Nez dans le Vert et Levée de la Loire 2016…

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Le lundi 7 novembre était LA journée des salons de vins à Paris. Mi-Fugue Mi-Raisin a choisi le Jura et la Loire à la fois par passion et par paresse: les deux salons étaient réunis comme chaque année au même endroit. Pratique, quand on sait à quel point le lever du coude est un exercice épuisant. Le salon a permis de confirmer la qualité des 2015 dans les deux régions, avec de magnifiques rouges du Jura (amateurs de Ploussard et de Trousseau, à vos portefeuilles!), des blancs opulents mais frais, et pour la Loire des rouges pleins de fruit et des blancs vifs et charnus.

En revanche le millésime 2016 sera plus contrasté avec des jolis vins en Loire mais des quantités de misère, et  globalement un beau millésime pour le Jura qui renoue enfin avec de jolis millésimes. Dans une ambiance de morosité générale (gel, grêle, mildiou, oïdium, stress hydrique…) le Jura peut s’enorgueillir d’un joli millésime (avec bien sûr quelques bémols et exceptions). Pour une fois que le Jura a un peu de vin, Mi-Fugue n’ira pas s’en plaindre, bien au contraire.

Sans prétendre à l’exhaustivité, voici en vrac, quelques jolis vins dégustés.

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Julien Mareschal (Domaine Laborde) vinifie des vins de plus en plus précis et purs, avec une mention spéciale pour son Chardonnay La Marcette 2015, vif et fin. Patrice Hugues-Béguet signe avec son Ploussard Côte de Feule, un des plus jolis « Plou » du salon et son Savagnin-Chardonnay « Straight no Chaser » sur le fruit et la gourmandise est un bel hommage à Thelonius Monk. Chez Peggy et Jean-Pascal Buronfosse, le Chardonnay « Pré du Bief »  (disponible en janvier)  est un vin équilibré, fin et cd’une belle complexité. La Ratapoil rouge de Raphaël Monnier (domaine Ratapoil), savant mélange de 22 cépages (si vous pouvez en citer plus de quatre… bravo!) est un beau rouge sur le fruit à siroter entre amis. Quant au Pinot Noir d’Alexis Porteret (domaine des Bodines), fin élégant et d’une belle longueur, l’équipe de Mi-Fugue se damnerait pour en faire son ordinaire. Le Ploussard de Jean-Baptiste Menigoz (les Bottes Rouges), ample et épicé sera le parfait compagnon automnal de vos plats de gibier. Etienne Thiébaud (Les Cavarodes) présenté un Savagnin pressé 2015, un vin élégant au fruit éclatant.

 

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Côté Loire, lepetit Pineau d’Aunis 2015 d’Elisabeth et Benoît Jardin (les Maison Rouges) nous a emballés avec son fruit, sa finesse et sa gourmandise. Il faudra en profiter car il n’y aura pas de 2016… La cuvée Hurluberlu 2015 de Sébastien David, sympathique vigneron de St-Nicolas-de-Bourgeuil est est un Cabernet Franc d’une belle rondeur avec un joli fruit… Stéphane Orieux (domaine  de la Bergeronnette, dans le Muscadet) présentait un « petit » blanc à base de folle blanche, un vin léger et vif à boire à l’apéro ou sur des fruits de mer. Le domaine  Pierre Luneau-Papin présentait plusieurs belles cuvées dont Terres Blanches, un Muscadet sur Gneiss d’une pureté et d’une finesse à convertir les Muscadophobes. La cuvée 29 de Geneviève Delatte et Nicolas Bertin (Rablay-sur-Layon, Anjou) est un superbe Chenin issu de vignes plantées en 1929, d’une belle complexité. Last but not least, Michel Autran, vigneron talentueux de Vouvray nous a régalés avec ses « Enfers Tranquilles » 2015, un Chenin minéral, pur, d’une belle ampleur.

L’édition 2016 nous rassure, car malgré les condition pour le moins compliquées, les amateurs pourront boire en 2017 de jolis vins de ces deux régions.

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Les vins d’Imanol Garay…

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Voici un nom peu connu mais facilement reconnaissable: Imanol Garay. Retenez-le car pour l’instant ce vigneron fait couler très peu de vin mais risque de faire couler beaucoup d’encre.

L’histoire du vin naturel peut aussi être abordée sous l’angle de préjugés qui tombent. Certains amateurs se rappelleront l’époque de la découverte des  Gamays de Jules Chauvet, Foillard ou Yvon Métras. On était pour le moins perplexes devant ces incroyables breuvages. Nous savons aujourd’hui qu’il s’agit d’un des plus grands cépages et depuis, une horde de jeunes vignerons nous a appris que le Cabernet Franc, le Pineau d’Aunis, le Malbec, le Fer Servadou  ou Merlot pouvaient être de grands cépages. La liste n’est pas exhaustive et les amateurs ont compris qu’il ne fallait jamais dénigrer un cépage, que c’était une question de temps avant qu’un vigneron comprenne l’adéquation entre le cépage et le sol, expérimente d’autres types de vinification et finisse par élargir l’éventail de nos plaisirs.

Prenons (au hasard!) le Tannat. Vous savez, ce cépage rustique et tannique servant à vinifier le Madiran. Les amateurs cyniques disent qu’il faut trois bras quand on boit un Madiran: un pour tenir le verre et deux pour s’agripper au bord de la table…  Sauf que lorsqu’on boit un Madiran d’Imanol Garay, on comprend le sens des mots finesse, élégance, gourmandise et buvabilité.

                                   

Qui dit Madiran dit Pacherenc-du-vic-bilh, le blanc de la région produit à base de Gros (ou Petit) Manseng et de (Petit) Courbu. Là non plus vous ne ferez pas sensation en apportant une bouteille de Pacherenc-du-vic-bilh dans une soirée entre copains…

Imanol Garay produit une cuvée de blanc à base de Petit Courbu et de Petit Manseng, un vin improbable d’une finesse, complexité et élégance à bluffer tout amateur de grands blancs.

Sa production est plus que confidentielle : 50 ares de rouge et 40 ares de blanc sur des sols de sables et de gravettes (petits galets). Avec moins d’un hectare, vous ne risquez pas d’en trouver dans les foires aux vins…

Deuxième précision: Imanol est négociant et achète donc son raisin. Jusqu’à présent il travaillait à la tonnellerie d’Adour (et vendait des tonneaux à Richard Leroy entre autres). Depuis, il compte s’occuper lui-même des vignes et vient d’acquérir 75 ares  d’Irouléguy. Imanol est insatiable car il est aussi tombé amoureux de terroir de Navarre produisant des Grenaches exceptionnels et vinifie depuis peu une cuvée baptisée « Calndestinus ».

Mi-Fugue Mi-Raisin a été conquis par ses vins dès le premier millésime (l’année dernière). A l’époque les choses étaient simples car  il y avait deux cuvées: le Madiran « Abiatu » 2012, à la fois riche, puissant mais possédant une trame d’une incroyable élégance… et le blanc « Ixilune » 2013 (prononcer: « Itchi Louné »), un blanc du sud-ouest d’une minéralité, d’une puissance et d’une finesse à vous couper le souffle. Bref, un vin que vous pourriez allègrement placer dans une dégustation de grands Chenins.

Imanol est mu par une curiosité sans limites. Il faut le suivre, mais nous pensons que cela vaut largement la peine ! Après avoir goûté ses nouvelles cuvées d’Abiatu 2014 (le plus beau Madiran qu’il nous fût donné de goûter) et l’Ixilune plus large que le millésime précédent mais avec un équilibre et une fraîcheur dignes des plus grands vins blanc de Loire, nous sommes passés à ses cuvées plus « originales », notamment le même Madiran Abiatu 2014 élevé cinq mois supplémentaires en amphores en grès… et qui sera mis en amphores d’une contenance d’un litre et demi! L’idée est d’offrir au client la possibilité de continuer l’élevage lui-même car l’amphore est beaucoup plus poreuse qu’un bouchon, permettant au vin de respirer et selon lui de s’affiner. Le vin dégusté après quelques mois d’élevage en amphores (et donc avant sa « mise en amphores ») possède une finesse et une élégance encore plus marquées que la cuvée « normale ». Bref, un très grand Madiran qui possède une personnalité et une classe folles… Mais – c’était prévisible –  il n’y aura malheureusement quelques dizaines d’amphores. Imanol nous a fait goûter la cuvée « Cladestinum », qui n’est autre que son Grenache « Clandestinus » élevé 5 mois supplémentaires en amphores (vous suivez toujours?…). On retrouve cette finesse  et cette minéralité typiques des vins élevés en amphores.

Comme Fabien Jouves, Stéphane Lucas ou Vincent Alexis (Barouillet), Imanol Garay fait partie des jeunes vignerons qui nous  donnent envie de boire des vins du sud-ouest. Un grand merci!!!

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Une visite (hors du temps) chez Michel Gahier

   

Les passionnés de vins du Jura sont de plus en plus nombreux, mais ceux qui connaissent les vins de Michel Gahier ne sont pas légion. Michel est un vigneron discret vivant à l’abri des salons, tournées parisiennes et autres manifestations publiques. Il est basé à Montigny-lès-Arsures, la capitale mondiale du Trousseau,  non loin de la capitale mondiale du Ploussard, Pupillin…

Une visite chez Michel Gahier est à l’image de ses vins: unique et inoubliable. Nous sommes passés le voir au moment du fameux salon « Le Nez dans le Vert » (auquel il ne participe pas…) et la visite nous a marqués au point de vouloir vous en parler plusieurs mois plus tard. Il y a globalement deux types de visites: celles qui vous confortent dans vos convictions et celles qui bousculent vos connaissances patiemment et laborieusement acquises. La visite chez Michel fait partie de la seconde catégorie. Nous conseillons d’ailleurs aux jeunes sommeliers en herbe de lui rendre visite en oubliant leurs certitudes  car une fois la porte franchie et la dégustation terminée on repart avec les idées bousculées. Pour un œnologue « orthodoxe » le vins de Michel Gahier confinent à l’hérésie. Le vigneron  nous a raconté ses débuts pour le moins difficiles  à l’époque où le restaurateur Jean-Paul Jeunet (deux macarons Michelin à Arbois)  l’encourageait alors qu’il était confronté à l’hostilité de ses confrères et de la plupart des consommateurs. Être vigneron « nature » dans les années 80 nécessitait une sacré dose de détermination et d’entêtement dans  un monde de vins boisés, chaptalisés et sulfités.

Aujourd’hui les amateurs sont sensibilisés à la dégustation de vins naturels. Et pourtant… Combien de dégustateurs pourront vous dire  qu’un vin jeune possédant un niveau d’acidité volatile important n’est pas forcément problématique. Pour illustrer ses propos Miche Gahier nous sert un Chardonnay « La Fauquette » 1992, un superbe vin doté d’une ampleur et d’une fraîcheur sidérantes. Le niveau d’acidité volatile de ce vin était à 2 grammes (les vins jugés « normaux » dépassant rarement 0.7 grammes…). Tant vous dire que le vin devait posséder un tranchant et une acidité peu communs. Selon le vigneron l’acidité volatile est « digérée » par le vin si celui-ci possède la matière pour le faire, cette acidité permettant au vin de défier le temps. A la dégustation ce vin possède un incroyable tension et une acidité donnant  l’impression qu’il est indestructible.  La cuvée « Fauquette » sous voile de 2011 confirme cette analyse: une incroyable fraîcheur et l’impression que le vin pourra tenir cent ans. Nous avons même eu la chance de goûter son « petit » Chardonnay, la cuvée « Les Folasses » en 1989: un vin d’une jeunesse inouïe!

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Sans aller jusqu’à dire que Michel Gahier est le M. Jourdain du vin naturel, son discours sur la viticulture est d’une simplicité biblique. Il ne fait pas du « bio » pour être dans le vent mais parce qu’il a toujours ressenti le besoin de respecter la nature… et l’homme. A titre d’exemple il utilise 500 grammes de cuivre par hectare et par an alors que la règlementation bio autorise 6 kg par hectare (sur une moyenne de 5 ans, pour tenir compte des pressions parasitaires…). En parlant de la relève dans toutes les régions et de la mode des vins « nature », il conseille aux jeunes vignerons qui reprennent des exploitations conduites en mode chimique de sulfiter légèrement leurs vins au début car la population levurienne des vignes ayant été éradiquée, le vin n’a pas l’étoffe pour se protéger en bouteille contre d’éventuels problèmes ou maladies.

Michel Gahier considère que ses rouges à base de Trousseau peuvent voyager aussi loin dans le temps. Bien avant la dégustation au domaine l’équipe de Mi-Fugue avait bu un Trousseau 2008 Les Grands vergers,  un vin d’une rare finesse dans un millésime réputé compliqué (car froid et humide). Les vins rouges du domaines sont généralement plus abordables dans leur jeunesse (même si la dégustation d’un blanc récent ne nous fait pas peur…). Que ce soit la petite cuvée de la vigne du Louis ou les « Grands Vergers », le Trousseau de Michel Gahier est fin, délicat, épicé et gourmand. Pour finir cette très belle dégustation, Michel nous a servi un verre de Trousseau « Les Grands Vergers » 2015 toujours en foudres. Le village mérite amplement la réputation de capitale mondiale du Trousseau et Michel Gahier est le plus noble ambassadeur du Trousseau dont on puisse rêver.

Michel possède très peu de vignes de Savagnin, qu’il utilise uniquement pour produire un vin jaune, et notamment un 2007 à base de Savagnin jaune et vert qui durera certainement plus longtemps que les contributions…

Les vins de cet incroyable domaine seront disponibles chez Mi-Fugue Mi-Raisin fin octobre.

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Horaires d’été 2016…

Mi-Fugue Mi-Raisin vous  souhaite un très bel été, chaud, agréable et (pas trop) sec.

Pour les « juillettistes » et autres courageux qui restent à Paris en août, nous vous rappelons nos horaires du 1er au 22 août inclus:

Lundi: fermé

Du mardi au samedi: 10h30 à 13h15    puis    16h30 à 20h30

Dimanche: 10h30 à 13h15

 

IMPORTANT!: Mi-Fugue Mi-Raisin  sera fermé du samedi 13 au mardi 16 inclus.

Bonnes vacances!!

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Badoulin Pinot Noir 2014: le grand Pinot du Puy de Dôme

Par une soirée fraîche de juillet nous n’avons pas pu résister à la tentation d’ouvrir une bouteille de Pinot Noir 2014 de Stéphan Elzière. Les lecteurs de ce blog connaissent ce jeune vigneron du Puy de Dôme aussi sympathique que doué (si l’article a échappé à votre vigilance, cliquez ici).

Stéphan Elzière est un exemple vivant du vigneron autodidacte. Il n’a suivi aucune formation… juste son intuition qui lui disait de vinifier le plus naturellement et simplement possible. Comme quoi nous ne sommes pas tous égaux face à un domaine aussi complexe que la vinification!

La parcelle de Pinot Noir située à 500 mètres d’altitudes s’étend sur 30 ares… ou 3000 mètres carrés si vous préférez.  D’ailleurs à la dégustation on est bien content que tout Paris ne coure pas après les vins de Stéphan Elzière. En plus d’être minuscule, la parcelle est atypique des sols d’Auvergne. Elle est composée de dépôts d’argiles recouverts d’une couche de sables limoneux, avec des granites et des gneiss. Un sol particulier qui confère au vin une grande finesse.

Après l’incroyable Pinot Noir de 2013 (que le vigneron trouvait trop léger mais que nous trouvions trop buvable…), nous appréhendions la dégustation du millésime 2014, réputé plus dense. La gageure consistait à vinifier un millésime plus concentré tout en gardant la délicatesse et l’élégance du Pinot Noir. Stéphan a réussi ce tour de force car le 2014 possède ce côté tout aussi « dangereusement buvable » que le 2013 mais avec plus de fond et de complexité.

Pourtant Stéphan ne vinifie pas ses vins en macération carbonique, un procédé permettant d’obtenir des vins légers et fruités. Au contraire, la récolte est éraflée (sauf le fond de cuve) et les macérations sont longues (un mois pour le 2014) avec  la un pigeage le matin et un remontage le soir pendant la dernière semaine. Dans ces conditions on s’attendrait à un Pinot Noir puissant et concentré. C’est pourtant le contraire. A l’ouverture le vin libère des arômes légèrement fumés avec les notes de kirsch tant recherchées par les amateurs de Pinot Noir. Le vin a possède un fruit incroyable tout en ayant une « mâche » que n’ont pas (ou rarement!) les « carbo ». Même si l’on reconnaît immédiatement le Pinot Noir, on devine aisément que le vin n’est pas un Bourgogne. La bouteille fut servie « à l’aveugle » à des amis. La plupart des convives sont partis sur un Pinot Noir d’Alsace (car quand un amateur reconnaît un Pinot Noir atypique de la Bourgogne, il le place « par défaut » en Alsace). Bref, tout en ayant ce côté Pinot que nous aimons tant, le Badoulin 2014 a son caractère à lui, à la fois unique et attachant.

Le Pinot Noir 2014 de Stéphan Elzière est une superbe réussite et au prix d’à peine deux bouteilles de Mouton Cadet, un de nos vins préférés.

Longue vie à Badoulin!…

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« Cordeloux » 2012 de Pierre Bénetière: le fleuron de la Côte Rôtie

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Certains jours appellent une grande bouteille. La météo capricieuse ayant laissé un moment de répit aux parisiens, l’air doux et la brise d’été nous a incités à ouvrir une belle bouteille, peut-être la dernière avant les chaleurs estivales (quoique…). Nous avons donc décidé d’ouvrir une Côte Rôtie 2012 « Cordeloux » de Pierre Bénetière, vigneron que nous suivons depuis l’ouverture de Mi-Fugue Mi-Raisin, il y a dix ans…déjà.

Nous étions allés à la rencontre de Pierre Bénetière en 2007. Ses vignes nous avaient impressionnés. Il cultivait à l’époque trois hectares (1.5 en Côte Rôtie et 1.5 en Condrieu) surplombant le Rhône. Le site est époustouflant… et la mécanisation impossible. Les vignes en terrasse demandent un effort de travail surhumain et une lutte perpétuelle pour maintenir la structure des murets (appelés « cheys ») sur ces coteaux pentus.

Les vignobles de Côte Rôtie et de Condrieu sont bénis des dieux : la vallée du Rhône septentrionale est dirigée du nord au sud, sauf entre Vienne et Condrieu où la faille prend une direction nord-est sud-ouest. Le vignoble situé sur la rive droite est orienté sud-est et bénéficie donc d’un ensoleillement idéal. Les sols granitiques font le reste pour produire des vins d’une grande finesse et complexité… du moins en principe car la plupart des vins ne sont pas à la hauteur de ce fabuleux terroir. Il faut dire que la tentation de rivaliser avec les « grands » vins de Bordeaux est omniprésente. On retrouve souvent des vins boisés, dilués et sans âme.

Les lecteurs attentifs auront bien noté que Pierre Bénetière s’occupait de trois hectares. Depuis peu il s’est séparé de sa vigne de Condrieu, n’ayant plus que 1.5 hectares de rouge. Il s’agit donc d’un micro-domaine employant deux personnes à temps plein ! Pierre Bénetière ne laisse rien au hasard. Il commercialise ses vins au meilleur moment, et vous vous imaginez que peu de domaines de Côte Rôtie pensent à mettre leur 2013 en bouteilles en juin 2016 ! Il travaille en bio depuis 2003 mais n’est pas certifié car il préfère être dans ses vignes plutôt que de s’enquiquiner avec les organismes divers et variés.

Venons-en au vin. Nos lecteurs savent que nous ne sommes pas dithyrambiques pour des raisons commerciales, ce blog étant un relai de passionnés. Pour le dire sans détour, cela faisait plusieurs mois que nous n’avions pas bu un vin rouge aussi soyeux, élégant, fin et complexe. Dès les premières gorgées ce vin suscite une émotion incroyable. L’ensemble des convives a vite compris qu’il s’agissait d’une bouteille exceptionnelle que l’amateur ne boit pas tous les quatre matins. Comme tous les grands vins, il n’a cessé d’évoluer pendant les deux heures (malheureusement trop courtes) de dégustation. A l’ouverture, il présentait un nez et une bouche de « suie », semblable à certains Cornas, mais avec une structure plus fine. A l’aveugle, certains sont partis directement sur la Syrah alors que d’autres étaient du côté d’un Grand Cru de Bourgogne. Cela dit, même si l’aromatique n’est pas celle d’un Pinot Noir, nous sommes bel et bien sur le toucher de bouche et le soyeux d’un (très !) grand Bourgogne.

Après une heure certains convives percevaient le côté minéral, « caillouteux » digne d’un grand blanc alors que d’autres restaient sur la texture veloutée d’une grande Syrah. Ce vin est un exemple vivant de « prise directe avec le terroir » et l’illustration parfaite de l’acharnement d’un vigneron à respecter et magnifier le terroir.

Certains amateurs nous reprocheront notre enthousiasme face à un vin si « jeune ». Le millésime 2012 fait partie de ces années où la fraîcheur et le finesse dominent le vin, permettant une dégustation « précoce », mais la trame laisse présager au moins deux décennies de plaisir. Nous sommes persuadés que quelques années supplémentaires feront ressortir les arômes tertiaires de ce vin, et réservera pas mal de surprises aux amateurs de « dégustations à l’aveugle ».

Vous l’aurez compris, nous sommes dingues de ce vin et pour le prix de six bouteilles de Mouton Cadet nous sommes sans voix face à une Syrah que nous mettons sur un pied d’égalité avec les Cornas de Thierry Allemand et la Sainte Epine d’Hervé Souhaut.

Un grand merci Pierre Bénetière pour cette incroyable émotion !!

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L’ éternel débat sur les vins de Richard Leroy: tout est question de curseur…

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Un article récent (numéro du mois de mai) paru dans la Revue des Vins de France  sur les vins du domaine Richard Leroy ainsi qu’une polémique qui n’arrête pas d’enfler sur un fameux forum de passionnés nous a incités à mettre notre grain de sel… même si nous sommes conscients que nous n’allons pas mettre un terme au débat qui fait rage autour des vins « natures » en général et ceux de de Richard Leroy en particulier.

La critique qui a fait le tour de la planète est celle relatée par Etienne Davodeau et Richard Leroy dans la fameuse bande dessinée « Les Ignorants« . Les lecteurs se souviennent certainement du passage du critique américain  de la revue de Robert Parker  qui grommelait dans son dictaphone. Richard et Etienne ont fini par savoir que le critique trouvait les vins trop oxydés.

Voici une liste non exhaustive de « qualités » des vins de Richard Leroy glanées dans les revues et sur la toile: oxydés, réduits (le contraire d’oxydé), acidité volatile trop importante, trop boisés, trop secs (le journaliste de la RVF se plaignant de l’épique époque des liquoreux…), pétillants, maigres, trop sulfités  (même sur les derniers millésimes!), courts en bouche, arômes tirant sur le végétal, nez et bouche de pétard mouillé…

Nous avouons pour notre part notre perplexité face à de telles épithètes censées décrire un des plus grands vins blancs de France (et soyons chauvins: du monde).

Les lecteurs de ce blog savent dans quel camp nous nous situons. Loin de nous l’idée de prosélytisme car si tout le monde encensait les vins de Richard, ses malheureux 2,7 hectares ne suffiraient pas, déjà que la situation est plus que tendue…  On aurait pu choisir les vins de Fanfan Ganevat, le domaine Overnoy-Houillon, Benoît Courault ou d’autres vignerons talentueux pour servir nos propos, mais curieusement les vins de Richard semblent l’emporter au niveau de la vigueur des débats. Ils nous rappellent dans une certaine mesure le mariage pour tous: ils chauffent la tête (au sens figuré!) et déchaînent les passions.

Alors les vins de Richard sont-ils vraiment trop oxydés, trop réduits, trop boisés…? Même si la dégustation reste une véritable expérience esthétique et donc éminemment subjective, tout dépend in fine  du « bagage personnel » du dégustateur. En d’autres termes on n’apprécie pas de la même façon un vin de Richard Leroy si on a l’habitude de boire des Overnoy, Ganevat, Meyer, ou si l’on l’on apprécie les vins de Coche-Dury, Raveneau ou Ramonet. Ce qui est frappant dans ce débat autour du « goût personnel » est la dimension occultée du travail à la vigne. Lorsque le vigneron s’engage à ne plus mettre de pesticides et à réduire les doses de cuivre à la vigne, il recherche une qualité de raisin lui permettant de poursuivre la même démarche au chai. Nous avouons ne pas comprendre les rares vignerons qui s’échinent à travailler leur vignoble pour ensuite jouer aux apprentis chimistes au chai… Richard Leroy résume ceci par une jolie formule: « il y a quand même une vérité à la vigne »… censée se retrouver dans le verre.

Reprenons rapidement les principaux défauts reprochés aux vins de Richard Leroy.

1. Ils sont oxydés. Oui, ils le seront forcément pour le critique américain de Robert Parker qui a l’habitude de boire des vins ayant vu entre 50 et 150 milligrammes de SO2, le SO2 jouant le rôle d’antioxydant et antioxydasique. Nous avons déjà bu des vins chez Richard ouverts une semaine auparavant. La couleur était limpide et le vin n’avait aucun arôme de « mine de crayon ». Évidemment, si vous faites subir le même traitement à un vin naturel issu de raisin plus « approximatifs » vous aurez un vin marron aux arômes de graphite ou de cidre…

Un Noëls 2013 après une semaine d’ouverture: couleur limpide et aucun goût de « mine de crayon »…

 

2. L’acidité volatile est trop élevée. Là aussi, tout dépend de votre expérience gustative. Dans les vins « traditionnels » le taux est généralement inférieur à 0,4 grammes par litre de H2SO4, et la vente est interdite au-dessus de 0,9 g par litre… Dans les vins sans SO2 ajouté l’acidité volatile est en général plus élevée. Chez Richard Leroy le taux reste bas (moins de 0.7 grammes par litre). Une visite récente chez Michel Gahier dans le Jura nous a convaincu que l’acidité volatile élevée n’était pas si problématique à terme. Nous avons en effet goûté un Chardonnay 1989 qui avait au départ 2 grammes par litre d’acidité volatile. Le vin possédait une structure et une fraîcheur impressionnante sans l’impression désagréable de « colle scotch » liée à la volatile. Michel Gahier est formel: lorsque le vin a les épaules pour traverser plusieurs décennies il finit par digérer l’acidité volatile qui donne une fraîcheur au vin que vous n’auriez pas sans cette acidité. Si vous n’êtes pas convaincu(e) par ce raisonnement et que vous possédez des bouteilles de vin jaune du domaine Overnoy, vendez-les car le niveau d’acidité volatile risque de vous effrayer…

3. Nez et bouche de réduction. Nous avons constaté que beaucoup de passionnés se plaignaient de ce genre de défaut sur les vins de Richard: odeur d’écurie, de pétard mouillé, d’œuf… Personnellement nous n’avons jamais été confrontés à un vin du domaine ayant ce caractère après une aération adéquate. Pour nous il s’agit de l’éternel problème des dégustations « à la chaîne ». Si vous dégustez une dizaine de vins dans une soirée, vous aurez toutes les chances de passer à côté des vins du domaine Richard Leroy car ces vins nécessitent du temps. Il faut savoir les « accompagner » le long d’un repas ou d’une soirée. La dégustation « éclair » d’un tel vin mis au milieu d’autres ne donnera aucun « résultat » de dégustation… ni aucun plaisir. Par ailleurs, la réduction est un gage de vieillissement du vin. Si ces arômes finissent par partir au bout de plusieurs heures, soyez rassurés car c’est un gage de vieillissement… D’ailleurs Richard Leroy le dit bien à propos de ses vins: boire un Noëls de Montbenault avant 5 à 6 ans est un infanticide.

Au-delà des critiques (souvent contradictoires) l’impression que nous avons  est celle de vins libres, fascinants, complexes et très digestes. Nous pensons même qu’un vin sans aucun défaut est un vin mort. Il s’agit souvent de vins trafiqués pour obtenir les résultats les plus lisses possibles et finalement un vin sans relief ne suscitant aucune passion. Les vins naturels ont souvent les qualités de leurs défauts: l’acidité volatile est un exhausteur de goût et l’autolyse des levures apporte de la complexité et du gras au vin.

En buvant un vin de Richard Leroy nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à Picasso qui disait que dans les arts premiers la somme des imperfections aboutissait à une œuvre géniale. Les vins de Richard ne sont pas parfaits? soit, mais ils sont géniaux!

Pour Richard tout est une question de travail à la vigne

 

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Balade dans le vignoble angevin… sur fond de gel.

     

Au cas où vous n’auriez pas suivi l’actualité viticole, 2016 sera un millésime épouvantable pour bon nombre de vignerons… et de buveurs. Le gel a sévi entre le 21 et 28 avril, ravageant le vignoble de l’ouest de la Loire au Jura en passant par la Bourgogne. Cet épisode n’a épargné aucun vignoble: Jasnières, le Muscadet, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Chinon, Saumur,  Menetou-Salon, Beaune, la Côte de Nuits… Au moins de ce côté il n’y aura pas de jaloux. Dire que les vignerons commençaient juste à respirer avec 2014 et 2015, deux millésimes qualitativement et quantitativement corrects. Statistiquement le gel frappe tous les huit ans en moyenne et justement le dernier épisode en Anjou date de 2008. Bref, le gel fait partie des plaies naturelles que le vigneron supporte avec plus ou moins de résignation, sachant qu’une assurance annuelle  contre ce type de catastrophe finit par coûter plus cher qu’une récolte « rectifiée » périodiquement.

La visite de Mi-Fugue Mi-Raisin dans le vignoble angevin ne tombait donc pas au meilleur moment, mais discuter avec les amis-vignerons permet de leur remonter le moral (au moins pour quelques heures!) et de parler des deux jolis millésimes qui seront mis en bouteilles avant les vaches maigres de 2016.

La visite a commencé chez Richard Leroy, dont la vigne des Rouliers a été particulièrement affectée (3 barriques selon Richard au lieu d’une bonne quinzaine!) et celle des Noëls de Montbenault  moins touchée car située sur une bute permettant une meilleure circulation de l’air.

Pour ceux qui n’ont jamais été confronté au gel une brève explication s’impose. Le gel est particulièrement redouté en avril-mai lors du débourrement de la vigne (lorsque les bourgeons sortent). A ce moment la plante est active et la sève circule afin de nourrir les bourgeons. Lors d’un épisode de gel e nerf de la guerre est l’humidité. Pour peu qu’il pleuve la veille ou que le vigneron ait retourné sa terre (erreur fatale faisant remonter l’humidité à la surface) la récolte peut être totalement compromise. C’est la combinaison du gel et du soleil qui est redoutable. Le fait que le bourgeon soit pris dans une gangue de gel n’est pas si grave. Les lecteurs qui se souviennent  de leurs cours de physique (!) savent qu’en thermodynamique  la formation de gel dégage de la chaleur qui protège le bourgeon. C’est la raison pour laquelle certains vignerons arrosent leur vignoble jusqu’au matin pour créer de la chaleur.  L’affaire se gâte lorsque le gel agit comme une loupe sur le bourgeon,  permettant aux rayons du soleil de brûler les jeunes pousses. Vous obtenez ce que Richard Leroy appelle « la feuille de cigarette »: sur les feuilles en formation le bord est noir et dur avec le centre du bourgeon gris et fané.

    

En se promenant dans ses vignes Richard a pu constaté les dégâts: au-delà d’une récolte compromise certains vieux pieds devront être arrachés car lorsque la vigne est vieille le gel la contraint à puiser davantage de sève pour sauver ce qu’elle peut, ce qui l’épuise et la pousse à déclarer forfait. Vous l’aurez compris, l’étendue des dégâts ne se juge pas le lendemain matin mais sur plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Pour nous remonter le moral nous nous sommes dirigés vers le chai pour goûter ce qui pourra être picolé sans crainte d’ici 2016: les 2014 prêts à être mis en bouteilles (depuis la mise a été faite les 2 et 3 mai) et les 2015 en élevage. Richard a préféré filtrer légèrement Les Rouliers 2014 pour éviter tout problème en bouteille. La filtration a légèrement « serré » le vin, mais pour l’avoir goûté juste avant nous sommes persuadés que le vin sera à la hauteur du millésime: une tension et une pureté de folie! Quant aux Noëls de Montbenault ils seront mis en bouteilles tel quels et feront partie à notre avis des plus grands Noëls du domaine et donc des très grands vins blancs de France. Le millésime 2015 goûté sur fûts est à la fois riche et tendu et fera  aussi partie des très beaux millésimes du domaine.

Nous nous sommes ensuite rendus avec Richard Leroy chez son ami-voisin Dominique Dufour que nous avions rencontré il y a quelques années chez Mi-Fugue Mi-Raisin. Dominique,natif de Rablay-sur-Layon, a quitté sa région pour travailler dans l’aéronautique. Pour sa retraite il a récupéré les vignes de ses parents et travaille avec acharnement une parcelle de 70 ares baptisée « les Aussigouins » (l’autre moitié de la parcelle est louée à Mai et Kenji Hodgson qui en font leur belle cuvée « les Aussigouins »).

Le résultat est à la hauteur de l’énergie qu’il met à travailler sa parcelle: la cuvée « Expecto…R » est un Chenin sec d’une incroyable pureté et d’une finesse à se damner. Un très grand Chenin et un coup de maître pour un premier millésime! On pourrait se dire qu’il s’agit de la chance de débutant, mais la dégustation de son moelleux « Nectar d’Empyrée » confirme le talent de Dominique: il s’agit d’un moelleux d’une grande finesse, équilibré par une belle acidité qui le rend digeste et gourmand. Chez Mi-Fugue nous ne sommes pas des fous de sucre, mais là, on en boirait volontiers! Inutile de vous dire qu’avec 400 bouteilles de sec et 200 bouteilles de moelleux, Dominique ne compte pas inonder le marché. Les 2015 en élevage (6 barriques!) sont à la hauteur des 2014 avec des vins fins, précis et élégants… Et dire qu’à propos des vins d’Anjou certains journalistes parlent de « tragédie du Chenin »!

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Le lendemain nous avons payé une visite à Baptiste Cousin (le fils d’Olivier) qui s’est mis à son compte en 2012 et qui vinifie aujourd’hui l’intégralité de ses cuvées sans ajout de SO2. Tous les vignerons du coins vous le diront: Baptiste est un bosseur qui passe le plus clair de son temps dans ses vignes (3.5 hectares). Cela lui permet de rentrer des raisins d’une qualité irréprochable et de vinifier sans ajout de sulfites. Après une visite de ses vignes (la fierté de tout vigneron qui se respecte!), direction la cave où nous avons goûté des Grolleau fins et fruités, un Pinot Noir (cuvée Bandidid’Os, confidentielle!) d’une grande finesse, un superbe Chenin  macéré quelques jours (Baptiste raconte l’anecdote de son pressoir qui est tombé en panne et qui lui a valu une macération « accidentelle » qu’il reproduit à chaque millésime pour sa cuvée « Pied! ») et un Gamay qui peut rivaliser avec un paquet de beaujos (cuvée Dynamitage).

Après un très bon moment passé en compagnie de Baptiste nous sommes repartis ravis en nous disant que la relève était assurée et qu’un domaine n’utilisant pas un seul milligramme de SO2 pouvait élaborer des cuvées d’une grande précision aromatique et d’une très grande buvabilité!

Le lendemain nous nous sommes rendus chez Stéphane Rocher (la ferme de Montbenault), jeune vigneron rescapé du marketing (il a dirigé la campagne « cinq fruits et légumes par jour »). A la vue de son vignoble et son moral en berne on se demande s’il ne regrette pas le bon vieux temps du marketing. En tout cas nous ne le regrettons pas car après une heure dans le vignoble à constater les dégâts, nous avons dégusté quelques vins et notamment sa cuvée « Les Mûriers », un  Grolleau – Cabernet Franc fruité et gourmand. Stéphane est un des rares vignerons du coin à produire un blanc de noirs à base de Cabernet Franc, la cuvée « K blanc », ample et fruitée. Un très beau vin de gastronomie. Sa cuvée « Lemon tree » est un Chenin avec 20 mg de sucre résiduel (donc peu sucré…) idéal pour l’apéritif. Nous vous en parlerons davantage lors d’un prochain billet…

Nous avons terminé la journée chez Pierre Ménard, un jeune vigneron qui a repris un demi hectare à ses parents (qui en possèdent 25). Facile de faire bon sur un petit lopin, me direz-vous! Mais Pierre est comme toutes ces âmes bien nées qui n’attendent point le nombre des années: il a des idées précises sur ce qu’il veut faire, où et comment. Il a pas mal bourlingué et connaît tous ses voisins qui « font bon », même ceux à une centaine de kilomètres. Bref, Pierre Ménard est un jeune vigneron humble, curieux, exigeant et qui ne souhaite pas brûler les étapes. Au chai nous avons dégusté les trois cuvées du domaine (ce qui est déjà pas mal pour 50 ares!). La cuvée « Laika », un sauvignon sur schistes, tendu, fin et minéral qui dérouterait plus d’un amateur de sauvignon. La cuvée de Chenin est plus riche et exigera de la patience pour s’exprimer, mais le vin est plus que prometteur. Quant à son coteau du Layon « Cosmos », il joue dans la même catégorie que le moelleux du Dominique Dufour…

 

Nous avons aussi rendu visite à Clément Baraut, ZE vigneron de Savennières que nous ne présentons plus et Adrien Mello, un jeune vigneron installé à Saint-Aubin-de-Luigné qui commercialise son premier millésime… prometteur. Nous vous en reparlerons… mais nous ne pouvions terminer ce billet sans mentionner les portes ouvertes de Bruno Rochard, un moment de convivialité mêlant dégustation, spectacles et musique…

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Une Dégustation des vins de Michel Autran chez Mi-Fugue Mi-Raisin…

      

Le vendredi 8 avril Mi-Fugue Mi-Raisin a reçu Michel Autran, vigneron à Vouvray, pour une dégustation et accessoirement pour aider les clients et amis à finir leur semaine en beauté.

Michel Autran est un vigneron « pas comme les autres ». Plus précisément il est néo-vigneron. Pour ceux qui ne sont pas dans le vent, un néo-vigneron est une personne qui abandonne son métier et qui se lance par passion dans le (dur!) métier de vigneron. Michel était médecin généraliste mais l’appel de la terre l’a incité à rendre son caducée et à s’installer sur un demi hectare en 2011 (avec en complément un travail de saisonnier chez les « bons »: Vincent Carême, Les Jousset, Frantz Saumon…) puis 3,8 hectares en 2013. Être néo-vigneron présente plusieurs avantages: on n’est pas formaté par les pratiques de papa et on a forcément envie de se surpasser.

Les clients qui se sont rendus à la dégustation venaient pour la plupart découvrir le personnage et les vins. Michel Autran est de nature plutôt discrète et l’on sent dans l’explication de sa démarche un mélange d’humilité et de conviction… car il est convaincu que le travail de la terre et de la vigne se retrouvent immanquablement dans le verre.

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Michel présentait ce soir-là quatre cuvées: deux blancs secs « tranquilles » et deux pétillants.

Les deux cuvées de blanc illustrent merveilleusement l’équivalence entre le « terroir » et la personnalité du vin. La cuvée « Les Enfers Tranquilles » est issue d’un sol d’argiles à silex avec des argiles plus granuleux alors que la cuvée « Ciel Rouge » provient de sols argilo-calcaires avec des argiles plus fines et « boueuses » comme l’argile de poterie. Dans le premier cas (majorité de silex) le sol est plus poreux et plus réactif aux différences thermiques. Il en résulte une vigne plus « nerveuse » alors que dans le cas de « Ciel Rouge » l’argile fine offre une plus grande inertie et la vigne est plus stable et moins vigoureuse. Résultat des courses: la première cuvée est plus légère et plus vive avec de jolies notes citronnées, alors que la cuvée « Ciel Rouge » est plus ample et demandera plus de temps pour se dévoiler. Cette dégustation fut donc révélatrice de la « prise directe » entre un vin et le sol… à condition bien entendu de travailler les sols et de respecter la matière première au chai.

Pour le travail au chai, Michel n’a pas adopté de méthode révolutionnaire: les fermentations démarrent en cuve puis l’entonnage se fait rapidement et deux mois avant la mise en bouteilles le vin est remis en cuve. Aucun ajout se fait à part une dose homéopathique de SO2 indétectable aux analyses (et en tout cas au palais!).

Quant à son pétillant naturel de Chenin « Cap à l’Ouest », il a passé 18 mois sur lattes  puis six mois de bouchon pour un vin tout en finesse (et en bon pet’ nat’ qui se respecte il n’a pas vu un seul milligramme de SO2). Le dernier vin dégusté, « Arrête-toi à Kerguelen… » porte le nom de la commune de Belle-Ile-en-Mer où Michel organisait un festival de jazz. Il s’agit d’un pétillant à base de Gamay (80%) et de Chenin, un vin frais et gourmand qui nous a permis de nous rincer la bouche et de nous remettre des émotions d’une belle dégustation…

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Le Nez dans le Vert 2016…et de six!

   

Ceux qui suivent ce blog depuis quelques années le savent: l’équipe de Mi-Fugue Mi-Raisin ne raterait pour rien au monde un salon réunissant le gratin des vignerons jurassiens. En jurassophiles impénitents nous nous devions donc de vous relater la sixième édition du Nez dans le Vert qui a eu lieu au château de Gevingey.

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Voici donc six bonnes raisons pour ne pas rater le sixième Nez dans le Vert:

1. Les jurassiens ont le chic de choisir des sites à la hauteur de leurs vins: le domaine de la Pinte (les années paires) et le château de Gevingey (vous l’aurez deviné, les années impaires)

2. Ces mêmes vignerons ont aussi le chic de démocratiser le vin: le salon est ouvert aux particuliers le dimanche et aux professionnels le lundi. Les particuliers peuvent même faire leurs emplettes sur place… Mais ne rêvez pas: les « stars » (Overnoy-Houillon, Ganevat, Kenjiro Kagami…) n’ont aucune quille à vendre.

3. Les vignerons se mettent en quatre pour vous faire découvrir leurs nectars. Après la pénurie de ces dernières années (et c’est une litote!), nous apprécions particulièrement la  dégustation d’un Savagnin 2012 d’Anne et Manu Houillon, d’une complexité et d’une profondeur inouïes; une « sonorité du vent »  2013, un Chardonnay sur graviers de Kenjiro Kagami (domaine des Miroirs) d’une pureté et d’un équilibre époustouflants; un Pinot Noir 2014 de Fanfan Ganevat d’une finesse à faire pâlir un paquet de Bourgognes ou un Chardo « En Chalasses » des Labet, ciselé et d’une incroyable ampleur.

4. Ce salon permet de découvrir les jeunes talents de la région. La relève est assurée, notamment grâce à Loreline Laborde (les Granges Paquenesses) qui faisait goûter un Chardonnay 2013, fin et délicat ainsi qu’un superbe savagnin 2014 oxydatif. Julien Mareschal (domaine de la Borde) proposait un Chardo 2015 tiré sur fûts, frais et floral. Le savagnin « Croix Sarrant » 2015 de Céline et Steve Gormally (les Dolomies) d’une grande finesse laisse présager une bien belle bouteille. Le Chardonnay « les Ammonites » de Peggy et Jean Pascal Buronfosse rond et gourmand nous a laissé une belle impression. Pour finir la dégustation, rien de tel qu’une bulle de Fabrice et Valérie Closset (Champ Divin) pour vous refaire le palais, un 100% Chardonnay aux jolies notes citronnées. Bien évidemment il ne faut pas oublier les superbes vins d’Etienne Thiébaud (un très joli Ploussard 2015), le très joli Chardo 2015 de Jean-Baptiste Menigoz (les Bottes Rouges) et « le Ratapoil » de Raphaël Monnier, un joyeux mélange de cépages « oubliés » de la région qui donnent un vin épicé et gourmand.

5. Pour vous remettre de vos émotions gustatives vous pourrez vous restaurer sur place. Les organisateurs ont fait appel à un restaurant arboisien, La Balance, qui mitonne avec amour un plat chaud et un dessert qui vous requinqueront. L’ambiance est fort sympathique car vous vous retrouverez forcément à table avec un vigneron qui vous offrira un verre…au cas où vous auriez encore soif.

6. Si vous n’êtes pas motorisé(e) une  navette est disponible entre la gare de Lons-le-Saunier et le château de Gevingey. Si vous l’êtes, n’oubliez pas de vous aérer les bronches en profitant d’un des plus beaux coins de France, le pays du Revermont.

Vivement la septième édition!!

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Le vin de tous les paradoxes: le Pinot Noir « Bildstoecklé » 2003 de Bruno Schueller

Mi-Fugue Mi-Raisin a décidé d’exhumer quelques bouteilles de Pinot Noir « Bildstoecklé » 2003 de Bruno Schueller. Nous avons volontairement laissé dormir quelques bouteilles dans une cave fraîche car à l’époque au domaine nous avions été subjugués par l’ampleur et la puissance de ce vin.

Les amateurs le savent, le vin est une boisson à la fois mystérieuse et capricieuse, ce qui fait son charme. Nous n’y reviendrions pas s’il nous offrait toujours les mêmes sensations. C’est qui nous fait dire que la dégustation est une véritable expérience esthétique: le vin que nous aimons, le vrai, le bon, le « pas trafiqué » présente forcément des « aspérités »; il nous raconte une histoire différente à chaque gorgée et nous pousse dans nos retranchements…

Foin de nos considérations générales et revenons à nos bouteilles. Pourquoi le Bildstoecklé 2003 de Bruno Schueller cultive-t-il le paradoxe?

Rappelez-vous l’année 2003, l’Année caniculaire par excellence. Les passionnés savent qu’un cépage délicat tel que le Pinot Noir ne supporte pas la chaleur. Ces mêmes passionnés ne donneraient pas cher d’un vin issu d’une région où les températures ont taquiné les 41 degrés (Colmar)… et encore moins si on leur disait que le vin était issu d’un terroir exposé plein sud.

Il est vrai qu’à l’époque le vin nous en avait mis plein le gosier avec ses 13.5 degrés d’alcool et sa couleur rubis (très!) profond. Mais nous sentions derrière cette masse tannique une belle fraîcheur nous titiller le palais. Était-ce suffisant pour garantir un avenir « buvable » au vin? Nous avions donc pris le « risque » d’en encaver et de l’attendre.

Inutile de vous dire que si nous prenons quelques minutes de votre temps précieux, ce n’est pas pour vous dire que le vin est cuit et qu’il n’y a rien à en tirer à part une bonne sauce. Ce Pinot présente toujours une robe profonde avec une très légère teinte brune qui marque une évolution du vin. La fraîcheur et la minéralité que l’on devinait à l’époque sont bel et bien présents. Le vin possède même une incroyable acidité naturelle qui fait oublier le degré alcoolique et la matière. A l’ouverture on a même ce côté « kirsché » d’un très beau Pinot Noir. Au bout d’une demi-heure des arômes de  pruneau s’installent sans pour autant dominer le fruit. Les amateurs savent qu’un côté pruneau trop prononcé est signe d’une oxydation souvent gênante. Ici, rien de tout cela et au bout de trois heures aucune note de « mine de crayon » (oxydation prononcée) n’est apparue. Bien au contraire, à l’air le vin gagne en complexité et en « buvabilité ».

L’explication est fort simple. Le terroir du Bildstoecklé, situé à Obermorschwir, est cultivé depuis le XIème siècle par les moines de l’abbaye de Marbach. Or vous le savez bien, les moines ne laissaient rien au hasard. Ce terroir, à quelques encâblures de Husseresn-les-Châteaux,  village de Bruno Schueller, est constitué d’une couche de calcaire en surface et d’une épaisse couche d’argile en sous-sol. Or l’argile est bien connu comme régulateur hydrique et « rend » l’eau comme une éponge en cas de sécheresse… à condition de travailler la vigne et de l’inciter à aller chercher cette eau en profondeur.

Bruno Schueller a su le faire et ses blancs comme ses rouges font partie des très belles réussites dans un millésime pour le moins compliqué. La matière tannique et l’acidité naturelle du vin  ont merveilleusement conservé ce vin… et pour un prix à peine supérieur à deux bouteilles de Mouton Cadet, il s’agit sans doute d’un des meilleurs rapports qualité-prix-plaisir de la cave.

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Dive, Anonymes, Pénitentes et Greniers St Jean: édition 2016

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De retour après trois jours plutôt éprouvants (mais passionnants) l’équipe de Mi-Fugue Mi-Raisin a encore le gosier trempé, les pieds enflés et les oreilles qui bourdonnent de ce marathon qui s’est tenu du samedi  30 janvier au lundi 1er février. Et pour ceux qui voulaient pousser le vice jusqu’au bout il y avait le salon Demeter, la Levée de la Loire  et le (gigantesque) salon des vins de Loire…

Comme chaque année nous revenons enchantés de ce périple. On a en effet l’impression de vins de plus en plus maîtrisés (« sérieux » diraient certains) et d’une offre et une demande sans cesse croissantes. Et même si les vins « biodynamiques » ou « naturels » (peu importe l’étiquette!) ne constituent qu’une minuscule part du monde du vin, nous sommes contents de nous retrouver entre gaulois qui résistent face à l’envahisseur industriel.

Comme nous avons goûté énormément de belles choses (22 heures sur trois jours!) nous avons décidé de jouer à un jeu simple: prendre une feuille et en se donnant cinq minutes, noter tous les vins qui nous ont marqués (sans les notes de dégustation of course et sans tricher!)… histoire de ne pas « soûler » les lecteurs de ce blog.

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Aux Greniers St Jean, Richard Leroy nous a comblés avec des Rouliers et des Noëls de Monbenault 2014 halluciants de pureté et de finesse, disponibles en mai. Thomas Carsin (Le Clos de l’élu), un vigneron d’Anjou proposait notamment la belle cuvée Ephata, un Chenin sur schistes élevé un an en amphores. Autre belle découverte, les vins de Stéphane Rocher (La Ferme du Mont Benault, toujours en Anjou) avec un blanc de noirs (cabernet franc!) étonnant. Le Moque Souris 2014 de Bruno Rochard laisse présager un Chenin ample avec une belle minéralité. Les vins de Sébastien Poly (U Stiliccionu) sont toujours aussi fins et complexes avec une mention spéciale pour Sottu Scala, un vin vibrant et complexe. Paul Barre à Bordeaux (oui!) faisait goûter sa belle gamme de canons (…Fronsac!) et en particulier Le Chaudron vinifié dans un œuf couché. La cuvée Genèse 2004, un Chenin de Xavier Caillard (Les Jardins Esmeraldins) riche, complexe, légèrement oxydatif confirme le talent de ce vigneron hors norme. Dans le Rhône Jean Delobre (La ferme des Sept Lunes) nous a bluffés avec un Saint Joseph Les Premiers Quartiers 2013 d’une finesse à se damner et Michèle Aubéry (Gramenon) nous a titillé le palais avec la Mémé, d’une rare finesse.

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Aux Anonymes, Baptiste Cousin (le fils d’Olivier) proposait la cuvée Pied 2014 un superbe Chenin macéré quatre jours en grappes entières. Autre découverte de ce salon, les vins de Joseph Jefferies, un jeune vigneron languedocien hyper doué, avec une cuvée de Carignan en grappe entière baptisée Pierre de Sisyphe rouge, d’une (très) grande finesse! Hervé Ravera (domaine Le Grain de Sénevé) proposait deux cuvées dont le très joli Gamay Roue Libre au fruité envoûtant. Julien Peyras proposait en avant-première sa Gourmandise, un cinsault de printemps qui porte bien son nom. Le Moulin à Vent 2015 de Julie Balagny est plus que prometteur: vivement le printemps!

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A la Dive Bouteille il y avait pléthore de jolis vins et un peu comme au Louvre, il aurait fallu plus d’une journée pour tout couvrir… Reynald Héaulé (Orléanais) nous a régalés avec son rouge L’Insoumis 2011, un vin possédant à la fois une belle matière et une grande finesse. Tout était bon chez Christian Venier avec des Cabernet Francs (Les Cormiers) étonnants pour la région. Les vins d’Hervé Souhaut sont toujours aussi réguliers… et délicieux! Le Saint Joseph « Les Céssieux » est une très belle syrah de garde. Côté Jura, nous étions gâtés entre Etienne Thiébaud (Les Cavarodes) et sa superbe Ostrea Virgula, Fanfan Ganevat et son Chardonnay Grands Teppes Vieilles Vignes, juste vertigineux de finesse et Loreline Laborde (Les Granges Pâquenesses) « ze » vigneronne qui monte, et quand on goûte son Savagnin ouillé 2014, fin, élégant et gourmand,  on comprend pourquoi elle n’a pas une quille à vendre…Les Beaujolois étaient là en force avec Jean-Paul Thévenet (« Polpo ») et ses 2014, fruités, fins, souples et ultra-buvables! En 2014 Jean-Claude Lapalu réédite l’exploit de son grand Brouilly Le Rang du Merle 2012: un de nos coups de cœur en Gamay. Côté Bourgogne les vins de Fanny Sabre étaient aussi en forme que la vigneronne avec notamment un Pommard premier cru qui fait honneur au Pinot Noir. En Loire, Clément Baraut a sorti un Chenin avec un poil de sucre résiduel (« Herbes Douces« ) , limite dangereux! Sylvain Dittière confirme son statut de roi du Cabernet Franc et son Saumur 2013 Les Cormiers nous a subjugués: possédant la finesse d’un grand Pinot Noir il fait partie des plus belles émotions du week-end.

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Last but not least, une belle brochette de vignerons sévissait aux Pénitentes. Thomas Pico (Pattes Loup) présentait ses Chablis premiers crus avec un « Buteaux » à tomber de finesse et de précision. Que dire des vins d’Eric Pfifferling (l’Anglore)? Toujours aussi magiques, avec ce grain inimitable et cette texture soyeuse qui vous emporte au paradis. Merci Eric!

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Bon, voilà notre liste (non-exhaustive) pondue en cinq minutes. En écrivant ces lignes nous nous rendons compte que nous avons oublié  « Les Giunechiens » de Benoît Courault, Le Muenchberg 2013 de Patrick Meyer, les Champagnes de Manu Lassaigne et Vincent Laval… Autant d’émotions qui laissent présager une belle année bachique!

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Les vins de Florent Bejon…

   

Que ce qui ne connaissent pas les vins de  Florent Bejon se rassurent: avec tout juste 40 ares (4000 mètres carrés si vous préférez…) Florent et Claire n’ont pas de quoi inonder le marché.

Dans le monde viticole tout est une question de taille. La limite physique pour faire du bon vin en solo est deux ou trois hectares selon la nature du terrain. Au-delà le vigneron doit embaucher. Quand on n’a que 40 ares les contraintes sont différentes. Le travail de la vigne est moins long et fastidieux mais la vinification en petits volumes est plus délicate. Si en effet vous possédez vingt barriques et qu’une « part en vrille » vous pouvez l’écarter alors que quand vous en avez qu’une ou deux… L’autre problème des micro-domaines est la pérennité économique (sauf si vous êtes sur un grand cru de Bourgogne).

Florent Bejon est installé à Saint-Germain-sur-Vienne, petite commune située entre Candes Saint Martin et Chinon, le long de la Vienne. Pour vous situer le domaine, il est voisin du sympathique Gérard Marula. Aidé par sa femme Claire il travaille deux parcelles.

Les fondus de vins de la Loire connaissent Florent sans le connaître. Ils lui doivent beaucoup car la maison Brault est à l’origine de l’embouteillage d’un paquet de beaux domaines ligériens… Et tous les amateurs savent qu’une mise ratée est synonyme de vin imbuvable.

Quel rapport avec ses vins me direz-vous? Il est simple: lorsque vous passez votre temps chez les bons (Leroy, Courault, Mosse…) vous finissez par développer votre goût pour les bonnes choses et le jour où vous décidez de franchir le pas, vous ne pouvez pas vous permettre de sortir une piquette. Pour l’équipe de Mi-Fugue Mi-Raisin   les vins du domaine font même partie des plus belles émotions de la région. Les « happy few » qui ont eu l’occasion de boire la cuvée « franc de pied », un cabernet franc pré phylloxérique d’une élégance et d’une gourmandise à se damner, comprendront nos propos. Malheureusement cette cuvée est épuisée et Florent ne possède plus cette parcelle.

Vous pourrez toujours vous consoler en buvant ses cuvées (bientôt!) disponibles… Et en vous disant que Florent et Claire Bejon comptent passer aux choses sérieuses en augmentant la superficie du domaine. Toujours pas de quoi inonder le marché, mais au moins de quoi inonder nos gosiers. Ils viennent juste d’acquérir 1,5 hectares de jeunes vignes (« picrocholes » pour ceux qui connaissent leurs classiques…) avec une demande d’appellation Tourraine effectuée en 2015, et si tout va bien l’appellation Chinon en 2017.
Revenons à nos moutons: les cuvées actuelles que nous pouvons voir, toucher et boire.

La visite du chai de Florent Bejon est rapide: deux barriques de blanc et deux barriques de rouge. Pas de quoi sortir murgé… Quoique! Les jus goûtés au printemps était tellement beaux que nous aurions pu y passer la journée.

Commençons par le blanc. Il s’agit d’une parcelle de Chenin  de 20 ares baptisée les gruches. Ce nom n’est pas totalement inconnu aux amateurs-buveurs des vins de Gérard Marula et Sébastien Bobinet. Il s’agit d’un terroir froid  d’argiles à silex (avec sous-sol calcaire) produisant des superbes vins de garde. Les vignes ont 70 ans. Florent nous a envoyé un échantillon juste après la mise. Le vin est à la fois ample et riche avec une fraîcheur et une gourmandise étonnantes pour ce type de terroir. On sent que le vin est tiendra dans le temps, mais tant qu’il ne se referme pas il sera difficile de résister à la tentation de le picoler. Bref un vin d’une incroyable pureté qui pourra rivaliser sans peine avec les plus beaux Chenins sur schiste…

Quant au rouge baptisé « Saint Germain« , les détracteurs du Cabernet Franc devraient le goûter (plutôt le boire…) car non, il ne s’agit pas d’un cépage  dur et indigeste tout juste bon à être vinifié en « carbo » (ou version « grenadine à l’eau » si vous préférez). Le nez est explosif avec des arômes de fruits rouges et la bouche est ample et soyeuse. Les vignes de 45 ans poussent sur un sol calcaire  argilo-sableux. La vinification se fait en barriques de 6 ans et le vin, d’une stabilité étonnante, n’a jamais vu le moindre milligramme de sulfites.

La logique voudrait que sur un domaine « haute couture » les vins soient chers. Florent et Claire veulent que le vin reste un plaisir simple et accessible. Alors, pour le prix d’une bouteille et demie de Mouton Cadet, nous encourageons vivement les derniers réticents à changer leurs habitudes!!

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Petite incursion dans le monde (fou) de la spéculation

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Vous trouverez certainement bizarre de lire un billet sur la spéculation en ouverture de cette nouvelle année (que nous vous souhaitons d’ailleurs douce et heureuse). Le décès le 29 décembre dernier de Charly Foucault du Clos Rougeard – un domaine mythique de Loire dont certains millésimes (Le Bourg 1990…) se négocient à prix d’or – relance la polémique sur la spéculation.

On peut évidemment s’interroger sur la pertinence d’une bouteille de Saumur-Champigny à plus de mille euros ou d’un Whisky japonais à six mille euros, mais outre le fait que de telles bouteilles deviennent inaccessibles au commun des mortels nous pouvons (devons!) nous demander si les vins que nous aimons et buvons (Ganevat, Leroy, Houillon-Overnoy…) ne suivront pas le même chemin.

Le mécanisme infernal de la spéculation

La spéculation est aussi vieille que le monde. La spéculation sur les denrées alimentaires existe depuis Sumer (environ 3000 av. J.C.) et pendant le Révolution Française le refus d’accepter les assignats (monnaie fiduciaire mise en place pour éviter la spéculation) était passible de peine de mort… Rien de révolutionnaire me direz-vous. On peut spéculer sur tout: l’immobilier, les capsules de Champagne (les fameux placomusophiles) ou les 33 tours.

Les économistes vous le diront tous en chœur: dans un monde « parfait » (vaste sujet!) il y aurait ni crise, ni chômage ni spéculation. La spéculation existe parce que les marchés ne sont pas efficaces (ou « efficients »).

Ils faut plusieurs ingrédients pour rendre la spéculation possible: la rareté et ce que les économistes appellent l’opportunité de maximiser les profits… ou de s’en mettre plein les poches si vous préférez. Mais les financiers insistent  sur le fait que cette opportunité n’est pas éternelle. Les premiers arrivés sont les premiers servis. Si les marchés remplissent bien leur rôle, le mécanisme d’arbitrage fera disparaître cette opportunité. Kezako l’arbitrage? Prenons un exemple simple. Nous sommes en 1990. C’est la fièvre spéculative sur les « grands » Bordeaux. Un copain vous dit que la maison de négoce Tartempion vend du Montrose 1990 en primeur à 60 francs et qu’il faut en acheter… Pas pour le boire mais pour le revendre deux années plus tard à 600 francs, car c’est ce qu’il s’est passé sur les millésimes antérieurs. Vous le faites et deux années plus tard vous empochez une coquette somme. Alors forcément, comme il faut payer les factures, vous recommencez l’expérience les années suivantes… sauf qu’à un moment vous vous rendez compte que vos profits fondent comme neige au soleil. Normal! D’autres ont flairé l’occasion et s’y sont mis, ce qui pousse les prix d’achat à la hausse et les prix de revente à la baisse (tout le monde finit par refourguer ses Montrose). Le mécanisme d’arbitrage a donc assuré l’équilibre des prix et la diminution (ou la disparition) des profits.

Acte 1: Bordeaux

Vous l’avez certainement remarqué, dès qu’il s’agit de gagner de l’argent l’être humain est plein de ressources. Dans le vin la grosse fièvre spéculative à l’échelle planétaire a commencé avec Bordeaux à la fin des années 80. Au début le particulier pouvait acheter sa caisse de Bordeaux grand cru 1982  dans une foire aux vins et la revendre en salle des ventes au double ou au triple. Mais à cette échelle la spéculation restait « artisanale ». Le marché s’est donc organisé.

Première étape: créer et organiser la rareté. Quand une région comme Bordeaux sort environ 200.000 bouteilles de grands crus par an et que Château Latour, à lui seul, en pond 60.000, il faut créer la rareté. C’est là que Robert Parker, alias Bobby, intervient. Toute bouteille ayant une note supérieure à 95/100 voit son prix de revente augmenter et pour le Graal (100/100) le prix peut être multiplié par dix.

Mais un avocat-dégustateur qui fait la pluie et le beau temps ne suffit pas. Des sociétés d’investissement apparaissent pour vous proposer leurs services… un peu comme les vendeurs de parapluies ou de bouteilles d’eau aux abords des sites touristiques. Ces sociétés vous disent: « arrêtez de vous casser le dos (et de perdre du temps) à acheter une caisse par ci et par là. Confiez-nous votre argent et nous vous créerons un portefeuille de vins. Nous nous occuperons de tout: la sélection, l’achat, le stockage et la revente ». Génial, non? Sauf que la concurrence entre ces sociétés a ressuscité le mécanisme d’arbitrage. Vous vous retrouvez donc à investir dans du vin que vous ne boirez jamais (et tant mieux!) avec un gain faible ou négatif. Pas très sexy pour un investissement.

Acte 2: la Bourgogne.

A la fin des années 90, les Chinois débarquent sur le marché et achètent des Bordeaux par containers, ce qui sauve le marché… temporairement. Maintenant qu’ils ont décidé de « lâcher » ce marché, c’est le sauve-qui-peut avec les prix des 2009 (grand millésime selon Bobby!) qui stagnent voire baissent par rapport aux prix (exorbitants) des primeurs.

Exit Bordeaux, remplacé par la Bourgogne boudée un long moment par Bobby car il n’a jamais aimé le Pinot Noir (no comment!!). Les Chinois, Américains et autres investisseurs l’ont bien compris: en Bourgogne il y a une vraie rareté, pas la supercherie organisée par les courtiers bordelais.

Et là, les grands crus ont commencé à grimper sérieusement… et durablement car dans ce cas le mécanisme d’arbitrage ne fonctionne pas forcément quand il y a pénurie.  Les prix d’un Bonnes Mares de Georges Roumier ont beau grimper, la rareté fait que dans dix ans vous pouvez être sûr(e) que vous revendrez votre bouteille à profit et que vous ne retrouverez pas un 2005 à 150 euros. Et vous êtes à peu près sûr(e) que vous ne dégusterez jamais une bouteille de Romanée Conti de la même année qui se négocie en ce moment autour de 20.000 euros la bouteille (et plus de 100.000 euros la caisse panachée).

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Acte 3: la folie des whiskies… ou « tout ce qui est rare (et bon) est cher »

Nous assistons en ce moment à un nouveau délire: l’envolée des prix de tous les vins et spiritueux rares et de belle facture.

Comme la rareté attire les spéculateurs,  ceux-ci commencent à amasser le vin en question qui, du coup, devient moins rare (car il n’est pas bu!)… les incitant par la suite à changer de cible. Ces investisseurs oublient une règle d’or pourtant simple: c’est parce que la plupart des Bordeaux 1982 ont été bus qu’ils valent une fortune aujourd’hui. Si les caisses font des allers-retours entre Londres et Hong Kong sans être bues, le prix finira par stagner puis s’effondrer.

En ce moment on note une véritable frénésie spéculative car les plus perspicaces d’entre vous l’auront noté, nous traversons une crise mondiale confortablement installée. Alors ces fameux un pour-cent des plus riches qui possèdent 99 pour-cent de la planète s’ennuient et cherchent des opportunités pour diversifier leur portefeuille. Allez voir votre banquier et dites-lui que vous avez trouvé un investissement (liquide!) qui vous rapporte plus de 15 pour-cent… et il vous prendra pour un fou. Pourtant c’est ce qui ce passe en ce moment avec les whiskies. Certains flacons sont rares (des fûts uniques de 500, 200 ou même 100 bouteilles) et pas mal de bouteilles accessibles il y a trois ans ont été bues. Alors forcément, la rareté aiguise l’appétit des spéculateurs.

En ce moment la star des whiskies s’appelle Karuizawa, une distillerie japonaise fermée en 2000. Mi-Fugue Mi-Raisin vendait il y a quatre ans une bouteille de 1977 de la collection Noh à 300 euros. Un peu cher me direz-vous, mais il s’agissait d’un (très!) grand « sherry cask » et pour l’amateur qui pouvait se l’offrir c’était le grand frisson garanti. Pour le même frisson il faut compter aujourd’hui plus de six mille euros… Le marché est tellement organisé que vous trouverez un « indice Karuizawa » (oui, comme le CAC 40) ainsi qu’un indice des cent whiskies les plus performants et un indice des whiskies les moins performants… histoire de vous rappeler qu’on ne gagne pas à tous les coups.

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Acte 4: Quid de  la spéculation future (sur les vins naturels)?

Le mot d’ordre pour les investisseurs en herbe serait donc: « achetez tout ce qui est vraiment bon, rare et pas cher… ». Sauf que le marché devient comme celui de l’art: à force de vouloir dénicher les valeurs montantes, les opportunités s’épuisent et on finit par prendre des risques…et perdre gros.

La question que tout amateur se pose est la suivante: les vins naturels sont-ils à l’abri de cette vague spéculative? Pour l’instant la fragilité de ces vins les met à l’abri car les vins spéculatifs voyagent aux quatre coins du monde, chose que vous ne pouvez pas faire subir à un vin peu ou pas « protégé » par des sulfites. Par ailleurs, leur personnalité  les met dans une catégorie à part…mais on commence à trouver des vins naturels « sérieux » qui ont la cote et qui peuvent rivaliser avec n’importe quel vin classique: mettez un Chardonnay de Jean-François Ganevat face à un Puligny-Montrachet ou un Cornas 1997 de Thierry Allemand face à un Cheval Blanc de la même année et vous comprendrez que les vins les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs.

Notre conseil est donc le suivant: buvez les vins que vous aimez… et priez que la spéculation ne s’empare pas de nos domaines préférés… Car un Tavel d’Eric Pfifferling à 17 euros, c’est juste grand, mais à 200 euros ça serait juste…problématique!

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Stéphan Elzière: Lacharem pas!…

…devise qui signifie « on ne lâche rien! » en occitan. Derrière la personne affable, joviale et discrète se cache en effet un vigneron déterminé… à produire les vins les plus purs et authentiques de la région (l’Auvergne), voire de France et de Navarre. Comme pour beaucoup de vignerons qui n’ont pas hérité d’un domaine, l’histoire de  Stéphan Elzière est pour le moins singulière. Au début son ambition était de devenir paysan afin d’être en contact avec dame Nature. Pour notre plus grand bonheur il n’a pas choisi d’être maraîcher même si nous ne rechignons pas à manger à l’occasion un bon plat de légumes. Nous avons donc eu de la chance… Et  Stéphan aussi car il a pu s’installer en 2002 dans le Cantal puis acquérir six ans plus tard  le domaine de Philippe Grenier, un vigneron qui travaillait dans le respect de la nature. Il a donc hérité d’une vigne saine et de cépages originaux et variés pour la région: Gamay, Petite Syrah, Pinot Noir, Chardonnay, Chardonnay Musqué, Côt, Abouriou et… Gewurtzraminer!

Stéphan Elzière est basé à Molompize, petite commune d’Auvergne « stratégiquement » située à la frontière du Puy-de-Dôme, du Cantal et de la Haute Loire. Cela lui permet d’exploiter deux parcelles dans le Cantal et le Puy-de-Dôme.

Nous sommes aussi chanceux que Stéphan car la région ne grouille pas de vignerons, loin de là. Si un lecteur de ce blog arrive à nous citer ne serait-ce que cinq vignerons de la région (sans tricher!) nous lui décernerons une médaille. Il est donc facile de prétendre au titre de meilleur vigneron de la région quand vous en avez trois qui se battent en duel… Sauf que les vins de Stéphan Elzière soutiennent sans problème la comparaison avec les meilleurs nectars de Loire, Beaujolais, Ardèche et autres régions viticoles. Cela peut sembler louche pour les amateurs de vins naturels habitués au bouche-à-oreille et qui sont au courant de tout ce qui se fait de bon dans le domaine. En fait, depuis son installation en 2002, Stéphan cultive avec amour ses 2.8 hectares de vignes et cherche à privilégier les circuits courts, ou si vous préférez la consommation locale.

Stéphan Elzière suit donc son bonhomme de chemin (dans les vignes) sans se soucier du marché parisien ou londonien.
Il produit sept cuvées, ce qui peut paraître énorme pour une exploitation d’à peine trois hectares. Pour faire simple, sa production se répartit comme suit:

- 75 ares de vignes dans le Cantal, produisant la cuvée « Palhàs » (signifiant « terrasse ») à base de Gamay (40%), Pinot Noir (30%), Petite Syrah (10%), Côt (10%) et Abouriou (10%).

- Le reste dans le Puy-de-Dôme venant d’une parcelle orientée sud-ouest baptisée « Badoulin », allant de la simple cuvée Badoulin à la cuvée Améthyste (Gamay, Syrah, Pinot Noir) en passant par un 100% Pinot Noir… et les blancs: une cuvée de Chardonnay et le fameux « N’importenawak » composé de Chardo, Chardo musqué et Gewurtzraminer.

Tout cela peut paraître un peu compliqué mais tout comme son prédécesseur, Stéphan veut garder la liberté d’expérimenter, le seul but étant d’élaborer les vins les plus authentiques et purs. En fait, c’est plus simple s’il n’y paraît: les vins sont tout simplement grands!

Commençons par le début: la simple cuvée Badoulin à base de Gamay est bluffante de gourmandise et de fruit. Il s’agit d’un vin simple mais possédant un éclat et un fruit capables de faire rougir plus d’un Gamay du Beaujolais… Et pour un vin vendu moins cher que du Mouton Cadet il n’a aucun concurrent…

Quant au Badoulin Pinot Noir, nous avons eu la chance de proposer deux millésimes fort différents (2012 et 2013) qui montrent à quel point un vigneron talentueux peut faire des choses merveilleuses. En 2012, le vin commence tout juste à s’ouvrir avec une élégance et une finesse à se damner. Vous chercherez longtemps un Pinot Noir aussi magique à ce prix en Bourgogne. Du grand art! Quant au 2013, Stéphan nous avait dit qu’il était plutôt fruité mais n’avait pas la profondeur du 2012. Nous sommes de son avis, mais il n’empêche: le 2013 à un côté « grenadine » irrésistible. Les amateurs de Pinot Noir nous comprendront, il possède ce côté « rose fanée » qui le rend limite dangereux!

La fierté du domaine est le « Palhàs » (Gamay, Petite Syrah et Pinot Noir), un vin conjuguant finesse, fruit et grande buvabilité. On s’approche de l’esprit  des vins d’Ardèche ou du Forez (plus au nord). Le Palhàs 2013 est éblouissant, avec plus de complexité que son frère le Pinot Noir 2013. Un vin étonnant, avec des notes fumées à l’ouverture et une grande finesse tout au long de la dégustation… à un prix difficilement explicable au regard du vin dans la bouteille.

Nous serions intarissables sur les autres cuvées du domaine, mais goûter (pardon, boire…) les vins de Stéphan Elzière vaut mieux que tous les discours du monde. Vous comprendrez que ses vins sont (pour l’instant!) le secret le mieux gardé des amateurs de nectars…

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Les Coteaux Champenois d’Aurélien Lurquin

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Paradoxalement, la recherche de nouveaux vignerons talentueux n’est pas sans rappeler la bourse: il faut saisir les valeurs montantes… avant qu’elles ne montent. Voici le dernier jeune  champenois que nous avons découvert sur un salon l’année dernière: Aurélien Lurquin, vigneron à Romery (non, pas Pommery!), commune de la Marne située au nord d’Epernay.

Aurélien a démarré son domaine en 2010, labourant ses sols avec un cheval (Tintin pour les intimes). Les deux hectares qu’il cultive depuis 2010 produisent environ 5000 bouteilles, dont certaines cuvées commencent tout juste à sortir du domaine.

Aurélien ne fait pas partie des vignerons qui produisent quelques bouteilles par an pour la beauté du geste. Il cherche à agrandir son domaine tout en gardant la main sur toutes les activités et ce afin de produire des vins sans compromis.

La dégustation des vins est édifiante. Nous avons rarement bu des coteaux champenois de ce niveau. La pureté et l’élégance hissent ses blancs au niveau du coteaux champenois blanc 2010 d’Emmanuel  Lassaigne ou des belle cuvées de Benoît Déhu.

Le coteaux champenois rouge 2012 (disponible chez Mi-Fugue) est un assemblage à parts égales de Pinot Noir et de Pinot Meunier issus d’une parcelle dite « Les Crayères ». Les raisins sont éraflés à 90% pour une cuvaison de 21 jours en demi-muid et un élevage de 12 mois en fût.  Le résultat à la dégustation est à la hauteur des blancs: le vin est d’une rare densité sans amertume ni dureté. Ceux qui dénigrent l’élevage sur un rouge en alléguant lourdeur, sécheresse ou manque de « fluidité » n’ont qu’à boire ce vin. L’élevage, lorsqu’il est maîtrisé, confère au vin une puissance et une ampleur sans les goûts de vanille ou de « toasté ». Il est forcément adapté à certains types de vins destinés à « voyager dans le temps ». Pour faire simple, trois conditions sont requises pour un élevage réussi: le terroir, le millésime et le savoir-faire du vigneron (choix des fûts et de la chauffe, durée d’élevage…). Vous l’aurez deviné, le vin rouge d’Aurélien n’est pas un vin d’apéritif à picoler entre copains avec une rondelle de saucisson.

A l’ouverture le Pinot Noir domine, avec ses notes typiques de cerise. L’ampleur du vin évoque même un vin de la Côte de Nuits, mais assez rapidement le Pinot Meunier vient se mêler aux arômes de Pinot Noir et le vin exprime des notes d’agrumes (sans amertume!) conférées en partie par le terroir crayeux. La longueur en bouche et la tenue à l’air sont impressionnantes.

Bref, Aurélien Lurquin a signé un  grand Pinot au prix d’un Gevrey Chambertin « de base »… qui dit mieux?

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Le Jura et la Loire débarquent à Paris: Le Nez dans le Vert et la Levée de la Loire

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Pour la troisième année consécutive  les jurassiens  ont débarqué à Paris le 2 novembre et ont eu la délicatesse d’épargner nos jambes en se remettant avec leurs confrères ligériens à la maison des métallos dans le 11eme arrondissement panamien. Une édition du Nez dans le Vert ou de la Levée de la Loire ressemble finalement à un match de rugby: on sait qui sont les bons (même s’il y a parfois des surprises) mais on ne peut s’empêcher d’y assister chaque année. Le jeu des sportifs sera toujours différent (sauf pour les néophytes qui n’y comprennent goutte)…de même que le travail du vigneron face à un climat changeant et des vignes en perpétuelle évolution.

Le Nez dans le Vert nous a donné l’occasion de goûter les deux derniers millésimes (2013 et 2014) et d’avoir des échos du millésime 2015. Pour faire bref, 2013 est une année compliquée (car fort humide) qui donne finalement des vins d’une belle élégance, avec une trame très fine et et une belle vivacité. Il s’agit donc d’une « année de vignerons » avec des très jolis vins, mais nous préférons ne pas savoir/boire ce que les vignerons « approximatifs » ont sorti dans ce millésime. Le millésime 2014 est plus charnu pour les blancs, avec un bel équilibre… et de très belles réussites. Pour les rouges, c’est une autre histoire: la drosophile « suzukii » a ravagé les vignobles de trousseau et de poulsard (pardon: ploussard!) laissant un goût amer (de vinaigre)  et privant les amateurs de vins de soif. Mais courage, car 2015 arrive… Un grand millésime en rouge comme en blanc, sauf qu’il faudra patienter quelques années pour les blancs ouillés…en picolant les rouges.

Comme d’habitude Mi-Fugue Mi-Raisin vous livre ses émotions et ses découvertes sur les deux salons.

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Au Nez dans le Vert, Céline Gormally présentait ses 2014, notamment un magnifique Chardonnay « Les Combes » d’une ampleur qui ferait pâlir plus d’un Bourgogne. Charline Labet, du domaine Labet (à Rotalier) faisait goûter les 2013. La cuvée « bajocien » sur calcaires, d’une grande pureté, sera bientôt disponible chez Mi-Fugue. Julien Mareschal (domaine de la Borde), à Pupillin faisait goûter un étonnant blanc de noirs… de poulsard, baptisé Vénéon, incroyable de fraîcheur et de fruit. La cuvée « Léon » de Jean-Baptiste Menigoz (domaine les Bottes Rouges) , un chardonnay fin, vif et délicat appelait les huîtres, alors que le savagnin ouillé « Agape » 2012 de Raphaël Monnier (Ratapoil), ample et complexe, aurait parfaitement fait l’affaire avec un beau homard. Etienne Thiebaud (Les Cavarodes) présentait en avant-première son « Ostrea Virgula » 2014, un superbe savagnin aux notes iodées. Chez Alexis Porteret (domaine des Bodines) nous avons été séduits par un chardonnay 2013, rond et suprêmement soyeux (bientôt disponible chez Mi-Fugue). Patrice Hugues Beguet présentait un superbe assemblage chardo-savagnin en 2014 et des rouges toujours aussi fins, délicats et gourmands qui donnent l’impression de pouvoir se boire jusqu’au bout de la nuit…

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A la Levée de la Loire, les vignerons étaient nombreux (85!). Ne sachant plus où donner du gosier, voici un bref aperçu de notre dégustation. Sébastien Cornille (domaine de la Roche Bleue) présentait un fabuleux pineau d’Aunis, « Belle d’Aunis » qui mérite bien son nom… un pur jus de fruit! Une cuvée d’Olivier Bellanger (domaine de la Piffaudière) mérite aussi son nom: « Nuits Blanches » , un superbe sauvignon floral aux notes d’agrumes… vivement les asperges! Geneviève Delatte (domaine Bertin-Delatte) présentait ses 2013 d’une grande finesse, mais les quantités sont malheureusement plus que misérables. Les vins de Clément Baraut sont toujours aussi géniaux: pureté, finesse, complexité… et si vous ne nous croyez pas, venez les déguster chez Mi-Fugue en sa compagnie le 04 décembre prochain. Nous avons été bluffés par les vins d’Elisabeth et Benoît Jardin (domaine des Maisons Rouges à Jasnières), d’une finesse et d’une élégance à couper le souffle. Finalement la dégustation chez Ludovic Chanson (Montlouis-sur-Loire) confirme son statut de vigneron talentueux, avec une cuvée de sec « Les Cabotines » qui fait honneur au chenin.

 

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La 6ème édition de Bulles Bio en Champagne

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La sixième édition de BBC (pas la radio, mais les Bulles Bio en Champagne) a enfoncé le clou pour ceux qui n’auraient pas encore compris que le vignoble champenois était en pleine é-bulle-ition, avec 30 vignerons présents à l’Hôtel de Ville de Reims le lundi 12 octobre.

Mi-Fugue Mi-Raisin a fait le déplacement, histoire de réviser ses classiques (pas si classiques que ça) avant la période de Noël. Le programme étant fort chargé nous n’avons pas eu le temps de tout goûter, mais voici un aperçu du beau linge champenois…

Jérôme Bourgeois-Diaz Benoît Déhu Emmanuel Brochet Valérie Frison

Loïc et Aurélie Barrat Benoît Marguet Hélène Gautherot Vincent Charlot-Tanneux Vincent Laval

Loïc et Aurélie Barrat (Champagne Barrat-Masson) présentaient deux millésimes de leur cuvée « Fleur de Craie », un chardonnay non dosé d’une grande finesse et d’une incroyable salinité. Avec 500 bouteilles pour chaque millésime, la lutte sera chaude. Leur cuvée Grain d’Argile (50% Pinot Noir et 50% Chardonnay) est plus ample, mais aussi pure.

Autre rareté, Benoît Déhu qui travaille une parcelle d’1.5 hectares à Fossoy (Aisne). Benoît est un orfèvre du Pinot Meunier, avec son Champagne « La Rue des Noyers », un des plus beaux Meuniers à notre avis. Il a isolé un fût exceptionnel qui donnera naissance à la cuvée « Pythie » un vin splendide, une des plus belles émotions du salon, mais comme tout ce qui est splendide est rare, il n’y aura que 320 bouteilles, dont quelques flacons réservés à Mi-Fugue… ouf!

L’Aisne était présent en force avec Jérôme Bourgeois-Diaz, un jeune vigneron ultra doué qui fait déjà parler de lui. Sa cuvée 3C (46% Pinot Noir, 37% Meunier et 17% Chardo) est plus vineuse que le 2011, mais tout aussi facile et gourmande. La cuvée M (vous l’aurez deviné: 100% Pinot Meunier) est un champagne tendu, salin fin. Dégorgé il y a un mois, il sera encore meilleur à la fin de l’année. Quant à son « RS » (on vous le donne en mille: Rosé de Saignée!) il s’agit d’un concentré de fruit avec des notes grillées. Superbe!

Emmanuel Brochet continue à faire des adeptes…et pas mal de frustrés qui voudraient vendre et/ou boire ses vins, notamment le Mont Benoît (40% Pinot Meunier, 30% Pinot Noir, 30% Chardo) 2011, certes moins riche que le 2010, mais d’une incroyable  élégance. Nous aurons le plaisir de vous faire découvrir deux arlésiennes du domaine, ses cuvées parcellaires, les Hauts Meuniers 2008 et les Hauts Chardonnays 2008, des champagnes gardés (très!) longtemps sur lattes. Idem pour ces cuvées: quelques centaines de bouteilles, et quelques unes chez Mi-Fugue.

Vincent Laval était aussi présent, avec des vins qui lui ressemblent: fins, généreux et francs! Le Cumières Brut Nature (base 2013) est à la fois rond, fruité et fin. On en boirait jusqu’au bout de la nuit. Son rosé est digne d’un grand Bourgogne (avec les bulles en plus!) et rivalise avec la « Saignée de Sorbée » de Bertrand et Hélène Gautherot (Champagne Vouette et Sorbée) qui présentaient aussi le leur cuvée Fidèle 2011 à la fois puissant et diablement fin. Leur cuvée « Extrait » (50% Pinot Noir et 50% Chardonnay) est une arlésienne réservée aux restaurants étoilés.

Benoît Marguet est un perfectionniste et ça se sent à la dégustation: chaque cuvée porte l’empreinte du terroir. « Le Parc », issu de sols de tuf, est un Champagne salin, fin, fruité. Quant aux vins de Valérie Frison (Champagne Val’Frison) chaque millésime confirme les talents de cette sympathique vigneronne. Sa cuvée emblématique  « Goustan » est un Pinot Noir ample et profond avec un fruit envoûtant…

Vincent Charlot-Tanneux (que Mi-Fugue ne présente plus!) était au rendez-vous avec sa cuvée « Fruit de ma Passion » 2011 (65% Pinot Meunier, 20% Pinot Noir et 15% Chardo), un superbe vin de gastronomie. Avec « l’Or des basses Ronces » (100% Chardonnay) le terroir crayeux fait ressortir des notes salines, sur un vin ample et puissant. Son rosé « Le Rubis de la Dune » fait partie des coups de cœur du salon.

Les Bulles Bio n’ont pas fini de nous faire tourner la tête. Longue vie à ce salon!

Vincent Laval avec un hôte de marque: David Léclapart...

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Les vins d’Yvon et Jules Métras

     

Après avoir joué les prolongations estivales, le blog de Mi-Fugue Mi-Raisin revient avec quelques pépites d’Yvon et Jules Métras.

Nous ne ferons pas l’affront de présenter Yvon Métras (l’Avion pour les intimes) aux passionnés de vins « nature ». Basé à Fleurie, il fait partie de la génération des premiers beaujolois-gaulois qui ont vaillamment défendu les couleurs (rouge grenat) du Gamay. Ils étaient une poignée d’irréductibles dans le sillage de Jules Chauvet: Marcel Lapierre, Jean-Paul Thévenet (Polpo), Jean Foillard et d’autres qui ont hissé ce cépage d’infâme piquette à un sublime nectar. Que ceux qui pensent que le Gamay est une pâle copie du Pinot Noir passent leur chemin… ou essayent de trouver un vieux millésime de la cuvée Ultime (un 1999 par exemple). Parlons-en justement de cette cuvée, le fleuron du domaine. Yvon ne commercialise cette cuvée d’exception issue de ses plus vieilles vignes que les années exceptionnelles.  L’étiquette avec le liseré rouge peut faire penser au Champagne Mumm, mais malheureusement vous ne trouverez pas 8 millions de bouteilles d’Ultime sur le marché… tout au plus quelques centaines. La cuvée Ultime est vinifiée en macération carbonique, une méthode consistant à mettre des grappes entières dans une cuve saturée en dioxyde de carbone. Sans rentrer dans les détails techniques, cette vinification permet d’extraire le fruit et d’obtenir des vins « faciles et gouleyants » au détriment d’une profondeur et d’une complexité… dixit les contempteurs de cette méthode. Comme partout il y a des exceptions à la règle (sinon les choses seraient trop simples). Si certaines « carbo » donnent des vins gourmands manquants de profondeur, nous avons réussi à convertir un ami-vigneron (Stéphane Erissé du domaine Andrée) à qui nous avons servi un Ultime 2005 en carafe. A l’aveugle il hésitait entre un grand Pinot Noir et  une grande Côte Rôtie. Car nous sommes à ce niveau qualitatif. Peu de côtes rôties rivalisent avec une Ultime 1999 ou 2005. Alors le « beaujo » vinifié comme un primeur peut-il être un grand vin? Si vous répondez par la négative, c’est que vous n’avez jamais bu une Ultime!

Mais pour ceux/celles  qui n’ont pas eu l’occasion d’en boire, Yvon a pensé à tout: vous pouvez « attaquer  » la gamme par son Fleurie de printemps, un vin plus accessible dans sa jeunesse et qui peut se boire seul, entre copains, à l’apéritif. La cuvée de printemps permettra aux frileux de passer l’automne et l’hiver en attendant le printemps 2016, la période idéale pour ouvrir la cuvée de Fleurie 2014. Cette bouteille demande un peu de patience pour se mettre en place, mais les patients seront récompensés, car la dégustation récente d’un 2012 nous a bluffés: finesse, délicatesse et fruit. On dit souvent que le Gamay « pinote », et là nous avions les arômes et la subtilité d’un grand Pinot Noir (avec une typicité Gamay du Beaujolais quand même!).

Autre rareté du domaine, le Moulin à Vent, qui demande aussi un poil de patience pour s’exprimer. Mais lorsque la bouteille atteint son apogée (3 à 4 ans), c’est la claque garantie! En ce moment les 2010 sont tout simplement sublimes.

Vous lirez sur la toile que les vins d’Yvon sont chers. Ils se situent globalement entre 20 et 40 euros. Alors oui, pour le coup de rouge de tous les soirs, ça ne le fait pas forcément, mais quand on a dans son verre (gosier) des vins d’une telle finesse et suscitant une telle émotion, on se dit que finalement… Et si les vins d’Yvon sont chers, alors ceux de Fanfan Ganevat, Pierre Overnoy/ Emmanuel Houillon et  Richard Leroy le sont aussi… Et tant mieux d’ailleurs car cela nous laisse quelques flacons.

Last but not least, le fils d’Yvon (qui aide le père sur les 5 hectares du domaine), Jules Métras, vient d’acquérir un hectare et de sortir son premier millésime. Pour reprendre l’expression populaire « les chiens ne font pas des chats », Jules suit les traces de son père avec sa propre signature. Le vin est profond, dense, fruité. Bref, encore un grand Beaujolais!

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Horaires d’été…

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Mi-Fugue Mi-Raisin vous souhaite un été chaud, doux et agréable…

Pour ceux qui ne « bullent » pas en bord de mer nous leur souhaitons bon courage et les soutenons… en restant ouvert au mois d’août.

Nos horaires changent du 1er au 24 août inclus:

– LUNDI: Fermé

– MARDI au SAMEDI: 10h30-13h15  puis  16h30 – 20h30

– DIMANCHE: 10h30-13h15

Mi-Fugue Mi-Raisin sera exceptionnellement fermé les 15, 16 et 17 août.

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Le Savagnin 2000 d’Overnoy-Houillon

Il pourrait paraître un tantinet provocateur d’écrire un billet sur un vin du domaine d’Overnoy-Houillon alors que les rares bouteilles sortant du domaine sont distillées au compte goutte. Certes, 99% des lecteurs de ce blog n’ont pas besoin qu’on leur rappelle que les vins du domaine sont géniaux. C’est un peu comme si on vous disait que Vermeer était un grand peintre, sauf que l’enthousiasme et l’émotion que provoquent un vin d’Overnoy-Houillon sont tels que nous nous sentons (presque) obligés d’en parler, comme ces amoureux qui se sentent obligés d’en parler à la planète entière.

Cette bouteille de Savagnin est spéciale à plus d’un titre (pour ceux qui ne connaissent pas le domaine: cire jaune=Savagnin, cire blanche=Chardonnay, cire rouge=Ploussard et enfin cire verte=assemblage Chardo-Savagnin). Le millésime 2000 marque la deuxième année d’Emannuel Houillon sur le domaine. Il s’agit donc d’un des tous premiers vins portant la griffe conjointe d’Emmanuel et de  Pierre Overnoy. Nous connaissons deux écoles: ceux qui préfèrent le style « Overnoy » et ceux qui préfèrent le style « Houillon ». Rien d’étonnant à cela, mais ous avons du mal à les départager tant les deux styles sont à la fois différents et proches (mêmes sols, même philosophie….).

Alors pourquoi vous parler de ce vin? 2000 est un millésime exceptionnel chez un vigneron d’exception. On peut donc s’attendre à un vin d’exception. Il s’agit de la deuxième mise (ou « tirage » comme on dit au domaine) faite en 2011. Toutes les conditions sont réunies pour que le vin soit « indestructible »: un cépage supportant à merveille l’air, un très beau millésime avec une très belle acidité ainsi que des sols argileux favorisant l’acidité naturelle et un taux plus élevé d’alcool (les ennemis des bactéries!) et un élevage de dix ans avec ouillage… Et tout cela sans un seul milligramme de SO2 ajouté.

S’il y avait plus de bouteilles en circulation, nous conseillerions aux lecteurs de faire déguster ce nectar à un détracteur de vins « naturels ». Premier mythe déboulonné: les vins naturels ne sont pas faits pour durer. Ce vin possède une énergie et une « vigueur » que nous n’avons jamais goûté dans des vins plus « classiques ». On sent dès la première gorgée un potentiel de plusieurs décennies. La tension est incroyable, mais sans aucune agressivité. Bien au contraire, la texture est soyeuse avec une très belle rondeur est une grande douceur. Deuxième mythe déboulonné: l’acidité d’un blanc provient du SO2 ajouté (propos colporté par certains vignerons). Certes, le SO2 a une fonction acidifiante, mais à forte dose il « serre »  le vin, donnant l’impression d’une plus grande acidité. Sur ce vin on sent que la nature fait bien les choses car l’acidité naturelle du vin n’apporte aucune dureté mais une belle fraîcheur et une grande sapidité.

Nous présentons donc toutes nos excuses à nos lecteurs, en espérant que nous ne les avons pas trop frustrés… car oui, ce vin est un immense vin, un vin d’émotion que tout amateur rêve de boire au moins une fois dans sa vie.

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Une journée chez Xavier Caillard (Les Jardins Esméraldins)

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Mi-Fugue Mi-Raisin a terminé son excursion ligérienne par une visite chez Xavier Caillard, jeune vigneron installé depuis 1997. Son domaine, Les Jardins Esméraldins était situé à Brézé, au sud de Saumur et à quelques kilomètres de la magnifique Abbaye Royale de Fontevraud (voir le billet « in English » sur le blog de Wine Terroirs) . Nous disons bien « était » car Xavier Caillard vient de s’installer au sud-est d’Angers.

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Muriel et Xavier occupent aujourd’hui le « Manoir » d’une petite commune, Coutures, située à quelques kilomètres d’Angers. L’endroit est idyllique, avec une superbe bâtisse à l’écart du village entourée d’un vignoble bordé de cèdres. Pour Xavier ce lieu lui permettra d’élaborer des vins à la hauteur de ses exigences. Nous parlons au futur car ceux qui connaissent les vins de Xavier savent que rien n’est mis en bouteilles avant les sept à dix ans d’élevage permettant au vin de s’étoffer et d’acquérir une complexité que seuls quelques privilégiés ont eu la chance d’apprécier. Mais chez lui étoffe n’est pas synonyme de puissance. Au contraire, ses Cabernet Franc sont d’une grande délicatesse et fluidité. On se demande comment il est possible d’obtenir des vins d’une telle élégance et subtilité avec une période d’élevage si longue. Le secret: des raisins sains et murs, une période relativement courte de macération, puis laisser le temps faire sans piégeage ni remontage. Les blancs (du Chenin) ont un caractère affirmé avec une oxydation « ménagée » conférant aux vins une personnalité, une finesse et une pureté incroyables.

  

En quittant Brézé pour Coutures Xavier n’a pas pas troqué le calcaire Saumurois pour le schiste angevin. A deux pas d’Angers il se retrouve à la tête d’un magnifique vignoble de 4 hectares d’un seul tenant sur du tuffeau. Le sol est en fait plus complexe car il s’agit essentiellement de calcaire parcouru de veines de grès. Il compte réduire la taille de son exploitation en reconvertissant un hectare en culture vivrière. A Coutures Xavier se retrouve avec ses deux cépages de prédilection sur un terroir à son sens encore supérieur à celui de Brézé.
Les vignes n’ont reçu aucun traitement chimique ces dernières années. En moins de deux ans il a appliqué à la vigne des techniques de la taille japonaise (entre autres) et la plante, d’une incroyable vigueur, « répond » déjà à son travail.

Après avoir visité son vignoble nous avons goûté une mise « précoce » d’un cabernet franc 2008 (il compte donc garder une partie de ce millésime pour une mise plus tardive) tout simplement magnifique d’élégance. Même si les circonstances de la dégustation (soleil couchant sur un vignoble) comptent au moins autant que le vin lui-même, ce vin est d’une pureté sidérante. Il rappelle le (très grand!) 2003 qu’il faisait goûter au salon des Greniers St Jean a Angers en février

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Le domaine des Jardins Esmeraldins est peu connu à Paris mais Xavier n’est pas du genre à courir la capitale pour faire connaître ses vins (de toute façon il en a trop peu!). Il préfère être dans ses vignes et élaborer des nectars appréciés à leur juste valeur par des amateurs d’émotions. Car nous parlons bien de grands vins d’émotions, certes pas « donnés »… mais avec une telle rigueur et une telle patience  on se dit que finalement par rapport à d’autres régions (dont nous tairons les noms!) les vins de Xavier Caillard sont une aubaine…pour les happy few!

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Une journée chez Sylvain Dittière (La Porte Saint Jean)

     

Notre périple dans la Loire (voir le billet précédent ici ) nous a conduit chez « Tonton » (ou Sylvain Dittière si vous préférez), jeune vigneron installé à Montreuil-Bellay, charmante commune au sud de Saumur. Après avoir bourlingué chez Gauby, Cyril Fhal dans le Roussillon et Marc Tempé en Alsace (voir notre premier billet sur Sylvain ici) il s’est installé en 2010. Depuis notre premier coup de foudre pour sa cuvée « Les Beaugrands » 2010 (ici), nous sommes devenus des inconditionnels du domaine, à un tel point que nous nous demandons si Tonton n’est pas le meilleur vigneron ès Cabernet Franc de la région (disons un des meilleurs…). En tout cas, nous ne sommes pas les seuls à le trouver doué: lors de sa première participation au salon de la Dive Bouteille en 2012, Sylvain faisait « tranquillement » goûter ses cuvées, alors que maintenant les professionnels se ruent sur sa barrique pour goûter ses vins. Résultat: d’une année sur l’autre tout est vendu. Comme quoi, il y a une justice dans le monde du vin vivant!

Les choses bougent pas mal chez Sylvain. Au début les premières cuvées commercialisées étaient issues de raisins achetés au négoce (de très bonne qualité!). Pas facile de s’installer immédiatement en achetant des parcelles. Depuis, Sylvain a acquis deux parcelles que nous avons visitées: une de blanc (Sauvignon et Chenin) et la parcelle « Les Cormiers » en appellation Saumur.

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Sa parcelle de blanc a donné naissance à deux cuvées: Le Saut Mignon, un Sauvignon généreux et frais et un Saumur blanc, « La Perlée », un Chenin de (longue!) garde, vif et ample. Comme on pouvait s’y attendre de la part de Sylvain Dittière, les vignes sont superbement tenues, avec une vigueur et une santé dignes de celles de Fanfan Ganevat ou Richard Leroy. Sa parcelle de Saumur baptisée « Les Cormiers » est aussi belle à voir qu’à boire car le premier millésime 2011 que nous avons reçu nous conforte dans l’idée qu’un travail à la vigne se ressent dans le verre. Par rapport à la cuvée Les Beaugrands le vin est (encore!) plus fin, plus élégant, avec une fraîcheur et une « minéralité » plus prononcées. Il s’agit d’un superbe vin qui ira sans soute plus loin dans le temps que Les Beaugrands. La différence est non seulement due au travail de la vigne (par opposition à l’achat de raisins si bons soient-ils) mais aussi à une différence de terroir: Les Cormiers sont situés sur un sol jurassique alors que les raisins des Beaugrands proviennent d’un sol thuronien produisant des vins plus ronds et charmeurs dans leur jeunesse. Sylvain a pris la (sage) décision d’arrêter d’ici un ou deux ans Les Beaugrands. Sage, car il sait qu’on peut difficilement être vigneron (au four)  et négociant (au moulin) en même temps. Mi-Fugue le regrette car Les Beaugrands sont diantrement bons, mais nous ferons notre possible pour en stocker le maximum.

Après la balade dans les vignes, direction le chai pour déguster les barriques  de 2013 et 2014. L’expression « millésime de vigneron » prend tout son sens en 2013. S’il y a un cépage qui ne pardonne pas le manque de maturité, c’est bien le Cabernet Franc (notre pire cauchemar gustatif serait un Saumur 2013 de « brasserie », servi glacé pour faire passer  l’amertume et l’acidité). Le Saumur Les Cormiers 2013 est hallucinant de finesse et d’élégance avec une trame soyeuse qui fait penser à un grand Pinot Noir. Sylvain est ravi de ce millésime qu’il qualifie de « ligérien ». Sa recette est simple: un gros travail dans les vignes et un tri draconien. A la vendange, Sylvain se met en bout de la table de tri et adonc  le dernier mot sur les raisins dignes d’être vinifiés. D’ailleurs ceux qui veulent se faire ne idée des 2013 de 2013 peuvent goûter chez Mi-Fugue sa « petite » cuvée de Saumur-Champigny « La Porte Saint Jean », un vin d’une très (trop?!) grande buvabilité, frais, rond, soyeux, fruité. Bref, le Cabernet rêvé…pour le prix de deux bouteilles de Mouton-Cadet.

Sylvain Dittière n’a pas fini de nous étonner. Pour Mi-Fugue il fait déjà partie des grands vignerons dont la patte est reconnaissable entre mille… des vignerons qui « signent » leurs vins à l’instar d’Eric Pfifferling, Emmanuel Houillon, Sébastien Poly ou Michel Favard.

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les cuvées suivantes:

  • Saumur-Champigny « La Porte Saint Jean » 2013
  • « Le Saut Mignon » 2013, un Sauvignon rond fruité et ample.
  • « La Perlée » 2012, un Chenin vif, frais, complexe.
  • Saumur-Champigny « Les Beaugrands » 2011
  • Saumur « Les Cormiers » 2012

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Une Virée chez Richard Leroy: les 2014 en fûts… et les 2013 en bouteilles

                     

Comme chaque année au printemps nous  effectuons notre pèlerinage angevin chez les amis-vignerons qui nous ont inoculé le virus de la cheninophilie, une maladie aussi incurable qu’agréable. Notre première étape: Richard Leroy, rablayen (et rabelaisien) que nous ne présentons plus. A notre impatience de retrouver un ami et de passer une journée unique en sa compagnie s’ajoutait la curiosité de regoûter le millésime 2013 en bouteilles… et de découvrir la nouvelle parcelle qu’il a récemment récupérée en fermage à Savennières.

Cette parcelle de 32 ares est située sur la route de la Croix Picot, en face d’une vigne ayant appartenu à Jo Pithon et au nord de la fameuse Coulée de Serrant. La parcelle est nichée au cœur d’un écrin de verdure  surplombant la Loire. Richard ne cherche pas à étendre son vignoble. Ses 2.7 hectares l’occupent à plein temps mais l’idée de sortir une cuvée de Savennières le séduit et l’idée de boire un Savennières de Richard ne nous déplaît pas non plus… sauf qu’il faudra attendre quelques années pour que la vigne se remette d’un long traitement chimique. Nous avons passé quelques heures à ébourgeonner plusieurs rangs de vignes dans ce coin de paradis puis nous sommes retournés à Rablay-sur-Layon pour goûter le millésime 2014 en barriques. Première bonne nouvelle: il y aura du vin en 2014…enfin plus de vin qu’en 2013, mais pas de quoi inonder le marché. Les  2014 ont déjà fini de fermenter et le résultat est à la hauteur de nos espérances: Les Rouliers sont d’une grande finesse et d’un équilibre sidérant alors que la cuvée  Les Noëls de Montbenault possède en plus une puissance et une ampleur à faire pâlir pas mal de « grands » Bourgognes. Globalement le millésime est moins vif que 2011 ou 2012, mais avec une très belle acidité et un équilibre de rêve. Richard nous a même fait goûter une barrique de Rouliers avec les lies de l’année précédente… de quoi faire dresser les cheveux des spécialistes et autres puristes car en « œnologie » on apprend qu’une barrique doit être scrupuleusement nettoyée, récurée, soufrée et hermétiquement fermée sinon on risque la piqûre ascétique. Mais dans le monde du vin (vivant!) on apprend aussi qu’en étant le plus rigoureux possible on peut aussi prendre certaines libertés. Le vin était superbe sans aucune trace de piqûre acétique (ou pour faire simple: de goût de vinaigre).

        

Après cette dégustation Richard nous a ouvert un Rouliers et un « Noëls » 2013. Et là, nous avouons ne plus rien comprendre. Lors de notre dernier passage au domaine les barriques de 2013 avaient juste entamé leur fermentation et Richard, sceptique et dépité, nous avait fait part de sa perplexité… et de la possibilité de ne pas commercialiser le millésime si le vin ne se montrait pas à la hauteur. Les passionnés se souviendront: 2013 est une année compliquée, avec un été pluvieux et une arrière-saison mitigée. Tout le monde sait donc qu’il s’agit d’un millésime à éviter et qu’on boira – contraints et forcés – en attendant les 2014. Mais dans le monde du vin les raccourcis mènent souvent à des inexactitudes. 2013 est certes une année plus « froide » mais les vignerons qui ont bien travaillé (leurs vignes!) ont réussi à rentrer des raisins sains et mûrs, mais avec un degré alcoolique moindre.

Nous vous disions donc que nous n’arrivions pas à comprendre… comment un jus issu d’une récolte « moyenne » qui a failli partir à la distillerie ait pu donner un des plus grands vins blanc que nous ayons goûté! Richard pense qu’il s’agit de son plus grand millésime. Pourtant il n’est pas du genre à se louanger. Certaines émotions fortes suscitent des associations d’images. En buvant ce vin l’image de la Loire nous est revenue car ce vin  possède la même puissance, majesté  et tranquillité. Bref, Richard a encore fait plus fort que le millésime précédent. Il a atteint grâce à un travail acharné de la vigne (…qui porte ses fruits!) une élégance et une profondeur uniques.

Pour l’instant Mi-Fugue Mi-Raisin n’a pas encore reçu les vins du domaine, mais cela ne saurait tarder….

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Hubert et Heidi Hausherr: le renouveau de l’Alsace

Le domaine Hubert et Heidi Hausherr est le dernier arrivé dans notre gamme de vins d’Alsace. Hubert et Heidi font partie de la génération de vignerons alsaciens qui contribuent à redorer le blason de cette région longtemps honnie des amateurs. La raison de ce divorce est fort simple: l’Alsace produit essentiellement des vins blancs. Le climat (semi-) continental est caractérisé par des étés très chauds et secs favorisant une sucrosité élevée des vins. Si la fermentation alcoolique n’arrive pas à bout des sucres, vous aurez un vin légèrement sucré et « pâteux » (à ne pas confondre avec les vendanges tardives ou sélection de grains nobles élaborées à partir de raisins botrytisés) qui nécessitera une dose « généreuse » de sulfites afin de ne pas refermenter en bouteille. C’est la raison pour laquelle vin d’Alsace et barre au crâne sont devenus synonymes chez les consommateurs.

Mais depuis quelques années l’Alsace fait aussi sa révolution. Les amateurs de vins blancs attendaient ce moment avec impatience. Nul besoin en effet d’être devin pour anticiper l’explosion qualitative de cette région: avec des grands terroirs, des grands cépages et une génération de jeunes vignerons passionnés, tous les ingrédients sont réunis pour faire des grands blancs. Certes, les vignerons talentueux n’ont jamais manqué dans la région. Entre Julien Meyer, Bruno Schueller, Pierre Frick et Christian Binner on avait de quoi passer de belles soirées bachiques entre amis. Disons qu’une région aussi riche en terroirs et cépages méritait un coup de sang neuf. Hubert et Heidi Hausherr font partie de ces vignerons installés en 2000 (disons pour être plus précis qu’ils ont quitté la cave coopérative locale) dans le charmant village d’Eguisheim au sud de Colmar. Nous sommes donc au sud de l’Alsace, une zone où les nombreux plissements géologiques ont donné des terroirs riches et variés. Les Hausherr exploitent une petit domaine de quatre hectares. Ils partagent notamment avec Bruno Schueller le magnifique terroir de Pfersigberg  qui donne des Rieslings salins et des Gewurztraminer d’une grande finesse. C’est le cas de la cuvée Sui Generis 2012 du domaine, un « Gewurtz » tout en délicatesse. Cette cuvée est issue de vignes de 52 ans sur un sol marno-gréseux qui confère au vin des notes florales sans ce côté « litchi » entêtant des mauvais Gewurztraminer.

Quant à la cuvée Aussitôt Bue ! 2013, elle est composée de 3 cépages: de l’Auxerrois, du Sylvaner, et du Tokay Pinot Gris, rebaptisé depuis le différend avec les hongrois Pinot Gris. Prenez les premières syllabes (en gras) de chaque cépage et vous avez le nom de la cuvée! Cette cuvée, plus riche que Sui Generis est issue d’un terroir de grès légers. Le vin est à la fois fin et ample, idéal pour un apéritif. La cuvée mérite bien son nom!

La philosophie des Hausherr est simple (et efficace): faire le maximum à la vigne pour pouvoir lâcher prise lors de la vinification. Un principe faussement simple car il demande une conduite exemplaire des vignes. Hubert a été conquis par les préceptes de Pierre Masson, un des papes de la biodynamie. Depuis, la qualité des raisins obtenus est telle qu’il peut se permettre de presser ses raisins (dans un pressoir manuel en bois) et récupérer le jus dans des cuves sans toucher au vin jusqu’à la mise en bouteilles. Hubert pense que quand l’état sanitaire des raisins le permet, les levures des lies, en mourant,  libèrent des protéines qui stabilisent le vin. Cela lui permet de vinifier et de faire la mise en bouteilles sans adjonction de sulfites ou autre poudre à perlimpinpin. La nature est bien faite quand on sait la ménager.

Bref, les vins du domaine Hausherr font honneur à une région en plein essor. Leurs vins sont purs, fin, élégants… et à des prix qui peuvent donner des complexes à bien d’autres régions productrices de blancs.

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Le Nez dans le Vert: le Jura c’est bien quand on le boit…

       

… mais c’est encore meilleur quand on le voit!

Quitte à être taxés de jurassomanie compulsive, Mi-Fugue Mi-Raisin a décidé de relater sa dernière expédition au pays de Pasteur. Nous sommes rassurés car nous ne sommes pas les seuls à être atteints du virus: entre notre ami-blogueur Olif (ici) et la journaliste Wink Lorch qui a consacré un blog à la région (ici)  et qui vient de sortir un magnifique livre (uniquement en V.O. pour l’instant) très détaillé sur le pinard jurassien, on se dit que le Jura c’est certes contagieux mais pas si grave que ça.

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 Le Nez dans le Vert s’est tenu le dimanche 22 et lundi 23 mars au domaine de la Pinte à Arbois, mais nous avons choisi de faire la route comme au siècle dernier, avec des étapes chez plusieurs vignerons.

       

Première halte: Kenjiro Kagami (domaine des Miroirs), vigneron installé à Grusse depuis quelques années sur un domaine de 3.2 hectares. Kenjiro a appris le métier chez Bruno Schueller en Alsace et vole de ses propres ailes depuis 5 ans sur une propriété de 3.2 hectares. Voler est le terme approprié quand on voit les vignes  pentues qui donnent le vertige. Kenjiro et sa femme travaillent avec acharnement ce coin de paradis et façonnent des vins de rêves, d’une très grande finesse et d’une précision à se damner. Pas de doute, on est dans la même cour que les vins d’Overnoy-Houillon et Ganevat… Les vins sont grands, très grands et à des prix raisonnables (pour l’instant!). Mi-Fugue vous propose son superbe Chardonnay 2013 Mizuiro ainsi que son Poulsard Ja Nai 2013.

                

Le lendemain, direction Pupillin, capitale mondiale du Poulsard (pardon, du Ploussard). Après un déjeuner chez Anne et manu Houillon avec Pierre Overnoy où nous avons bu un Ploussard 2012 (sans doute un des plus beaux rouges bus cette année, mais ne parlons pas de choses qui fâchent), nous avons fait une tournée dans les vignes de Julien Mareschal (domaine de La Borde), jeune vigneron à Pupillin qui monte. Quand on voit ses vignes, on se dit que ça doit être bon dans le verre…et ça l’est.

      

Céline et Steve Gormally (Les Dolomies) nous ont accueillis pour une belle dégustation en cave. Les 2014 s’annoncent superbes mais malheureusement rares. A table nous avons goûté un Pinot Noir 2010 d’une fraîcheur et d’une élégance à filer des complexes à pas mal de bourguignons.

Le dimanche nous nous sommes rendus au salon (on était quand même venu pour ça…) en « coupant » à travers les vignes. Les lecteurs de ce blogs connaissent déjà la bande de vignerons qui ne cessent de nous surprendre. Nous avons été subjugués par les vins de Valérie et Fabrice Closset du Champ Divin (Gevingey) avec notamment un Chardonnay-Savagnin 2010 sous voile d’une très grande finesse aromatique. La cuvée « Fleurs » 2013 du domaine Labet est étonnant de pureté et de gourmandise à un prix plus que sage. Les 2014 d’Etienne Thiébaud seront grands, Patrice Hugues-Béguet confirme son talent de grand vinificateur ès rouges. Les vins de Fanfan Ganevat (dégustés la veille au domaine) sont bluffants pour un millésimé réputé « difficile »: ses 2013 sont sublimes de finesse.

 

Bref, après avoir fait nos emplettes chez Hirsinger (chocolatier de rêve à Arbois) et Philippe Bouveret (Essencia, ZE fromager à Poligny) nous sommes rentrés ravis et comblés.

… mais bon, notre prochain billet  vous emmènera ailleurs… promis Jura!!!

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« Gibus » du domaine Les Bottes Rouges

 

Nous vous l’a déjà dit a maintes reprises, nous sommes amoureux des vins du Jura, qu’ils soient blancs, rouges, rosés, ou jaunes…

Tout le monde connaît l’histoire des toiles de Van Gogh que personne ne voulait à l’époque, à part quelques hurluberlus. Les vins du Jura suivent le même chemin: quand la planète entière s’affolait sur les vins de Bordeaux (allez comprendre…) et les vins de Bourgogne personne ne voulait les vins du Jura, tout juste bons à accompagner un morceau de Comté. Depuis, beaucoup de vin a coulé sous les ponts et entre les Bordeaux trafiqués (enfin…pas tous) et les Bourgognes ultra-chers (idem!) les amateurs se tournent vers le des régions comme le Jura. Prenons le fameux domaine Overnoy. Alors que les cavistes passionnés ne savaient pas quoi faire de leurs stocks – à part les boire! – les vins du domaine sont devenus plus rares qu’une bouteille de Romanée Conti (et ce n’est pas une blague). Que les lecteurs pardonnent notre « graphorrhée  » mais nous nous emballons rapidement quand nous écrivons sur les vins du Jura. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas désespérer car la relève est arrivée dans le Jura avec, entre autres, le sympathique Jean-Baptiste Menigoz du domaine Les Bottes Rouges. Jean-Ba (pour les intimes) fait partie de cette vague de jeunes vignerons jurassiens passionnés et doués, possédant de beaux terroirs et des cépages à l’avenant.

Jean-Baptiste s’est installé en 2012 à Abergement-le-Petit, à l’ouest d’Arbois. Il a commencé  avec 2,4 ha et a doublé sa superficie en deux ans. Si vous aimez la variété, vous serez servis car  il cultive les cinq cépages jurassiens (Savagnin, Chardonnay, Ploussard, Trousseau et Pinot Noir) représentés sur des sols variés (argiles, marnes, calcaires), et propose sept cuvées différentes.

Nous adorons toutes les cuvées du domaine mais avons un faible pour la cuvée « Gibus ». En fait notre penchant pour cette cuvée n’est dû qu’à une chose: c’est la dernière bouteille du domaine dégustée par Mi-Fugue… On aurait pu vous faire l’éloge du superbe Album (savagnin) du Léon (Chardonnay) ou de La Pépée (Pinot Noir) mais Gibus est un Trousseau  hors normes issu de vignes plantées en 1956 sur des éboulis calcaires. La parcelle est exposée plein sud, une orientation idéale garantissant une maturité optimale.. Si vous parcourez la toile, vous lirez tout et n’importe quoi sur ce cépage: qu’il existe au Portugal, qu’il est (probablement) un descendant du Savagnin et que « (…) les vins sont alcooleux, tanniques, puissants avec une acidité particulièrement prononcée mêlée à des notes de fruits rouges » (!). Bref, rien qui vous donne envie de boire du Trousseau.

Boire une bouteille de Gibus est une expérience unique à plus d’un titre. D’abord le Trousseau est un (grand) cépage qui ne se laisse pas facilement apprivoiser: tout comme son cousin la Poulsard (ou Ploussard) il a tendance à « réduire » à l’ouverture de la bouteille avec des notes animales ou faisandées (pour ceux qui ont oublié leurs cours de chimie la réduction est le contraire de l’oxydation). Gibus n’échappe pas à la règle. A l’ouverture le vin est plutôt réduit au nez et discret en bouche. Il se ferait même descendre en flèche  dans une dégustation-marathon ou dans une soirée trop arrosée où les bouteilles se suivent et finissent par se ressembler. Gibus est donc un vin de patience: au bout d’une demi-heure il s’ouvre et révèle des arômes fascinants de poivre, d’épices avec des notes fruitées de griottes et de cassis. Le vin possède une finesse, une fraîcheur et une délicatesse incroyables. Avec plus d’air les notes fruitées prennent le dessus  avec une  texture soyeuse rappelant un grand Bourgogne.

Gibus est donc un vin profond, vibrant et émouvant. Comme un très bon ami, il ne vous tapera pas dans le dos dès la première seconde mais vous serez conquis et vous y reviendrez. Vinifié de cette façon, le Trousseau n’est pas un cépage alcooleux, tannique et acide, mais fin, soyeux et envoûtant…

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Angers et Saumur: le pentathlon des salons « Bio »

        

Comme chaque année début février,  l’Anjou attire les professionnels de tous les continents pendant une semaine. Du samedi au lundi les vins « bio » ont la part belle avec cinq salons: Les Greniers St Jean, Les Pénitentes, Les Anonymes, La Dive Bouteille et le dernier né, le salon Demeter… Cinq salons réunissant pas moins de 950 vignerons. Inutile de dire que ce parcours du combattant est vivement déconseillé aux agoraphobes, claustrophobes, vinophobes et hydrophobes (oui, le vin contient de l’eau…).

L’édition 2015 des salons nous a quand même permis de faire de belle découvertes, de revoir les amis-vignerons et surtout de nous faire une idée plus précise sur le millésime 2014… qui s’annonce superbe et pléthorique dans beaucoup de régions. Autre constat: les jeunes vignerons qui poussent aux portes du vin naturel sont de plus en plus nombreux. Que ceux qui pensent que le vin « naturel »  est une mode fassent un tour sur les salons l’année prochaine. Nous n’avons jamais goûté autant de jolis vins. Le plus compliqué est de faire un choix dans la masse de vignerons talentueux.

Nous ne pouvons évidemment pas décrire toutes les cuvées mais voici un bref aperçu… et une galerie de portraits.

Au Salon Demeter, Gilles Ballorin faisait goûter ses 2013, notamment un superbe rosé de soif sans SO2 et une cuvée de Pinot Noir en grappes entières « G. Soif » qui mérite bien son nom. Le jurassien Patrice Hugues Béguet est notre dernier sympathique vigneron qui fait des rouges à se damner. Si vous avez la nostalgie du Poulsard d’Overnoy, courrez chez Mi-Fugue vous procurer une bouteille de la cuvée « P pour Patrice » 2013.

Aux Pénitentes les vins de René Mosse sont toujours aussi bons et attachants que le personnage. Chez l’Anglore (Eric Pfifferling, Tavel) le millésime 2014 est tout simplement éblouissant, avec un peu plus de vin cette année (Ouf!). La cuvée « le Feu » 2013 de Dominique Belluard, d’une grande pureté, est un des plus beaux vins blanc de ce salon…avec le Riesling Muenchberg 2012 de Patrick et Mireille Meyer, un vin d’une grande pureté. Benoît Courault proposait ses 2013, d’une grande délicatesse, avec une mention spéciale pour sa bulle « Eglantine » une vraie gourmandise. Manu Lassaigne sortira bientôt un Coteau Champenois blanc 2010, un Chardonnay sidérant qui joue dans la cour des grands Bourgognes.

Aux Greniers Saint Jean deux surprises de taille nous attendaient. La bonne: Manu Houilln et Pierre Overnoy (Jura) qui faisaient goûter leurs nectars (et notamment un sublime Vieux Savagninn Ouillé 2006 qui sortira au printemps). Ils ont passé leur week-end à annoncer aux visiteurs frustrés qu’ils n’avaient pas de vin à vendre. L’autre surprise était le stand de Mme Lalou-Bize Leroy avec des Meursault à plusieurs centaines d’euros et de rouges à plus de mille euros. Au niveau rapport qualité-prix on a vu mieux et on se demande surtout ce que faisait un tel domaine aux Greniers. Le stand de Richard Leroy était aussi pris d’assaut, à juste titre quand on goûte ses Rouliers et Noëls de Montbenault 2013, d’une incroyable finesse. Certes, les vins n’ont pas la même « carrure » que les 2012 mais ils prouvent qu’un grand vigneron peut faire de superbes vins dans un millésime réputé « difficile ». Son voisin et ami Bruno Rochard nous a subjugués avec un Moque-Souris 2013 encore plus fin qu’en 2012 et d’une très (trop!) grande « buvabilité ».

 

Aux Anonymes Julien Peyras présentait sa cuvée « Gourmandise » à base de Cinsault, un vin tout en fruit ainsi que son « Lo Tarral » à base de Grenache et Syrah plus concentré mais aussi fruité. Belle découverte: un nouveau domaine, Les Herbes Folles, conduit de main maître par Olivier Prunières, proposera un superbe rouge à base de grenache au printemps.

 

A la Dive bouteille, nous avons ouvert le bal avec Reynald Héaulé, un jeune vigneron hyper-doué. Son « Terre de Silice » 2011 à base de Chardonnay, Meunu Pineau, Sauvignon et Pinot Gris est une merveille de finesse et de complexité. Il peut rivaliser avec un grand Riesling. Sylvain Dittière présentait sa nouvelle cuvée, un Saumur « Les Cormiers »2012  issu d’une belle parcelle. Un vin d’une incroyable fraîcheur, à notre sens encore meilleur que Beaugrands. Les vins de Clément Baraut (Savennières) atteignent en 2013 et 2014 une pureté et une précision bluffantes. Les 2014 d’Etienne Thiébaud (Jura) seront aussi magiques que les 2012, avec notamment un simple Chardonnay rond et fruité et un Chardonnay de Messagelin 2013 tendu, minéral et complexe. Pour finir, nous hésitons à vous parler de Vincent Laval (Champagne) et de son superbe Les Chênes 2010 ou Hervé Souhaut (Ardèche) et sa Souteronne 2014 à base de Gamay, un vin d’une incroyable finesse.

 

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Champagne Benoît Déhu: le Pinot Meunier sublimé

Chez Mi-Fugue Mi-Raisin toutes les occasions sont bonnes pour parler de Champagne, un de nos breuvages préférés. Nous profiterons donc de cette période de fêtes pour vous faire part de notre dernier coup de cœur pour les vins de Benoît Déhu, vigneron à Fossoy.

Quand un client recherche d’une belle bulle  « originale » nous lui proposons souvent un Champagne picard, histoire de provoquer une réaction d’amusement et d’incrédulité… Bien entendu les choses vont mieux quand nous lui expliquons que la Vallée de la Marne englobe une partie de l’Aisne (notamment autour de la ville de Château-Thierry) et que les sols argilo-calcaires et argilo-marneux confèrent au Pinot Meunier (le cépage-roi de la région)  du fruit, de l’élégance et de la complexité. Les champagnophiles qui fréquentent Mi-Fugue savent que nous avons deux domaines de l’Aisne: Françoise Bedel et Jérôme Bourgeois-Diaz…et maintenant, « last but not least« ,  le troisième larron, Benoît Déhu.

Certains amateurs connaissent sans doute la maison « Champagne Déhu Père et Fils » qui propose de jolis vins classiques. Benoît a eu la riche idée d’isoler une parcelle et de « pousser le délire » le plus loin possible: viticulture sans produits chimiques, labour à cheval, utilisation des cycles lunaires, vendanges uniquement le matin et en cinq fois pour obtenir la maturité maximale, utilisation d’un petit pressoir de 2000 kilos… Il fabrique même ses propres fûts avec des bois issus du domaine! Résultat: Benoît propose une gamme à part intitulée « La Rue des Noyers », une parcelle d’ 1.7 hectares de Pinot Meunier qui produit trois cuvées: un Champagne, un Coteau Champenois blanc et un Coteau Champenois rouge, pour un total de 3000 bouteilles. Voici ce que Benoît dit à propos de son travail:

« Le but est d’avoir un raisin de haute qualité pour que par la suite il n’y ait rien faire.
C’est la base de mon travail. Je suis le moins interventionniste possible… Chaque année je repart à zéro, sur une feuille blanche , je ne m’interdit rien, je reste ouvert, je n’ai pas de recettes, simplement l’inspiration de l’année et le désir d’interpréter au mieux ce que m’a donné la nature. »
Des paroles qui sonnent justes aux oreilles de passionnés de vin!

Chez Benoît Déhu « small is beautiful »… pour notre plus grand bonheur gustatif mais aussi  pour notre plus grand malheur car vous ne trouverez pas les bouteilles de ce micro-domaine à tous les coins de rue…

Commençons par le Champagne. Il s’agit d’un « blanc de Meunier » issu de la récolte 2011 et dosé à 1 gramme par litre. La magnifique bouteille laisse présager un très grand vin. Du coup on appréhende la dégustation et on se demande si le breuvage sera au même niveau que le contenant. Lorsque Benoît nous a fait goûter son Champagne pour la première fois, il nous a servi un fond de bouteille ouverte la veille. Dans ce cas le caviste se dit: »de deux choses l’une: soit le vigneron est inconscient et ne veut pas vendre son vin, soit il nous propose une « bombe » qui ne craint nullement l’air et qui au contraire vous emporte au paradis ». Inutile de vous dire que c’était le deuxième cas. Benoît, ex-agent de  la maison Bollinger, connaît son métier de vigneron et de commercial. Il sait que son Champagne possède une incroyable tenue à l’air et que le vin, même s’il perd une partie de ses bulles, s’épanouit sur plusieurs jours. Si nous vous disions que ce Champagne est littéralement sidérant, vous nous accuseriez de prêcher pour notre paroisse, ce qui n’est certes pas faux. Mais il n’empêche, nous n’avons jamais bu un 100% Pinot Meunier d’une telle finesse, élégance, complexité et longueur! A l’ouverture, le vin exhale des arômes d’amande et de vanille. Sa bulle d’une extrême finesse le rend léger et digeste. Avis aux détracteurs du Pinot Meunier: goûtez le vin de Benoît Déhu pour vous rendre compte de la finesse de ce cépage quand il est bien vinifié. A l’aération des arômes de miel, de pruneau  et de coing prennent le dessus. Comme dans tous les grands vins, cette sensation de plénitude est due à  deux éléments complémentaires et antagonistes qui sont à l’œuvre: la richesse et la rondeur du Pinot Meunier contrebalancée par la fraîcheur et la minéralité du terroir argileux. Ces deux éléments, un peu comme le Yin et le Yang, contribuent à en faire un grand vin de plaisir et d’émotion.

L’objectif de Benoît est d’élaborer les vins les plus purs tout en respectant l’environnement. Ainsi, le verre et les  bouchons proviennent de fournisseurs situés à moins de 60 kilomètres du domaine. Quant au dosage très faible d’un gramme par litre, nous lui avons posé la question de béotien: « pourquoi un gramme et pas zéro? ». Benoît a fait plusieurs tests pour arriver au dosage idéal et s’est rendu compte qu’une modification du dosage de 0.5 gramme changeait complètement la personnalité du vin. Il a donc retenu le dosage le plus approprié.

A notre avis ce Champagne n’est pas destiné à être « glouglouté » à l’apéro au coin d’un bar, mais accompagnera à merveille un repas, que ce soit un homard, une volaille, une poêlée de champignons ou un foie gras. Du grand art!!!

Pour ceux qui ne le savent pas, le Coteau Champenois blanc est tout simplement un blanc « tranquille » (ou sans bulles si vous préférez) qui n’a donc pas subi la fermentation supplémentaire lui permettant d’acquérir ses bulles… et de gagner quelques degrés d’alcool. L’élaboration d’un Coteau Champenois nécessite donc une bonne maturité de raisin et donc la conjonction d’un climat favorable et d’un travail impeccable à la vigne.

Ce vin est issu de la récolte 2011. Il possède de jolis reflets plus dorés qu’un Chardonnay (le Meunier est un raisin noir). Au nez il libère d’incroyables arômes de pêche et de violette. En bouche ce vin net, iodé et tendu rappelle par certains côtés un grand Puligny-Montrachet. Au niveau aromatique, le Meunier apporte des notes salines  propres au grand terroir argileux de la région. Tout comme le Champagne, il ne craint pas l’air et peut se boire sur plusieurs jours. Un superbe blanc, étonnant et envoûtant qui pourra accompagner poissons, volailles, ou un Livarot…

Benoît Déhu fait partie des jeunes vignerons à connaître, mais la taille de son exploitation et sa notoriété à l’étranger font que les vins sont déjà épuisés. Mi-Fugue a réussi à glaner quelques flacons de ce talentueux vigneron, et au prix d’une bouteille et demie de Ruinart, nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’un des meilleurs rapports qualité-prix en Champagne…

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Alexandre Jouveaux: des vins qui se goutent comme les saisons…

Les passionnés de vins « vivants » (pour éviter l’épineux terme « naturels »!) connaissent le problème de la Bourgogne: des grands vins mais avec un furieux décollage dans les prix et aucun atterrissage prévu pour l’instant, vu la demande mondiale et les quantités de misère.

Alors que faire quand on aime le Pinot Noir et le Chardonnay? Pour le « chardo » on peut se réfugier dans le Jura et pour le Pinot Noir en Alsace ou en Loire. Mais le terroir bourguignon est unique et l’amateur de frissons doit casser sa tire-lire pour un joli Pinot: boire un coup, oui, mais à 40€…pas tous les jours.

Finalement la Bourgogne ressemble un peu à Paris: le centre étant devenu très (trop?) cher, il faut aller voir ce qui se passe en périphérie. Et là, nous sommes de plus en plus gâtés entre le nord (Chablis, Vézelay, Irancy…) et le Mâconnais au sud.

C’est simple: si vous voulez boire un grand blanc qui pulvérise 99% des vins de Meursault, essayez la cuvée « Aragonite » du jeune Julien Guillot (Clos des Vignes du Maynes)…ou les vins d’Alexandre Jouveaux, vigneron aussi discret que talentueux et dont le domaine situé à Uchizy (au nord de Mâcon) commence à faire du bruit. Certes, nous sommes pas sur les mêmes notes « beurrées », mais plutôt sur une tension et une pureté qui vous rappelle un peu les grands vins blancs ouillés du Jura.

Alexandre est un vigneron humble et discret. Il n’aime pas parler de son cheminement mais préfère laisser parler ses vins. Nous l’avons quand même interrogé pour savoir ce qui se cachait derrière des vins aussi complexes  qu’émouvants. Voici sa réponse:

« Mon travail dans la vigne à pour but d’avoir un végétal vivant et sans trompe l’œil. Les sols sont bêchés dès les premières chaleurs de l’année pour donner de la vigueur aux vignes. Ensuite, les herbes prennent place pour installer un équilibre et sa biodiversité. Pas besoin de faire plus compliqué. »

Alors oui, ça a l’air simple de faire des grands vins, sauf que derrière cette simplicité apparente se cache un travail colossal et un questionnement permanent. Tout le monde sait que l’idée de vigneron « fainéant » qui laisse faire les choses est une boutade. D’ailleurs, si c’était le cas tous les vignerons « classiques » se seraient convertis depuis belle lurette!

Au niveau de la vinification Alexandre prône la même simplicité:

« La récolte, faite en caisses de 10kg est directement versée dans un pressoir hydraulique busher. Le jus obtenu est tout de suite logé dans des foudres de 1200 litres. Aucune intervention jusqu’à la mise en bouteilles. Elle sera faite manuellement et par gravité. Le but est d’arriver à des vins jeunes et sauvages à la mise. »

… mais « sauvage » ne signifie nullement rustique ou grossier. Bien au contraire, les vins du domaine atteignent depuis quelques millésimes des sommets de finesse et de pureté. A l’ouverture les vins blancs sont plutôt discrets mais l’air révèle peu à peu la complexité et les arômes. Comme toute chose faite avec amour, les vins d’Alexandre demandent de la patience. Nous déconseillons la carafe car l’aération vous priverait d’une expérience fascinante: « accompagner » le vin à travers ses différentes phases d’ouverture. Le dernier vin dégusté, la cuvée « O12″ (vous aurez deviné le millésime), est une expérience hors du temps: au bout de deux heures la maturité des raisins fait ressortir des notes de raisins de Corinthe, avec une trame minérale persistante. Ce vin rappelle un grand Chardonnay d’Overnoy. Inouï!

La cuvée de Pinot Noir et Gamay, l’Orme, est du même niveau, avec une fraîcheur et un fruit sidérants.

Alexandre conclut en disant : « j’aime ces vins qui se goutent comme les saisons ». Une chose est sûre: chez Mi-Fugue nous en gouterons de janvier à décembre…

Les cuvées disponibles:
En blanc: Combarnier 2013, Prety 2013 (bouteille et Magnum), O12
En rouge: L’Orme 2013
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Nez dans le Vert, Levée de la Loire et Biodyvin: la dégustation « 3-en-1″

Le lundi 3 novembre les professionnels (et quelques amateurs-resquilleurs) ont eu la chance de fréquenter trois salons, et pas des moindres, à l’espace Vianey, quai de la Rapée à Paris: Le Nez dans le Vert (vins du Jura), La Levée de la Loire (on vous laisse deviner) et enfin Biodyvin, un joyeux mélange de vignerons « biodynamistes » de tous les horizons.

Malgré l’austérité du  lieu, le monde et le bruit, l’accueil chaleureux des vignerons et la qualité des vins ont transformé un parcours du combattant en moment agréable.

Commençons par le début, Le Nez dans le Vert, le nec plus ultra du Jura, même s’il manquait à l’appel quelques vétérans (Overnoy/Houillon et Ganevat) qui n’ont plus une goutte à vendre.

Malgré un millésime 2013 très difficile les vignerons jurassiens sont là pour nous prouver qu’on peut faire de très beaux vins contre vents, grêle et tempêtes. Céline Gormally (Les Dolomies à Passenans), vigneronne aussi attachante que talentueuse a signé des 2013 magnifiques avec notamment un grand Chardonnay « Les Combes » rond, pure et complexe… et un pétillant naturel de Gamay « On s’en Pet' » d’une gourmandise confinant au vice! Jean-Baptiste Menigoz (Les Bottes Rouges) affine son style d’année en année. Son Chardonnay « Léon » 2013 fruité, fin et délicat convaincra les superstitieux que 2013 n’est pas une année maudite, loin de là. Quant à sa cuvée de Trousseau « Gibus », il s’agit sans doute d’un des plus beaux rouges du Jura. Etienne Thiébaud (Les Cavarodes), toujours aussi discret et sympathique présentait quelques cuvées. On comprend facilement pourquoi il n’a pas une bouteille à vendre: il s’est rapidement hissé au niveau des plus grands. Son Savagnin « Ostrea Virgula » 2013 est une merveille de finesse et d’équilibre. Les Vins de Raphaël Monnier (Ratapoil) sont tout simplement éblouissants, entre un Chardonnay minéral, un Savagnin Ouillé de grande classe et un Pinot Noir fin et fruité… Julien Mareschal (Domaine Laborde) est un vigneron à suivre: son Chardonnay aux notes fumées et son Savagnin « Foudre à Canon » sont d’une précision et d’une finesse incroyables. Le Pinot Noir d’Alexis Porteret (Domaine des Bodines) nous a charmés par son fruit et sa finesse et son Chardonnay 2012 élevé 16 mois en pièces (sans SO2) est un modèle du genre, rond, élégant et gourmand. Finalement Patrice Hugues Beguet, autre jeune espoir jurassien présentait entre autres son Poulsard 2013, un rouge d’une couleur qui ferait pâlir plus d’un rosé! Avis aux nostalgiques du Poulsard 2011 (pardon, du Ploussard!) du domaine Overnoy…

Côté Loire Sébastien David a encore frappé avec sa cuvée « Hurluberlu », un Saint-Nicolas-de-Bourgueil qui vous donne envie de boire du Cabernet Franc jusqu’au bout de la nuit. Son vin d’amphore, « Coef 13″, plus « sérieux » est quand même très buvable, fin, délicat, racé. Geneviève Delatte (Domaine Bertin-Delatte) était là pour nous rappeler que le Chenin est quand même un des plus grands cépages au monde. Son Echalier 2012 est ample, fruité avec des notes délicates d’agrumes. Autres vigneronne qui défendait avec brio les couleur du Chenin, la charmante Lise Jousset  (domaine Lise et Bertrand Jousset à Montlouis) présentait les cuvées du domaine et notamment « Premier Rendez-Vous » ample et équilibré. Quant à « Singulier », la « grosse » cuvée, il s’agit d’un Chenin d’une finesse inouïe qui passe comme de l’eau! Il ne faut pas oublier que la Loire ce n’est pas que le Chenin et le Cabernet Franc. C’est aussi le Sauvignon et quand le sympathique  Olivier Bellanger (domaine la Piffaudière) s’y met, on a juste envie d’en boire: sa cuvée « Nuits Blanches » 2013 est superbe, avec le côté « pâtisserie » du Sauvignon (mûr!) contrebalancé par une fraîcheur et une acidité qui vous titillent le palais.

Nous avons terminé par le salon Biodyvin et en  particulier les champagnes de Benoît Lahaye, d’une grande finesse et d’une complexité bluffante. Sa cuvée « Violaine » est un Champagne d’une rare émotion et  après toute une journée de dégustation, finir par un Champ’ de ce niveau vous remet un caviste d’aplomb!

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Bulles Bio: Mi-Fugue Mi-Raisin aux anges à Reims

        

Nous présentons nos excuses à ceux ou celles qui commencent à nous trouver un tantinet champagno-maniaques. Nous n’avons pas pu résister à la cinquième édition du salon Bulles Bio qui s’est tenu le lundi 13 octobre à Reims…

Il faut dire que les organisateurs ont eu l’idée lumineuse de privatiser le Palais du Tau attenant à la cathédrale, une magnifique bâtisse du seizième siècle abritant entre autres les sculptures de la cathédrale et de splendides tapisseries. Comme tout amateur le sait, l’environnement compte  autant que le breuvage lui-même.

Nous avons don pris le TGV par une journée radieuse pour nous retrouver une heure plus tard face à une belle brochette de vignerons champenois (vous l’aurez compris, « belle » est une litote pour « superbe »!).

Il y avait les copains d’abord (bravo, ceux qui suivent ont reconnu Brassens…): l’inimitable Vincent Laval présentait sa cuvée de Cumières 1er Cru Brut Nature, ses millésimés étant épuisés (mais bientôt disponibles chez Mi-Fugue). Point besoin de présenter 50 cuvées quand on atteint ce niveau d’excellence sur la première cuvée issu des trois cépages « classiques »: Pinot Noir, Chardonnay et Pinot Meunier. Un Champagne à la fois dense, rond, fruité, complexe et extrêmement long en bouche. Une merveille, et sans doute un des plus grands « Cumières Brut Nature » élaboré par Vincent.

Sur la table voisine Emmanuel Brochet présentait lui aussi une seule cuvée: Le Mont Benoît 2011 non millésimé extra brut. Les lecteurs assidus remarqueront l’apparente bizarrerie d’un 2011 non millésimé. Pour millésimer un Champagne celui-ci doit passer un minimum de 3 ans sur lattes. Emmanuel pense que son 2011 (composé de 40% de Pinot Meunier, 40% de Chhardonnay et 20% de Pinot Noir) est beaucoup trop jeune. Certes, il gagnerait à être gardé quelques mois, mais en le goûtant nous lui avons dit qu’aux âmes bien nées etc. En tout cas il nous reste un stock du fabuleux 2010 histoire de patienter. En tout cas nous avons la confirmation que les vins d’Emmanuel sont magiques et font partie des meilleurs rapports qualité-prix de Champagne. Avec 7000 bouteilles par an, la lutte est chaude!

Betrand et Hélène Gautherot (Champagne Vouette et Sorbée) présentaient leurs trois cuvées issues du millésime 2011. Trois cuvées magiques, qui prouvent encore la capacité de ce vigneron à extraire la quintessence des terroirs (sols Kimméridgiens que l’on retrouve à Chablis). « Fidèle », un 100% Pinot Noir non dosé, à la fois rond, suave et cristallin était suivi par « Blanc d’Argile » (100% Chardonnay) ample, profond et très très long et on clôturait sur un des plus beaux rosés du salon, « Saignée de Sorbée » vinifié en macération carbonique longue, fin, élégant et fruité.

Valérie Demarne (Champagne Demarne-Frison), toujours aussi accueillante et charmante, nous a fait goûter ses 2011 mis en bouteilles en juillet 2012 et dégorgés en octobre 2013. Au bout d’un an la cuvée « Goustan » (100% Pinot Noir non dosé) est d’une légèreté et d’une finesse à se damner. La gourmandise et la buvabilité de cette cuvée est déconcertante pour blanc de noirs réputé vineux et ample. Quant à la nouvelle cuvée de Goustan issue de la récolte 2012, nous avons rarement bu une telle infusion de fruits en Champagne!

Les vins du domaine André Beaufort sont toujours aussi magiques. On commence à se perdre un peu chez les Beaufort car les enfants d’André sont tous des vignerons doués! Amaury Beaufort présentait les vins élaborés à Polisy dans l’aube, à ne pas confondre avec ceux du père à Abonnay. Le 2006 Grand Cru composé de 80% de Pinot Noir et 20% de Chardonnay est un des vins les plus complexes et séduisants du salon. Une merveille d’élégance.

Les Champagnes d’Emmanuel et Bénédicte Leroy (Champagne Rupert Leroy), vignerons à Essoy dans l’Aube sont toujours aussi fins, charmeurs et envoûtants. Mention spéciale pour le belle cuvée « Martin Fontaine » un Chardonnay complexe, rond et gourmand. Benoît Marguet présentait ses très jolis vins et notamment son Blancs de Noirs Premier Cru, un Pinot Noir (86%) minéral, ciselé… un vrai bonheur!

Après une matinée studieuse nous avons déjeuné dans la magnifique salle du couronnement de la Vierge, histoire de reprendre ses esprits avant d’attaquer les découvertes du salon.

 

Au chapitre des découvertes, nous ne savions pas où donner de la tête. Jérôme Bourgeois-Diaz, jeune vigneron à Crouttes-sur-Marne dans l’Aisne élabore des cuvées au rapport qualité-prix imbattable, et notamment la « 3’C » ou 3 cépages si vous préférez d’une très belle fraîcheur. Dominique Lelarge (Champagne Lelarge-Pugeot) à Vrigny (sud-ouest de Reims) présentait une seule cuvée « Les Meuniers de Clémence » un vin rond, séduisant et ample. Thomas Perseval, jeune vigneron à Chamery (dans le « 51 ») possède un exploitation de 2.5 hectares et produit à peine 10 000 bouteilles par an. Il faudra se ruer sur ses vins car son Brut Tradition (43% Pinot Noir, 42% Pinot Meunier et 15% Chardonnay) est un exemple d’équilibre et de finesse. Loïc et Aurélie Barrat (Champagne Barrat-Masson) sont des  futures stars du Champagne. Installés en 2010, ces jeunes vignerons produisent trois superbes cuvées reflétant les terroirs de Villenauxe La Grande (dans l’Aube). Leurs vins sont d’une grande subtilité. Une chose est sûre, Mi-Fugue les suivra!

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Le Pinot Noir « Les Pierres Chaudes » 2013 de Patrick Meyer…

Mi-Fugue Mi-Raisin se souvient de la première visite chez Patrick Meyer en Alsace, à Nothalten dans le Bas-Rhin, il y a huit ans…comme si c’était hier. Après une très belle dégustation de blancs nous voulions goûter ses rouges. Patrick  nous a répondu avec un sourire narquois que la planète entière courait après le Pinot Noir d’Alsace dans une région réputée pour ses blancs.

Depuis, nous avons bu (et rebu) l’ensemble de sa gamme et nous pouvons clamer haut et fort: « Oui Patrick, tes blancs sont grands, superbes, mais si tout le monde court après ton Pinot Noir Les Terres Chaudes, c’est bien parce qu’il est aussi racé, élégant, pur et gourmand… »

Patrick est un vigneron aussi sympathique que discret. Pour lui l’essentiel n’est pas d’être présent sur les tables de restaurants étoilés ou sur des salons à Tokyo mais de travailler au mieux ses vignes (8.5 hectares)  pour pouvoir aller le plus loin possible dans la vinification… et obtenir des vins purs reflétant le terroir. Si certains journalistes considèrent le monde des vins naturels comme la dernière crétinerie pour bobos parisiens, le domaine Julien Meyer est un parfait contre exemple: Patrick n’utilise plus de produits de synthèse dans ses vignes depuis 1990 et le domaine est en biodynamie depuis 1999. Il a une théorie aussi amusante qu’avérée: selon lui la progression des  vins naturels est forcément exponentielle car l’aller (des vins « traditionnels » vers les vins naturels) est forcément sans retour! Certains diront qu’ils s’agit d’un truisme dans la mesure où la consommation de vins de Meyer, Leroy ou  Pfifferling rend l’ingestion d’une bouteille de Mouton Cadet difficile, douloureuse voire dangereuse… Mais certains journalistes (nous pensons à M. B. en particulier) ne l’ont toujours pas compris.

Patrick excelle donc sur les deux tableaux: des blancs purs, élégants et intenses… et des rouges d’une rondeur et d’une finesse à faire pâlir certains grands bourgognes.

La cuvée « Les Pierres Chaudes » 2013 est un miracle d’équilibre, d’élégance et de fruité. Les Pinots sont issus de terroirs granitiques et argileux, conférant au vin ce côté à la fois léger et aérien,  rond et fruité. L’élevage est fait en demi-muids de plusieurs vins, évitant ainsi un caractère trop boisé qui alourdirait le vin. A aucun moment ce vin n’a vu un seul milligramme de sulfites, ce qui contribue à la finesse et à la pureté aromatique. Que ceux qui pensent qu’un vin sans sulfites ajoutés est forcément déviant goûtent ce nectar… tant qu’il y en a! On se dit qu’heureusement l’Alsace est là pour nous offrir de superbes pinots à des prix sages.

Le vigneron nous en voudrait si l’on ne mentionnait pas ses blancs. En ce moment Mi-Fugue vous propose les cuvées suivantes du domaine:

Muscat Petite Fleur 2013. un Muscat sec avec des notes florales envoûtantes. Très beau vin d’apéritif, en accompagnement d’asperges (un peu tard, certes!) ou sur des plats exotiques.

- Riesling Grittermatte 2012. Vin minéral très complexe issu d’un terroir sablo-gréseux. Très belle ampleur et minéralité.

- Gewurtzraminer sec « Les Pucelles » 2013. Vin épicé sans les notes parfois écœurantes de litchis de certains « gewurtz ». Issu de terroirs limoneux et argilo-calcaires.

- Riesling Grand Cru Muenchberg 2010. Vin d’une ampleur et d’une complexité incroyables. Un vin qui accompagnera à merveille un homard, un St Pierre ou que vous pourrez boire tel quel.

- L’Alternative Zellberg 98. Un vin de voile issu d’un assemblage de Sylvaner et de Pinot Gris. Les raisins ont été récoltés tardivement et élevé 36 mois en barrique sans ajout de soufre. Résultat: un vin oxydé d’une grande ampleur et d’une longueur en bouche infinie qui accompagnera merveilleusement un vieux comté ou une viande blanche aux morilles.

- Crémant d’Alsace. Assemblage de Pinot Blanc et d’Auxerrois, élevé 18 mois sur lattes. Un très joli vin non dosé et non sulfité, idéal pour l’apéritif.

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Les nouvelles cuvées de Champagne de Vincent Charlot-Tanneux

Avant tout nous tenions à présenter nos excuses à nos lecteurs pour cette rentrée « légèrement » tardive. Non, Mi-Fugue n’a pas pris deux mois de vacances pour se remettre des émotions de l’été, mais des soucis informatiques nous ont empêchés de vous mettre au courant des nouveautés de la rentrée.

Nous avons démarré la rentrée en retournant chez Vincent Charlot-Tanneux, ce jeune vigneron hyper doué déjà mentionné sur ce blog (voir ici). Le domaine est situé à Mardeuil, à quelques kilomètres d’Epernay. Comme en septembre les occasions de célébrer  ne manquent pas (la rentrée, le retrouvailles, les impôts…) nous en avons profité pour aller glaner quelques nouvelles cuvées et goûter les jus de la récolte 2014. A ce stade il s’agit vraiment de jus de raisins après pressurage et débourbage (l’opération consistant à séparer les peaux, pépins et autres résidus du jus).

La dégustation des jus mis en barriques est une expérience aussi singulière qu’instructive. Comme les fermentations alcooliques ont démarré rapidement en 2014, on se retrouve avec un jus très légèrement fermenté (entre 3 et 5 degrés d’alcool), certes moins grisant que le produit final mais avec des différences marquées selon les cépages et les terroirs. Vincent isole les différents terroirs pour les fermentations en barriques et assemble les barriques par la suite, assemblages qui donneront les 18 cuvées du domaine! L’expérience est déroutante car les livres d’œnologie vous apprennent que l’expression du terroir n’est révélée qu’après les fermentations alcooliques…Mais tout le monde le sait:  la viticulture biologique – et surtout biodynamique – bouleverse les idées reçues!

Sur certaines barriques le vin est en pleine effervescence… et déborde!

Après la dégustation des barriques et un bon repas, direction les vignes. Vincent y passe le plus clair de son temps…et ça se voit. Juste avant nous avons fait une halte pour prélever quelques vers sur le compost. Vincent prépare plusieurs composts en fonction des besoins de la vigne (en azote, carbone, potasse et phosphore) et de la nature du sol.

   

Le tas ci-dessus est composé de tourbe (à gauche) et de compost « normal » à base de marc de raisins. La tourbe étant constituée de matière organique « morte », elle se fait envahir par les liserons alors que le tas de droite, riche et équilibré agit comme répulsif à mauvaises herbes. La leçon est simple: si vous avez un jardin régulièrement envahi par les liserons, pissenlits et autres plantes indésirables,  votre sol est sans doute déséquilibré! La tourbe mélangée à la terre et aux autres composts servira essentiellement à aérer et drainer les sols.

Voici quelques photos des vignes de Vincent, toujours aussi foisonnantes de vie… avec quelques grappes laissées par des vendangeurs « distraits »!

Nous n’avons pas pu résister à notre exercices préféré consistant à comparer les sols de Vincent à ceux de ses voisins pratiquant une agriculture « traditionnelle » (euphémisme!)

Vous l’aurez deviné, la motte de gauche est celle de Vincent, plus riche, légère et aérée avec des champignons (les tâches blanches) et des galeries creusées par les vers. Bref, il y a de la vie dans la terre de Vincent!…alors que dans la motte de gauche, la terre est sèche, compacte, craquelée, sans aucune trace de vie (nous avons essayé de trouver un lombric…en vain). Vincent, comme tous les vignerons passionnés, est persuadé que la somme de petites différences finit par creuser l’écart au niveau du produit final, à savoir le vin en bouteilles.

Après quelques heures dans les vignes nous sommes retournés à Paris chargés de bouteilles et ravis de la superbe journée passée en compagnie de Vincent.

Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose en ce moment les cuvées suivantes du domaine Charlot-Tanneux:

« Expression » extra-brut (dosé à 4.5 grammes/litre). La première cuvée du domaine constituée de 70% de Pinot Meunier, 20% de Chardonnay, et 10% de Pinot Noir. Les raisins sont issus de la récolte 2010. Un Champagne léger, fin, fruité et souple. Notre premier prix en Champagne et la preuve qu’on n’est pas obligé de mettre des fortunes pour un Champ’ de grand plaisir.

– Cuvée « Fruit de ma passion 1998″. Un 100% Chardonnay sur sols argilo-calcaires. Ce Champagne est resté sur lattes 16 ans, la phase pendant laquelle le Champagne « s’étoffe » et gagne en ampleur et en complexité. La législation exige une période de 3 ans minimum pour les Champagnes millésimés… alors imaginez le résultat au bout de 16 ans: un nez et bouche salines d’une très grande complexité, un vin ample, fin et puissant à la fois. Un Champagne tout simplement magique! Oubliez les cuvées prestigieuses des grandes maisons, voici unes des bouteilles ultimes de vin, certainement une des dix plus belles émotions de Mi-Fugue… et au prix d’une bouteille de Ruinart, la vie est belle!!!

– Cuvée « Honoré Charlot 2006″. 70% Pinot Noir et  30% Chardonnay. La rareté du domaine: 540 bouteilles! Une cuvée plus « vineuse » que la précédente, mais aussi géniale! Un très grand vin de gastronomie!

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Bonnes vacances…

En cette période de grands départs, nous souhaitons d’excellentes vacances à tous ceux qui partent…

Si vous oubliez les crèmes solaires, bouées, livres, lunettes de soleil ou bermudas, n’ayez crainte: vous trouverez tout sur place.

… Mais SURTOUT n’oubliez pas l’essentiel: la caisse de vins!!

Pour les parisiens invétérés (ou ceux qui n’ont pas le choix), nous vous rappelons nos horaires d’été du 04 au 24 août inclus:

 

–  LUNDI: FERMÉ

–  du MARDI au SAMEDI: 10h30 à 13h15    puis   16h30 à 20h30

–  DIMANCHE: 10h30 à 13h15

 

Bonnes vacances!!!!

 

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Une journée dans l’Orléanais chez Reynald Héaulé…

On ne remerciera jamais assez la providence de nous avoir parachutés comme cavistes et passionnés de vin en l’an de grâce 2014. Imaginez la même chose dans les années 70: à part les vins de Bordeaux, de Bourgogne et quelques farfelus isolés, point de salut dans le verre. Ce truisme nous est venu sur la route vers Cléry-Saint-André, un patelin à une quinzaine de kilomètres d’Orléans, en direction de Blois (soit dit en passant Louis XI repose dans l’église de Cléry, un des seuls rois à ne pas reposer dans la Basilique de Saint-Denis, information qui vaut son pesant d’or au « Trivial Pursuit ») . Qui aurait cru trouver des vignes dans une région vouée à la culture céréalière?

Reynald Héaulé a eu le nez creux en s’installant dans la région en 2002. Après des études à Bordeaux (histoire d’apprendre ce qu’il ne faut pas faire…) puis des séjours chez « les bons », il a atterri chez Claude Courtois en Sologne.

Pour joindre Reynald, nous aurions mieux fait de contacter le ministère de l’agriculture car Reynald passe le plus clair de son temps dans son vignoble. Un vigneron passionné et exigeant travaillant un grand terroir, ça vaut forcément le détour.

Les vignes de Reynald (2 hectares) s’étendent  autour du village, à l’exception d’un clos planté en Chardonnay sur la rive droite. Il croit dur comme fer à l’assemblage et à la notion de terroir qui prend le dessus au vieillissement. D’ailleurs la dégustation au chai suivie de millésimes plus vieux en bouteilles est révélatrice. Dans le premier cas les vins ont un fruit éclatant et une finesse à faire pâlir un paquet de Bourgognes. Avec l’âge les vins gagnent en profondeur et en complexité.

En passant à table nous avons goûté l’insoumis 2009 et 2010 ainsi que sa cuvée Éclats de Silice 2006 (rebaptisée depuis « Terre de Silice »). L’Insoumis est un assemblage de huit cépages, avec une dominante de Cabernet Franc et un soupçon de Côt, Gascon, Pinot d’Aunis, Pinot Gris… Le 2009 est encore jeune avec un caractère solaire sur des notes épicées. Le 2010 est d’une incroyable finesse et fait penser à un grand Pinot Noir. Bref, le genre de bouteille qui peut créer la surprise dans une dégustation de vins de Bourgogne.

Mais le vin le plus sidérant reste l’éclat de silice 2006, un vin d’une complexité et d’une finesse à couper le souffle. A l’ouverture le vin libère des arômes d’un grand Riesling, avec ces notes légèrement « pétrolées ». Au bout d’une heure les notes de silex et d’herbes coupées prennent le dessus avec une minéralité, une finesse et une élégance à se damner. Il n’y a aucun doute: nous jouons dans la cour des Overnoy, Ganevat, Leroy et autres très grands blancs. Reynald nous a signalé que l’acidité de ce vin le rendait imbuvable les deux premières années mais qu’il s’était bien remis de ses défauts de jeunesse. On ajouterait même très bien remis! La cuvée Terre de Silice 2010 est au moins aussi impressionnante que le 2006, quoique plus « réservée » à ce stade. Reynald pense que ce vin ira encore plus loin que le 2006… Avis aux amateurs!

                    

Reynald nous fait penser à un autre jeune vigneron, Benoît Courault, de Faye d’Anjou. Tous les deux ont une exigence et une rigueur alliées à une capacité gustative hors du commun et sont très critiques vis-à-vis de leurs propre travail. En visitant ses vignes, Reynald nous a avoué qu’il n’était pas content de la végétation et qu’il semait en ce moment un mélange de trèfle et de moutarde pour enrichir ses sols. Quand il parle de SO2, il refuse tout dogmatisme. Pour lui, la vérité se trouve aux alentours de 20 mg/litre en SO2 total, tant dire des doses très basses impossibles à détecter lors d’une dégustation. Bref, il fait partie des vignerons curieux et acharnés qui se remettent tout le temps en question. Ce trait de caractère et la dégustation des vins nous font dire qu’il ira loin… très loin!

Dernier détail qui a son importance: le rapport qualité-prix. Pour le prix de deux bouteilles de Tariquet Premières Grives vous aurez un Éclat de Silice, un vin infiniment plus grand…avec des lendemains infiniment moins compliqués.

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les cuvées suivantes du domaine:

L’Atypique rouge: assemblage de Pinot, Gamay, Côt et Pinot Meunier. Un superbe vin de soif sur le fruit.

L’Insoumis 2009 et 2010: huit cépages (Cabernet Franc, Côt, Gascon, Aunis Pinot Gris…) sur des sols de silice.

Terre de Silice 2010: assemblage de Menu Pinot, Chardonnay, Pinot Gris et Sauvignon. Un immense vin d’une très grande complexité!

Silice en bulles: un 2010 gardé sur lattes quatre ans! Une bulle d’apéritif ou de repas,  ample et complexe.

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VinoBusiness d’Isabelle Saporta: le livre noir sur Bordeaux…

Avant de prendre la route et de se mettre au vert pour plusieurs semaines, tout lecteur qui se respecte est confronté au choix des bouquins qu’il emportera à la campagne ou en bord de mer, moment aussi délectable que cornélien. Avant d’emporter le dernier Grangé que vous n’avez pas eu le temps de lire ou le dernier Marc Levy qu’on vous a offert (et que vous oublierez forcément dans votre chambre d’hôtel) nous vous proposons le dernier ouvrage d’Isabelle Saporta sur le vin « made in Bordeaux », VinoBusiness, une enquête menée tambour battant par une journaliste qui ne manie pas la langue de bois (même si elle  traite des copeaux de bois). Isabelle Saporta a interviewé plusieurs vignerons  (si tant est qu’on puisse les appeler vignerons), exportateurs, « winemakers » et autres personnalités qui œuvrent dans ce monde surréaliste où l’égo le dispute à la bêtise. Car ici la réalité dépasse la fiction, et si vous vous demandez où les réalisateurs de séries telles que « Dallas » ont été puiser leurs histoires, vous vous direz après avoir lu ce livre qu’au pays de l’or rouge on est au moins aussi impitoyable et cynique qu’au pays de l’or noir.

Vous apprendrez que chez les « Grands » de Bordeaux, toutes les magouilles sont possibles pour arriver à leurs fins. Ainsi, un dénommé Hubert de Boüard, patron d’Angélus à Saint-Emilion, n’a pas hésité à cumuler les postes stratégiques lui permettant de classer son propre domaine en premier cru classé A, récompense suprême lui permettant d’effectuer une belle plus-value sur ses vignes et son vin. La recette? Vous vous parachutez président du Conseil Interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), président du conseil régional de l’INAO, président des premiers crus classés de Saint-Emilion et le tour est joué! Ah oui, on a oublié de mentionner que dans le dossier permettant d’être bien noté et d’obtenir le classement il faut inclure des critères avantageant son propre domaine ainsi que celui des copains: figurer dans un long-métrage (James Bond), dépenser des fortunes (7 millions d’euros) dans la rénovation de son chai, posséder un parking et une salle de conférence à l’image du domaine pour pouvoir accueillir le gratin mondial. Bref, quasiment aucun critère concernant la qualité des vignes et du vin. Mais les grands seigneurs de Bordeaux ne s’arrêtent pas à ces enfantillages et ces démonstrations d’ego. S’il faut nuire à son voisin pour pouvoir en profiter par la suite, tous les coups sont permis. Pierre Carle, patron du Château Croque-Michotte à Saint-Emilion l’a appris à ses dépens. En 2006 son domaine a fait l’objet d’un déclassement  qui aurait normalement entraîné un effondrement du prix du foncier et du vin et le rachat de sa propriété à « prix d’ami »… s’il ne s’était défendu bec et ongles contre ses prédateurs et obtenu l’annulation du déclassement.

VinoBusiness fourmille d’autres histoires de ce genre, notamment sur les fameux « winemakers », les pesticides, les copeaux de bois, le vin en Chine, l’hégémonie de Robert Parker… et un chapitre sur le Champagne, histoire de montrer que cette noble région n’est pas en reste. Isabelle Saporta décrit ce monde dans un style fluide et humoristique, tout en évitant les potins de téléréalité. Elle a même réussi à « piéger » certaines personnalités qui lui ont avoué l’inavouable…

Un livre instructif et souvent drôle qui vous éclairera sur la face cachée de Bordeaux…

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Saumur-Champigny « Les Beaugrands » 2011: Tonton a encore frappé (très!) fort…

       

Les lecteurs-buveurs assidus de ce blog connaissent déjà Sylvain Dittière, alias Tonton, qui s’est installé il y a quelques années à Montreuil-Bellay, à quelques verstes de Saumur (voir notre article « Les Beaugrands 2010 de Sylvain Dittière« ). Ces mêmes lecteurs savent aussi tout le bien que nous pensons de sa première cuvée « Les Beaugrands » 2010, un Cabernet Franc étincelant. Mais le vin, c’est un peu comme le foot (désolé, c’est la période qui le veut. Chez Mi-Fugue on ne comprend pas grand-chose au foot, mais on a compris que ça faisait chic d’en parler…) : lorsqu’une jeune équipe méconnue joue un premier match époustouflant, on l’attend au tournant pour voir si elle réitèrera l’exploit. Et comme au foot, il y a dans le vin de sérieux indices qui permettent de savoir si le vigneron a bénéficié d’un « coup de bol » (millésime hors du commun…) ou si l’étincelle qu’on a ressentie est le fruit d’un travail acharné à la vigne. Bref, nous étions impatients de savoir si Sylvain allait transformer l’essai en 2011 (on passe au Rugby)… Impatients mais confiants!

Nous avions déjà goûté à plusieurs reprises ce vin au stade d’élevage et il nous semblait pour le moins prometteur.  Après le mise en bouteilles fin mai un ami de la région nous a remonté une bouteille sans étiquette (un échantillon si vous préférez). Entre la mise récente et un voyage de quatre heures sous la canicule, tout jouait contre ce vin (un peu comme si vous faisiez jouer l’équipe du Brésil en Écosse au mois de janvier). En plus ce soir-là notre réputation de caviste était en jeu car nous avions des convives, et un caviste qui vous sert un vin moyen est comparable à un restaurateur qui vous ouvre une boîte de William Saurin. « Les Beaugrands » 2011 a laissé l’ensemble de la table sans voix!

« Les Beaugrands » fait partie des vins qui vous poussent à vous poser la question que notre ami-vigneron Richard Leroy – grand dégustateur devant l’éternel! – pose toujours à ses convives: est-ce un bon vin ou un grand vin? Bien entendu la frontière entre les deux est aussi floue que subjective, mais certains vins (comme certains romans ou certains disques) vous emballent, vous transportent, vous métamorphosent. En les buvant on se dit que le vigneron a trouvé l’expression ultime et idéale du cépage et du terroir, que la bouteille nous fait passer un moment de grâce, que l’étincelle et l’émotion y sont… Au même titre que les vins d’Overnoy et de Ganevat dans le Jura ou de Pfifferling dans le Rhône, « Les Beaugrands » 2011 fait définitivement partie de ces vins magiques qui expriment toute l’intensité, le velouté et la richesse d’un grand terroir.

Vous l’aurez compris, nous sommes dingues de ce vin ainsi que de l’ensemble des cuvées du domaine. Par rapport au 2010, Les Beaugrands 2011 possède un surcroît de finesse, d’équilibre et de fraîcheur. Les notes intenses d’épices et de tabac cèdent le pas à un fruit d’une profondeur envoûtante.

Un superbe Cabernet Franc qui sera disponible chez Mi-Fugue en septembre… Vivement la fin de l’été!!

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Planquette 2010, le Bordeaux comme on l’aime…

En voyant la photo ci-dessus nos lecteurs doivent se demander ce qu’il se passe chez Mi-Fugue Mi-Raisin: une tartelette framboises-romarin accompagnée d’un vin de Bordeaux…  Non, nous n’avons pas pété un câble et non nous n’allons pas vous faire bientôt l’apologie d’un fraisier accompagné d’un Meursault ou d’un Riesling sec sur un fondant au chocolat…

Commençons par le vin. Planquette est donc un Bordeaux vinifié par Didier Michaud, un jusqu’au-boutiste qui bichonne son « jardin » de moins de deux hectares planqué au fin fond du Médoc, à Saint-Yzans, au nord de Saint-Estèphe. Son travail acharné à la vigne produit des vins d’une très belle densité, avec des notes mentholées de garrigue  de thym, le tout enveloppé d’un très beau fruit. Didier est là pour nous rappeler que le vin se fait à la vigne et qu’on ne rattrape pas le travail bâclé au vignoble en jouant à l’apprenti chimiste au chai comme le font trop souvent les « grands domaines » bordelais. D’ailleurs vous pourrez lire sur la toile l’expérience de nombreux amateurs qui ont glissé une bouteille de Planquette dans une dégustation de Bordeaux « prestigieux »… avec le résultat que vous pouvez imaginer.

L’idée (saugrenue!) d’allier ce vin à une tartelette framboises-romarin nous est donc venue après avoir remarqué le côté à la fois fruité et mentholé de Planquette. Il fallait ensuite trouver un dessert très peu sucré avec des saveurs rappelant celles du vin. Nous l’avons trouvé à deux pas de chez nous, au Délice des Anges, une petite pâtisserie du 14ème arrondissement  sise au 71, rue de la Tombe Issoire (dans le quartier d’Alésia)…  Cet ancien chef du Crillon invente des alliances subtiles, originales et fines, toujours délicieuses et jamais écœurantes. Bref, un  must pour les gourmands saccharophobes…

Didier Michaud nous montre une fois de plus qu’un grand vin de Bordeaux existe… et que la région bouge. Entre Planquette, Meylet, Léandre-Chevalier, l’Hospital, Cassini,  Massereau, Moulin Pey-Labrie, Clos Saint André, Joguaret et bien d’autres, vous avez le choix de boire du bon, du très bon, voire de l’exceptionnel sans vous empoisonner. L’argument supplémentaire qui plaide en faveur de Planquette est son étonnant rapport qualité-prix: au prix d’une bouteille et demie de Mouton Cadet vous auriez tort de vous en priver!

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L’Eau Forte 2012 de Jean-Claude Lapalu

Voici un nom bien étrange pour une cuvée de vin… Tout le monde sait que  le vin continent beaucoup d’eau (environ 85%), même trop pour certains. Les consommateurs savent aussi que les vins « traditionnels » (une litote pour vins chimiques) proposés en grande distribution peuvent contenir outre l’eau 300 produits chimiques autorisés au niveau européen, dont l’ammoniaque, l’arsenic (vous avez bien lu), l’anhydride sulfureux (le fameux SO2), l’acétate de plomb et notre préféré, le diméthylposiloxane, que vous essaierez de prononcer dix fois de suite sans bafouiller en fin de soirée bien arrosée… de vins naturels.

Jean-Claude Lapalu n’a pas voulu rendre hommage à la molécule H2O qu’en bon beaujolais il lui arrive de boire à l’état pur de temps en temps. Il a voulu s’approcher du vin que tout amateur a eu entre les mains (ou plutôt dans le gosier) au moins une fois dans sa vie, le vin qui vous fait dire: « il est pur, limpide et désaltérant comme de l’eau ». Même si cette quête peut paraître paradoxale (surtout depuis la transformation d’eau en vin aux Noces de Cana), le Gamay est un candidat idéal  pour le Saint Graal de la pureté.

Jean-Claude Lapalu fait partie des vignerons humbles qui n’aiment pas encenser leurs vins. Nous pouvons dire sans hésiter qu’il a réussi son pari. L’Eau Forte 2012 est un des vins les plus fins, subtils et gourmands qu’il nous fût donné de boire ces derniers mois. Pour ceux qui connaissent les Brouilly de Jean-Claude, son style ample et charpenté (que nous adorons!) cède ici le pas à la finesse et à la légèreté. Il a tout mis en œuvre pour obtenir ce nectar: des vignes en « bio » depuis plus de quinze ans, les vendanges en cagettes rafraîchies à 10 degrés, une macération carbonique de deux semaines, une mise en cuve de 48 heures suivi d’un élevage de 5 mois dans des fûts de Frédéric Cossard (domaine de Chassorney à Saint-Romain, Bourgogne) puis une mise en bouteilles sans filtration et sans sulfitage.

Pour sa première cuvée d’Eau Forte, Jean-Claude a frappé fort. Il a réussi un superbe vin rouge exprimant  la quintessence du Gamay. Chez Mi-Fugue nous l’avons déjà élu vin de l’été, sauf qu’à force de le boire (et d’en proposer de temps en temps aux clients), nous craignons que nos stocks ne passent pas le printemps…

Merci pour cette très belle émotion JC!

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2013, millésime pourri ou réussi?

2013 est une année réputée épouvantable que vignerons et autres professionnels du vin auront hâte d’oublier rapidement.  Les agriculteurs ont tout reçu: gel, grêle, mildiou, oïdium… Des dégâts qui auront mis certains vignerons sur la paille et d’autres à la merci du millésime 2014 qui devra être qualitatif et abondant. En attendant le verdict des vendanges en septembre, les (rares) bouteilles du millésime 2013 commencent à montrer le bout de leur goulot.

Alors qu’en est-il exactement? Certains journalistes succomberont à la tentation de porter le coup de grâce à ce satané millésime. Le raisonnement est imparable: s’il n’a pas fait beau, les raisins n’ont pas pu mûrir et la piètre qualité du fruit est compensée par des « ajustements » en cave (chaptalisation, boisé outrancier pour compenser le manque de fruit…) qui donneront au mieux des vins acides et décharnés. Et ces journalistes auront raison… s’ils goûtent les vins des domaines « classiques » qui privilégient l’aspect commercial plutôt que l’obtention d’un vin sain à forte personnalité. L’année 2013 est donc un véritable révélateur de talent, et montrera plus que jamais que le vin se fait surtout et avant tout à la vigne. Pour schématiser, disons que dans un millésime réputé « parfait » comme 2005 les gros domaines qui préfèrent payer une page de publicité sur papier glacé plutôt qu’un ouvrier travaillant les vignes s’en tireront à bon compte, alors que dans un millésime comme 2013 ce sera plus délicat, voire impossible.

Nous cavistes qui aimons les vins purs, sains, authentiques et vibrants – rien que cela! – sommes contents car les premières bouteilles de 2013 que nous nous sommes empressés d’ouvrir (et de boire) sont gorgées de fruit et d’une gourmandise confinant au vice.

Mi-Fugue a sélectionné pour vous trois cuvées de trois amis-vignerons: le « Beaujolais Tentation » de Jean-Claude Lapalu, une merveille de finesse et de fruit. Attention au côté fortment addictif de cette « bombe de fruit »! Philippe Tessier a réussi un coup de maître avec son « Cheverrny Domaine » 2013 à base de Gamay, Pinot Noir avec un soupçon de Côt: un vin de printemps exquis! Last but not least, Bruno Rochard un de nos chouchous de Loire qui commence à percer à force d’élaborer des grands vins (son Anjou blanc « Moque Souris » 2012 est un immense Chenin qui peut rivaliser avec les nectars de Richard Leroy!). Son Anjou rouge 2013 « Le P’tit Clou » est un poil plus concentré que les deux autres cuvées (ce qui est normal pour un Cabernet Franc) mais avec un fruit et un équilibre dignes de vins rouges de Loire bien plus chers.

Alors oui, 2013 ne sera pas comme 2005 ou 2009: il ne faudra pas encaver les belles cuvées de Bourgogne et de Loire pendant 10 ans avant de les boire. Mais après tout, a-t-on vraiment besoin de garder les vins aussi longtemps? Si le plaisir est votre priorité, 2013 comblera vos attentes…à condition de piocher chez les vignerons amoureux de leur travail, qui auront su extraire la quintessence d’un millésime tendre, fruité, gourmand, mais hélas!, trop rare.

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Le salon « Terres et Vins de Champagne » 2014: un cru exceptionnel

Pour les professionnels du vin le salon est un passage obligé car il permet d’effectuer un tir groupé en rencontrant plusieurs vignerons… sauf que toute solution pratique a aussi ses désavantages: on a l’impression de travailler à la chaîne en passant d’un stand à un autre. L’échange avec le vigneron est pour le moins concis et à la fin de la journée on reste un peu sur sa faim…à défaut de rester sur sa soif.

« Terres et Vins de Champagne » fait partie des heureuses exceptions: la convivialité du lieu, la qualité des vignerons et la formule proposée (les vins de Champagne ainsi que les vins clairs) font que nous quittons le salon d’un pas léger et guilleret.

Pour vous en rendre compte voici la liste (non-exhaustive) des vignerons réunis à Aÿ pour l’occasion: Vincent Laval, Emmanuel Brochet, David Léclapart, Benoît Lahaye, Françoise Bedel, Aurélien Laherte, Francis Boulard, Pascal Doquet, Dominique Moreau, Olivier Horiot, Franck Pascal, Marie-Noëlle Ledru… Alors forcément, cette liste de rêve donne envie d’aller buller une journée en Champagne. Mais justement, il n’y avait pas que des bulles sur ce salon: les vignerons proposaient leurs vins clairs, exercice aussi passionnant qu’instructif. Les non-initiés doivent se demander: « kezako un vin clair? ». Pour résumer, le Champagne est un vin blanc qui a subi une fermentation supplémentaire lui donnant ses belles bulles…et quelques degrés d’alcool en plus. Il ne faut pas oublier qu’on est en Champagne et qu’il fait froid une bonne partie de l’année. Du coup, le vin « tranquille » obtenu après fermentation est très acide et  ne titre que 9 degrés en moyenne. Tant vous dire que goûter ces vins le matin après un croissant relève de la gageure! Mais c’est à cette étape que l’on perçoit les défaut inhérents à la qualité du raisin (enfin…quand on a l’habitude), défauts souvent maquillés par un dosage « généreux ».

Inutile de vous dire que les vins clairs de Vincent Laval, David Léclapart ou Benoît Lahaye sont superbes. L’acidité est enrobée d’un fruit qui donne envie de boire le vin et de dire au vigneron: « ne te fatigue pas à champagniser ton vin, on le prend tel quel! ». On atteint même sur certaines cuvées 11.5 degrés d’alcool et le vigneron peut commercialiser son vin sans bulles sous l’appellation « Coteaux-Champenois ».

Voici un bref aperçu de nos coups de cœur. Chez Vincent Laval les vins clairs sont somptueux, et notamment son Pinot Noir « Les Hautes Chèvres » à 11,5 degrés, un immense vin blanc qui donnera un Champagne de rêve. Vincent nous a fait goûter ses millésimés 2009, parmi les plus belles émotions du salon. Il seront disponibles en septembre 2014 chez Mi-Fugue. Autre très belle émotion: les vins de Benoît Lahaye, et notamment sa cuvée Violaine 2010, d’une grande finesse. Quant à sa cuvée « Le Jardin de la Grosse Pierre » issue d’une vigne complantée en Pinot Noir, Pinot Meunier, Chardonnay et… Chasselas, il s’agit pour nous  d’un des plus beaux Champagnes jamais dégustés. A chaque gorgée la terre s’arrête de tourner… David Léclapart nous a bluffés avec sa cuvée de Pinot Noir « L’astre 2010″, d’une incroyable complexité. Le reste de sa gamme est sans surprise: des vins fins, élégants, complexes…bref, magiques!! Emmanuel Brochet nous a présenté son dernier-né: une cuvée 100% Chardonnay 2006. Un autre très grand vin, mais inutile de vous dire que pour un vigneron qui produit 5000 bouteilles par an (oui, vous avez bien lu!), il y aura rapidement disette. Mi-Fugue essaiera de grappiller une caisse. Les vins de Dominique Moreau (Champagne Marie Courtin) sont toujours aussi fins et élégants… et d’un incroyable rapport qualité-prix. Pour finir cette tournée rapide, n’oublions pas le jeune et sympathique Aurélien Laherte dont les vins gagnent chaque année en finesse et en précision. Mention spéciale pour sa cuvée »Les Vignes d’Autrefois », un 100% Pinot Meunier à se damner.

    

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Le Jura, encore et toujours…

Après le salon des vignerons jurassiens « Le Nez dans le Vert » à Paris (voir notre article « Le Nez dans le Vert, le Jura à Paris »), nous n’avons pas pu résister à la tentation de retourner dans le Jura le 24 mars car cette fois-ci les vignerons jouaient à domicile et l’équipe était au complet. Même si certains nous accuseront de jurassomanie compulsive, nous assumons notre faible pour cette magnifique région aux grands terroirs et aux vignerons aussi dynamiques que sympathiques… Et ils sont de plus en plus nombreux à élaborer des vins fins, élégants, vibrants…

Le Jura a tout pour plaire: des paysages magnifiques, des terroirs fabuleux (on est sur l’autre versant de la faille bourguignonne…) et des grands cépages (Chardonnay, Savagnin, Poulsard, Trousseau et Pinot Noir). L’engouement pour les vins du Jura s’explique aussi par un autre phénomène: l’envolée des prix de la Bourgogne. Depuis cinq ans la région est en ébullition, et si on cédait à notre penchant jurassique nous proposerions une vingtaine de vignerons… Pour l’instant Mi-Fugue Mi-Raisin se contente de vous proposer une dizaine de vignerons: Emmanuel Houillon (Maison Pierre Overnoy), Fanfan Ganevat, Jean-Baptiste Menigoz (les Bottes Rouges), Raphaël Monnier (Ratapoil), Etienne Thiébaud (Cavarodes), Julien Labet, Pascal et Evelyne Clairet (domaine de la Tournelle), Céline Gormally (Les Dolomies)…

Le salon change de lieu chaque année. L’édition 2014 s’est tenue au Château de Gevingey, à quelques kilomètres au sud de Lons-le-Saunier. Vous noterez que les vignerons ont le chic de dénicher des endroits pas trop pourris pour leurs dégustations…

 

Mi-Fugue Mi-Raisin recevra d’ici début mai les cuvées suivantes:

* Domaine Les Dolomies (Céline Gormally):

  • Chardonnay « Les Combes » 2012
  • Chardonnay « Novelin » 2012
  • Trousseau 2013
  • Pinot Noir 2013

* Julien Labet (Rotalier):

  • Chardonnay « Les Varennes » 2012
  • Fleur de Savagnin « En Chalasse »

* Les Bottes Rouges (Jean-Baptiste Menigoz):

  • Savagnin 2012
  • Chardonnay 2012
  • Pétillant Naturel
  • Pinot Noir 2012
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Dominque Belluard, le roi du Gringet

        

Devinette: pour vous le mot « Gringet » évoque

A.  Le dernier cocktail à la mode dans les bars parisiens

B. Un auteur français de polars

C. Un cépage savoyard

Gagné, il s’agit bien d’un cépage blanc de Savoie (pour ceux qui auraient répondu « B », rien ne vous empêche de lire un livre de Grangé en sirotant un verre de Gringet).

Depuis 1988 le sympathique et talentueux Dominique Belluard a décidé de rendre à ce cépage ses lettres de noblesses. Car il s’agit bien d’un cépage noble, fin, complexe… et rare: il n’est planté que sur 20 hectares dont 11 qui appartiennent à Dominique.

Si vous passez vos prochaines vacances entre Genève et Chamonix, n’hésitez pas à passer à Ayse pour vous rendre compte de l’exploit de ce vigneron qui  trime sur un vignoble accroché à des coteaux (très!) pentus à 450 m d’altitude. Dominique évoque volontiers les errements des premières années quand il pratiquait une viticulture « conventionnelle ». Il s’est rapidement rendu compte qu’il était dans une impasse et que  la pérennité du domaine passait par une approche plus saine de la vigne et de la vinification. Quand nous avions découvert ce domaine il y a six ans, les vins étaient très bons. Depuis, ils sont devenus magiques et pour Mi-Fugue  ils figurent parmi le top 10 des grands vins blancs de France. Dominique a suivi le même cheminement que d’autres vignerons mentionnés sur ce blog: une observation et un questionnement permanents qui l’ont conduit à pratiquer la biodynamie. Au lieu d’épandre des produits chimiques qui appauvrissent les sols et affaiblissent la vigne, Dominique utilise des « préparats » à base de silice et de bouse de vache pour renforcer le système immunitaire de la plante. Il passe aussi ses journées dans le vignoble à bichonner ses vignes.

Le même soin est apporté à la vinification. Il utilise des cuves ovoïdes en  béton permettant d’obtenir des vins plus harmonieux. La mise en bouteille se fait avec une dose homéopathique de sulfites (30 mg par litre en SO2 total).

Le résultat: des vins d’une rare finesse qui expriment pleinement le superbe terroir d’éboulis calcaires et d’argile rouge.

Alors si vous n’avez jamais bu du Gringet, il n’est jamais trop tard pour découvrir un des plus grands cépages blancs vinifié par un des vignerons les plus doués…

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les cuvées suivantes du domaine:

Les Alpes 2012, un vin blanc fruité avec une belle trame minérale. Ce vin est idéal sur des fruits de mer.

Le Feu 2012, Vin plus puissant et complexe que le précédent, issu d’un des plus beaux terroirs de Savoie. Un grand vin d’émotion nécessitant quelques années de garde (ou si vous êtes impatient quelques heures de carafe!). A 50% du prix d’un Meursault village, nous n’hésitons pas une seconde!

Ayse Méthode Traditionnelle, le premier pétillant du domaine élaboré selon la méthode champenoise et élevé deux ans sur latte. Un « brut zéro » (pas de sucre ajouté) fin, fruité, minéral. Idéal pour l’apéritif.

Ayse Mont Blanc Brut Zéro 2010, Amateurs de grands Champagnes, ruez-vous sur cette cuvée! Un pétillant d’une finesse et d’une complexité à faire pâlir beaucoup de ‘Champ’ bien plus chers. Ce vin est à la fois minéral et ample, dense et complexe. La bonne nouvelle: le prix, deux fois moins cher qu’un Ruinart (et cent fois meilleur). La mauvaise: les quantités! Nous n’avons reçu que 12 bouteilles de ce nectar…

 

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Vincent Charlot-Tanneux: le Champagne comme vous ne l’avez jamais bu…

Vincent Charlot-Tanneux… Retenez ce nom et ce visage: bientôt il fera partie des grands noms du Champagne. Chez Mi-Fugue Mi-Raisin nous sommes convaincus qu’il y a une justice dans le monde bachique: ceux qui travaillent leurs vignes avec acharnement, qui ont une excellente compréhension du monde végétal , qui se posent les bonnes questions et qui se remettent surtout en question finissent par « percer ».

Vincent est installé à Mardeuil, à quelques kilomètres d’Epernnay. Au bout de deux visites chez ce vigneron nos repères ont été sérieusement bousculés. Nous sommes dingues de champagne et nos visites régulières dans la région nous ont permis de sélectionner quelques vignerons talentueux (du moins nous l’espérons!). Mais là, après une visite de deux heures dans ses vignes nous nous sommes rendu compte de l’ampleur de notre ignorance en la matière! Vincent n’est pas du genre a vous asséner des vérités ou vous faire un cours magistral sur la vigne ou la vinification. Chez lui c’est la passion qui parle et une balade dans ses vignes est une leçon inoubliable sur le monde végétal: en plein hiver  – alors qu’on pourrait croire que le vignoble est « lunaire »- il vous fait goûter de l’ail sauvage, de la mâche ou du plantain.

                 

Ses connaissances sur la biodynamie sont bluffantes: vous pouvez lui poser n’importe quelle question sur la tisane d’achillée ou la décoction de prêle des champs… il est intarissable. Il élabore trois composts différents selon la nature des sols et les besoins de la plante.

              

Son vignoble est un véritable microcosme grouillant avec une faune qui entretient et enrichit la terre. Le résultat est une vigne saine, vivante et vigoureuse. Nous nous sommes livrés à notre jeu préféré: la comparaison – éloquente! – de ses vignes  avec d’autres parcelles « en chimie »…

       

… No comment!!

Vincent passe ses journées dans ses vignes. Vous ne le verrez jamais sur un salon à Tokyo ou à New York… ni même à Paris. Le résultat s’en ressent: des raisins d’une qualité extraordinaire lui permettant de vinifier des vins clairs d’une pureté et d’une précision aromatique sidérantes! Vincent élabore des grands vins plutôt que du champagne. Les allergiques aux goûts stéréotypés des « grandes maisons » devraient donc trouver leur bonheur chez lui.

Nous n’avions jamais bu des champagnes avec ces notes à la fois florales et de de fruits exotiques. La gamme aromatique de ses vins est encore différente de celle d’autres  amis-vignerons tels qu’Emmanuel Brochet, David Léclapart, Emmanuel Lassaigne ou Vincent Laval.

Nous atteignons ici des sommets avec des vins à forte personnalité d’une pureté et finesse hors du commun… et un incroyable rapport qualité-prix.

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les cuvées suivantes:

Cuvée « Expression » (70% Pinot Meunier, 20% Chardonnay et 10% Pinot Noir). Un de nos premiers prix en Champagne. Léger, fruité et fin. Si tous les « petits prix »  pouvaient procurer autant de plaisir!…

« L’extravagant ». Un Champagne sans sulfites ajoutés. 50% Chardonnay, 25% Pinot Noir et 25% Pinot Meunier. Raisins issus exclusivement de la récolte 2011. Sans doute une des plus grandes émotions gustatives de Mi-Fugue. Un Champagne avec des arômes de rose, d’une délicatesse inouïe. Sublime! Ah oui…on a oublié de vous dire: Mi-Fugue s’est partagé la totalité de cette cuvée avec un ami-confrère en province. Du coup, à Paname vous n’en trouverez que chez nous!

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Les salons de la Loire…édition 2014

Ça y est… nous sommes revenus sains et saufs de la série de salons qui se sont tenus à Angers et Saumur du 1er au 3 février: Renaissance des Appellations, Pénitentes, Dive Bouteille… Nous avouons avec une pointe de honte que nous avons calé devant le salon « Les Anonymes », mais là nous n’en pouvions plus après deux jours de marche forcée, de dégustation acharnée et de serrage de louches à la chaîne… Pour les zinzins des salons, il y avait aussi La Levée de la Loire et (l’énorme) Salon des Vins de Loire… Au total 7 salons sur 3 jours, de quoi vous donner le tournis mais aussi vous faire une bonne idée de ce qui se vinifie aux quatre coins de la France…et même ailleurs.

Commençons par le début: La Renaissance des Appellations, imposant salon qui se tient aux Greniers St Jean à Angers et qui réunit le gratin des vignerons en biodynamie.

Il fallait jouer des coudes pour avoir accès aux bouteilles, mais le jeu en valait la chandelle. Clément Baraut, notre vigneron préféré de Savennières nous a fait goûter ses blancs d’une finesse et précision à tomber ainsi qu’une petite cuvée de Chenin blanc baptisée « Herbes Folles » d’une belle élégance. Richard Leroy persiste et signe… des vins blancs sublimes. Le millésime 2012 est pour lui sa plus belle réussite. Les deux cuvées (Rouliers et Noëls de Montbenault) sont bluffantes de finesse et de complexité. L’autre brillant et sympathique vigneron est le corse Sébastien Poly du domaine U Stiliccionu. Sa « petite » cuvée Antica 2010 ainsi que son fleuron « Sottu Scala » sont tous les deux somptueux. Pour nous, un grand!

Le jeune Sébastien David à Saint-Nicolas-de-Bourgueil nous régale à chaque millésime de vins fruités, denses, profonds. Mi-Fugue recevra bientôt son « Hurluberlu » 2012, un vin fluide, gourmand…étonnant!

 

Jean Delobre de la Ferme des Sept Lunes nous ravit les papilles avec des St-Joseph floraux, fins et gouleyants. Michèle Aubéry du domaine Gramenon, a réussi une série explosive (en fruit!) en 2012, et notamment une Poignée de Raisins addictive! