, Dominique nous ouvre un Saint-Aubin « Le Ban » 1999. Un vin d’une rare émotion avec des notes de truffes et de champignons  dominées par un fruit et une fraîcheur incroyables. Encore un mythe qui tombe : les vins sans soufre (ou peu sulfités) ne se gardent pas…

 

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les cuvées suivantes :

Bourgogne blanc « La Combe » 2011. Un blanc frais, minéral d’une belle complexité…et d’une très grande buvabilité.  Ah, si tous les Bourgognes étaient ainsi faits !

Pommard « Les Petits Noizons » 2011 (rouge). Terroir de calcaire recouvert de terre rouge ferreuse, exposé plein sud. Le vin est très gourmand avec une belle tension.

Gevrey-Chambertin « En Vosne » 2011 (rouge). La plus petite appellation du domaine : 30 ares ! Ce vin d’une grande élégance redéfinit le Gevrey. Si vous pensez que les vins de l’appellation sont puissants, colorés et charpentés, goûtez celui-ci.  Pour nous, le plus grand Gevrey-Chambertin!

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Un Rosé d’Anjou pas comme les autres: Le Domaine Andrée

Que ceux qui connaissent Stéphane Erissé et le Domaine Andrée lèvent leur verre… Stéphane est un jeune vigneron installé à Saint-Cyr-en-Bourg, au sud de Saumur, sur 3 hectares de vignes. Il vient de commercialiser la première cuvée de son premier millésime. C’est Sylvain Dittière (domaine la Porte Saint Jean, voir notre article Une Journée Chez Sylvain Dittière), un autre jeune vigneron ultra doué, qui nous a filé le tuyau. Et là, on doit avouer que ce fut le coup de foudre pour… un rosé !

Si vous voulez épater les copains ou coller l’expert en vins qui connaît tous les domaines, nous avons le vin qu’il vous faut. Il faut dire qu’il ne s’agit pas d’un rosé ordinaire.

D’abord le cépage : du Grolleau Gris, on n’en boit pas tous les jours.

Ensuite, la complexité aromatique du vin : lors d’une soirée, les convives étaient pour le moins déroutés. Certains lui trouvaient un côté « grenadine », d’autres des notes de fraise, de groseille, de tisane, de pamplemousse rose… Bref, personne n’était d’accord sauf pour dire: « c’est très très bon et ça se boit tout seul ! ».

Le vin possède une minéralité et une acidité  incroyables (pour les experts, le pH est de 3…) contrebalancées par une pointe de sucre résiduel qui l’enrobe et lui donne ce côté tendre et fruité.

Il se boit tout seul à l’apéro, ou accompagne à merveille des gambas.

Et sur une burrata – tomate, c’est le paradis!

Osons un trio de tête  des meilleurs rosés pour  Mi-Fugue Mi-Raisin :

  • Le domaine Andrée (un rosé qui a la couleur… d’un rosé)
  • Le tavel d’Anglore (un rosé qui a la couleur d’un rouge)
  • Le Poulsard 2011 du domaine Overnoy (un rouge qui a la couleur d’un rosé)

 

Stéphane nous réserve pour la rentrée un Anjou blanc et une cuvée de rouge. Vivement la fin des vacances !

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Mi-Fugue Mi-Raisin vous souhaite un bel été…

Mi-Fugue Mi-Raisin souhaite à tou(te)s les hédonistes un très bel été, plein de soleil et de bouteilles.

Grâce à notre blog nous continuerons à vous tenir au courant de nos dernières découvertes, coups de cœur et autres expériences bachiques.

Et bien entendu, l’équipe de Mi-Fugue se relaiera tout l’été pour accueillir les irréductibles clients parisiens, assoiffés et errant désespérément dans les rues vides de la capitale à la recherche d’un flacon…

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Maxime Magnon (Corbières): La Bégou et Rozeta 2011 sont arrivés…

Maxime Magnon est un jeune vigneron talentueux (un euphémisme!) qui s’est installé en 2002 en Languedoc, entre Durban et Villeneuve-les-Corbières. Il cultive une dizaine d’hectares sur des sols argilo-calcaires (Durban) et des schistes (Villeneuve).

Sa cuvée Rozeta 2011 est composée à 70% de Carignan et à 30% d’un assemblage Syrah – Grenache Noir. Ce vin, d’une gourmandise et d’une délicatesse qui rappellent les vins de l’Anglore, possède une belle fraîcheur qui le rend digeste. Il nous fait aussi fait penser à un grand Fleurie de l’ami Yvon Métras! Fin, fruité et très gourmand…. On en boit!

La Bégou 2011 est composée d’une grande majorité de Grenache Gris avec un soupçon de Grenache Blanc sur un terroir schisteux. Le nez de fruits blancs s’ouvre sur des notes plus complexes d’iode et de varech. Le vin est à la fois gras et  minéral. L’archétype du très grand vin blanc du sud. La classe, quoi!

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Les Rouliers 2008 : la subtile alliance des contraires.

Avez-vous déjà remarqué que le stock des plus belles bouteilles de votre cave diminuait plus rapidement que celui des « daubes » achetées dans une foire aux vins il y a vingt ans? C’est ce que nous ressentons chez Mi-Fugue Mi-Raisin en regardant notre casier (perso!) de Rouliers 2008 fondre comme neige au soleil.

En 2008 Richard Leroy n’avait pas été gâté par la nature. Il se souvient encore du gel du 6 avril qui lui valut une récolte de misère dans un millésime de folie.

Inutile de mettre cette bouteille à table et de discuter des dernières élections en Libye ou de la crise grecque : la personnalité de ce vin s’imposera lentement mais sûrement et vous accaparera, vous happera littéralement.

Ce qui frappe au premier verre, c’est l’alliance de la maturité du chenin, ce côté « pâtisserie » (ou sablé au beurre comme l’a noté un convive) et de la salinité du vin. L’alliance de ces deux saveurs contraires confère au vin une personnalité et une complexité étonnantes.

L’autre marque d’un grand vin blanc est sa capacité à évoluer, à « raconter »  des choses différentes de verre en verre (et le dernier arrive malheureusement trop vite). C’est la raison pour laquelle Mi-Fugue conseille de ne pas carafer un grand vin blanc: l’oxydation forcée du vin vous prive des premières expressions aromatiques. Avec l’air le vin prend plus d’ampleur et les notes florales du premier nez cèdent le pas à des arômes légèrement mentholés.

Bref, il s’agit d’un grand vin d’émotion. Merci Richard!

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Millésime 2012 : il faudra aussi boire de l’eau…

Fanfan Ganevat (Jura) bravant les intempéries du mois de juin

On dit souvent que la qualité d’un millésime se joue essentiellement à l’arrivée, au moment des vendanges. Après un été « normal », c’est-à-dire chaud et sec (point trop n’en faut), une arrière-saison douce et ensoleillée est déterminante. Mais à force de se focaliser sur la qualité, on omet souvent le problème de quantité, et en 2012 c’est là où le bât blesse.

Plusieurs facteurs peuvent affecter les quantités : le gel tardif et des conditions extrêmes au printemps et en été (grêle ou excès d’humidité).

Le vignoble situé au nord de la Loire a connu une fin de printemps et un début d’été chauds et humides, ressemblant à s’y méprendre aux orages du mois d’août. En été les vignerons traitent la vigne contre le mildiou afin de limiter la prolifération de ce champignon. C’est la même chose au printemps me direz-vous, sauf qu’en 2012 le mildiou s’est confortablement installé au moment critique de la nouaison, quand la fleur se transforme en grain de raisin… et malheureusement pour nous, fin mai et début juin le mildiou a bénéficié de conditions paradisiaques pour proliférer et s’étendre à la fleur, provoquant ce que les vignerons appellent une coulure (ou chute des fleurs):

 

Dans le Jura, les vignerons n’avaient jamais vu de telles conditions depuis…1977. Prions donc pour que ce phénomène ne se reproduise qu’en 2047.

En Bourgogne on s’achemine aussi vers une maigre récolte, et ce après deux millésimes plutôt spartiates. Jean-Yves Bizot (Vosne-Romanée) pense que la récolte atteindra 50% d’une année normale. Sachant qu’un scénario similaire s’était produit chez lui en 2010 (à cause du gel), on commence à s’interroger sur la définition d’une année « normale ».

Le sud n’a pas été épargné (ici c’est plutôt l’oïdium qui sévit). Les grenaches d’Eric Pfifferling (l’Anglore, à Tavel) ont été touchés. Il faudra donc verser quelques larmes supplémentaires pour se procurer deux ou trois précieux flacons.

Si le temps se met au beau d’ici septembre, nous aurons un joli millésime avec peu de vin…de quoi développer l’instinct darwinien des buveurs. En revanche, si le temps maussade persiste, il faudra se mettre à l’eau. Une chose est sûre, on n’en manquera pas…

 

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Une journée chez Vincent Laval : beaucoup de finesse dans un monde extra brut.

