Les cons au masculin…et le vin au féminin

Ce matin vous aurez au moins deux raisons d’acheter « Libé », indépendamment de votre couleur politique. La première tient à la photo en première page de Bernard Arnault, valise à la main, sourire à la fois crispé et arrogant, prêt à s’exiler pour des raisons autres que fiscales (!). Quel rapport avec la choucroute (ou le vin) me direz-vous? Chez Mi-Fugue Mi-Raisin nous vouons un culte sans bornes à ces milliardaires. Il ne faut pas oublier que grâce à leurs beaux domaines (Yquem, Cheval Blanc, Moët et Chandon…) une diversion est créée, permettant aux autres millionnaires et milliardaires de boire ces nobles jus bourrés de sulfites, acide tartrique, pesticides (et j’en passe…), le tout arrondi par un boisé vanillé du meilleur goût. Sans eux, toute la planète serait obligée de boire de l’Overnoy, du Métras ou du château Meylet. Déjà qu’on a du mal à se procurer une bouteille, imaginez le pire des scénarios: un flacon de Brouilly de Jean-Claude Lapalu en primeur à 240 € H.T. …

Revenons à nos moutons: le cahier central consacré aux femmes dans le milieu du vin. Force est de reconnaître qu’il s’agit d’un exercice périlleux. Si l’on considère que la dégustation de vin est une expérience esthétique, on tombe forcément dans le piège consistant à aborder (ou éviter) l’épineuse question du « style féminin »…Épineuse car forcément un tantinet sexiste. Qui, par exemple, pourrait définir en littérature un style féminin? L’Oeuvre au Noir ou Les Mémoires d’Hadrien sont des livres géniaux non parce qu’une femme les a écrits, mais parce que le génie, lui, ne discrimine pas. Idem en musique: les œuvres de Sofia Gubaidulina ne sont pas plus ou moins féminines que celles de Steve Reich. Elles sont aussi géniales…

Dans ce cahier central, le message qui court en filigrane est le suivant: les femmes sont de plus en plus présentes dans le vignoble, les caves et les bistrots car la société a enfin su leur accorder une place dans un milieu réputé gaulois et machiste. On peut se demander si on a vraiment besoin de dix pages pour exprimer un tel truisme. La réponse est oui, car la rédaction a remarquablement bien choisi ses portraits:  entre Julie Balagny (Fleurie), Mylène Bru (Languedoc), Noëlla Morantin (Loire), Catherine Breton (Loire) et Dominique Hauvette (Provence), une bonne partie de l’élite du vin est présente (même si pour nous il manque à l’appel Claire Naudin, Blandine Chauchat, France Gonzalvez et Françoise Bedel).

Mais surtout et avant tout ce cahier montre bien que la Révolution des vins en biodynamie et des vins naturels a bel et bien triomphé! Vous aurez beau écrire sur les femmes, les hommes, les chevaux, les jeunes ou les vieux, désormais vous ne pourrez plus échapper au monde fascinant des vignerons qui œuvrent pour vous (en vous offrant de vrais grands vins) et vos enfants (en leur laissant une terre saine et propre).

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