Vincent Laval est un paradoxe dans le monde viticole. Il élabore des vins d’exception (il insiste sur le terme « vin ») en quantité infime (environ 10 000 bouteilles par an !), mais sa générosité et sa disponibilité donnent l’impression que la source est intarissable. Le domaine est situé à Cumières, grand terroir de Blanc de Noirs, à cinq kilomètres d’Epernay.

Vincent nous a donné rendez-vous avec David Léclapart, un autre vigneron basé à Trépail qui vinifie des Blanc de Blancs à se damner (nous y reviendrons…). La journée commence au vignoble. Comme tous les vignerons exigeants, Vincent pense que le travail de la vigne constitue la base d’un grand vin. La dégustation de ses champagnes lui donne entièrement raison. Pour les habitués des « grandes maisons », l’expérience peut dérouter les papilles, car il s’agit d’un vrai (d’un grand !) vin et non d’une boisson à bulles dont la vinification gomme l’effet du terroir et du millésime. Avis à ceux qui aiment le vin mais qui ne sont pas amateurs de champagne !

Nous n’avons pas résisté à la tentation de comparer ses vignes à celles d’autres vignerons moins méticuleux…et le résultat est pour le moins édifiant.

Devinette : quelle est la vigne de Vincent ?

 

 

 

 

 

 

 

Vous l’avez deviné, celle qui abrite une véritable biodiversité permettant de la nourrir et de l’enrichir.

Le traitement chimique de la vigne tue toute vie animale, et la population des annélides en particulier– les fameux lombrics. Les vignerons vous le diront, sans vers, pas de vie dans le verre. Ils aèrent les sols, assurent une bonne rétention d’eau grâce aux galeries qu’ils creusent et augmentent l’apport en phosphore, en azote et en calcium, éléments nutritifs indispensables à la vigne. L’autre effet dévastateur des pesticides est l’élimination de certaines populations levuriennes responsables du bon déroulement de la fermentation alcoolique. Dès lors, un cercle vicieux s’installe : avec des raisins moins sains, le vigneron est obligé de sulfiter et de levurer, ce qui élimine d’autres levures naturelles. C’est la raison pour laquelle les vins « chimiques » ont souvent le même goût…

De retour au chai, les propos de Vincent s’éclaircissent.

Voici deux ceps arrachés par Vincent. Celui de gauche provient d’un remembrement (échange de vignes entre collègues afin de regrouper certaines parcelles). Il a été travaillé pendant dix ans, puis arraché avec celui de droite qui, lui, a toujours appartenu au domaine. Résultat : le système racinaire de la vigne de gauche , incité à la paresse, n’a jamais pu être rattrapé par Vincent. Il a préféré rester à la surface plutôt que d’aller chercher la nourriture en profondeur.

Deux cuvées avec un morceau de craie du sous-sol

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les cuvées suivantes:

Le Cumières brut nature (50% chardonnay, 25% pinot noir et 25% pinot meunier) est d’une grande finesse, avec l’expression du terroir et une longueur qui laissent rêveur.

Quant à la cuvée « Les Hautes Chèvres » 2006, il s’agit d’un grand pinot noir d’émotion, à laisser en cave un an. Bref, une cuvée ultra confidentielle que les « happy few » ne sont pas prêts d’oublier!

 

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N’envoyez jamais un homme faire les courses au supermarché…

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L’Anglore 2011 est arrivé!

 

 

Mi-Fugue Mi-Raisin vient de recevoir quelques cuvées (convoitées!) de l’Anglore.

Pour ceux qui ne connaissent pas ces nectars, Eric Pfifferling conduit d’une main de maître un domaine de 7 hectares situé à Tavel. Les vins sont d’un soyeux et d’une gourmandise rarement atteints dans la région…et même dans d’autres.

Les cuvées suivantes sont disponibles:

Chemin de la Brune. Ce rosé pâle est un mélange de grenache,de cinsault et d’aramon.

Terre d’Ombre. 100% grenache, souple, gourmand et fruité. Peut créer une accoutumance…

Tavel. Mélange de grenache, cinsault, carignan et clairette. Ce rosé est plus soutenu et intense que le Chemin de la Brune… et tellement bon qu’une bouteille en appelle une autre.

Les Traverses. Un assemblage classique de syrah et de grenache.Vin d’une grande finesse.

Pierre Chaude. Grenache et clairette. Une des cuvées les plus convoitées du domaine. La délicatesse de ce vin rappelle un grand vin de Bourgogne (avec quelques degrés de plus et quelques euros de moins).

Comeyre. Ce carignan pur est habituellement commercialisé en magnum. Vin d’une grande finesse et d’une fraîcheur incroyable.

La seule mauvaise nouvelle: les quantités sont limitées…

 

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Jura: Domaine de la Tournelle et Domaine des Cavarodes

 

Mi-Fugue Mi-Raisin vient de recevoir les vins du Jura des domaines de la Tournelle et des Cavarodes.

Pascal et Evelyne Clairet du domaine de la Tournelle à Arbois élaborent des vins de plus en plus fins et précis. Pour nous ils font désormais partie du peloton de tête des  vignerons jurassiens. Les vins ont toujours été très bons, mais depuis deux ans l’émotion y est!

« Terre de Gryphées » 2009. Un chardonnay sur terroir argileux, d’une grande minéralité et pureté. A boire à l’apéritif ou sur un poisson.

« Fleur de savagnin » 2010. Un savagnin sur marnes grises, d’une très grande délicatesse. Ce vin ouillé ne présente aucune note  oxydative du type « vin jaune ». Bien au contraire, les  notes citronnées dominent ce vin d’une belle fraîcheur.

 

Domaine des Cavarodes, « Trousseau de Messagelin » 2011.  Etienne Thiebaud, jeune vigneron installé à Cramans, au nord d’Arbois, vinifie un trousseau digeste et léger, avec des notes épicées. Ce vin peut se boire à l’apéritif ou en accompagnement d’une viande blanche.

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Les champagnes du domaine Jacques Lassaigne

Emmanuel Lassaigne portant un de ses bébés...un magnum de Colline Inspirée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est un fait, chez Mi-Fugue on aime les champagnes du domaine Lassaigne. Emmanuel fait partie des vignerons qui élaborent un vrai vin, par opposition à un produit standard que l’on boit en soirée…avec des lendemains parfois douloureux. Car il ne faut pas l’oublier, le champagne est avant tout un vin (certes, avec des bulles!) censé refléter un terroir, des cépages et le travail du vigneron.

Le domaine est situé à Montgueux, dans l’Aube, à quelques kilomètres de Troyes. Ici, le chardonnay règne en maître, sur un terroir crayeux.

Nous avons une bonne nouvelle pour les habitués du domaine: la cuvée « La Colline Inspirée » est enfin disponible en bouteille. Jusqu’à présent il fallait avoir très soif pour siffler un magnum de Colline Inspirée. Il s’agit de la seule cuvée du domaine élevée à 100% dans des fûts de chêne. Le dernier dégorgement est composé de 72% de vins de 2008 et 28% de vins de 2007. Le terroir crayeux donne au vin une belle minéralité, contrebalancée par une ampleur due à l’élevage en fûts.

La cuvée « Mi-Fugue Mi-Raisin » – que vous ne trouverez qu’ici! – est un assemblage des millésimes 2005, 2002 et 1999. Cet assemblage de vieux vins de réserve confère au champagne une belle structure.

La cuvée « Les Vignes de Montgueux ». Le grand classique du domaine, avec une base de 2009. Finesse extrême des bulles pour cet extra brut dosé à deux grammes.

« Le Cotet »est une sélection parcellaire de vieilles vignes. Les notes citronnées de ce champagne font penser à un puligny-montrachet, avec une expression du terroir incroyable.

Le Millésimé 2004 est le champagne le plus ample du domaine. L’absence de dosage assure une bulle d’une grande finesse. Ce champagne possède une longueur et une complexité qui convertiraient n’importe quel champagnophobe…

 

 

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Une journée Chez Sylvain Dittière

 

Connaissez-vous le domaine de la Porte Saint Jean? Sylvain Dittière?  Normal,  ce jeune vigneron en vient de s’installer sur l’appellation Saumur-Champigny. Mais aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des millésimes. Nous avons été subjugués par son Saumur-Champigny 2010 d’une finesse et d’un éclat qui rappellent les grands vins de Bourgogne. Il  faut dire que Sylvain n’en est pas à son premier essai. Il a fait ses armes chez Marc Tempé en alsace, au domaine Gauby, ainsi que chez Thierry Germain. Ah, on a failli oublier un détail: il fait maintenant partie de la famille Foucault.

Sylvain (Tonton pour les intimes)  est aussi discret qu’affable. Arrivés chez lui à Montreuil-Bellay, nous commençons notre visite par une dégustation au chai. Nous passons ensuite à la pièce de résistance: la cave… en schiste datée du XIVème siècle. Ici dorment les barriques qui donneront deux cuvées: sa « petite » cuvée (tout est relatif!) et Les Beaugrands, vin d’une grande finesse et complexité (mise en bouteille du 2010 prévue en septembre).

A part le travail des vignes lui permettant de récolter des raisins impeccables, Sylvain nous livre son secret  pour l’obtention de vins aussi soyeux: la vinification par gravité, évitant tout pompage ou manipulation excessive. Le vin s’écoule du chai au-dessus directement dans les barriques. Le résultat est bluffant avec un cabernet franc d’une rare élégance.

Une chose est sûre, la relève est assurée sur cette appellation prestigieuse!

 

 

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Richard Leroy: Noëls de Montbenault 2010

Noëls de Montbenault 2010: un chenin d'une grande pureté

Mi-Fugue vient de recevoir la deuxième cuvée du domaine.

Pour Richard Leroy sa cuvée « Les Noëls de Montbenault » 2010 est le plus beau vin jamais élaboré au domaine. C’est en tout cas une des plus grandes émotions gustatives de l’équipe Mi-Fugue…

Pour plus d’informations voir l’article  Une journée chez Richard Leroy

 

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Pouilly-Fuissé Robert-Denogent 2010

Trois Pouilly-Fuissé 2010 du domaine Robert-Denogent

Nous avons reçu ces trois cuvées, toutes issues de vieilles vignes. Jean-Jacques et ses fils sont adeptes d’une culture de la vigne en biodynamie (non-déclarée), recherchent une grande maturité, et prônent une vinification non-interventionniste avec des élevages longs de façon à protéger les vins. Les taux de sulfitage  sont très bas, de l’ordre de 20 à 30 mg par litre en total.

La cuvée « La Croix » issue de vignes d’environ 60 ans est située sur un sol de schistes, fait exceptionnel dans le région. Cette particularité confère une belle finesse au vin.

« Les Reisses », monopole du domaine. Vignes de 80 ans sur un terroir argilo-calcaire. Vin volumineux, campé sur une belle acidité. Idéal pour accompagner des crustacés.

« Les Carrons ». Les vignes sont âgées d’au moins 110 ans. Vin armé pour une longue garde! Ridiculise beaucoup de grands noms de la Côte d’Or. Idéal sur un foie gras.

Bref, il s’agit de trois vins différents mais également enthousiasmants!

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Une journée en Anjou chez Richard Leroy

Richard Leroy

Une journée chez Richard Leroy fait partie de ces moments uniques qui nous font  dire que le métier de caviste est le plus beau du monde…après celui de vigneron. Que ceux qui ne connaissent pas l’itinéraire de ce surdoué du vin parti s’installer en Anjou en 1996  courent chez leur libraire acheter la bande dessinée « Les Ignorants » d’Etienne Davodeau.

La visite chez Richard débute toujours par son vignoble. Pour lui point de grand vin sans  travail (acharné!) de la vigne.  Et pour s’assurer que ce soit bien fait, il taille, pioche, décavaillonne, palisse et ébourgeonne seul. Résultat: ses 2,7 hectares de vignes plantées en chenin ressemblent plutôt à un jardin zen, avec une vigueur des vignes qui rivalise avec celle du vigneron.

Jeune et vieille vignes des Noëls de Montbenault

Le terroir des Noëls de Montbenault est constitué d’une roche volcanique en décomposition, la rhyolite, qui donne (presque) l’impression d’être dans un vignoble rhodanien. La nature du sol de Montbenault confère au vin un ciselé, une  pureté et une puissance incroyables. Les vins, buvables dans leur jeunesse sont taillés pour la garde…à condition de pouvoir les encaver sans les toucher.

 

Après la vigne, la dégustation des 2011. Les habitués ont leurs repères, mais il faut avouer qu’une première dégustation a de quoi déconcerter: on goûte une vingtaine de barriques pour seulement deux cuvées: Les Rouliers et Les Noëls de Montbenault.

La dernière étape de ce parcours initiatique est la dégustation à table. Richard sort l’arlésienne: un Noël de Montbenault 2008, millésime aussi sublime que rare car le gel avait fait des ravages.

Après cinq heures de pur enchantement on quitte Richard et l’Anjou avec une seule envie: y retourner!

 

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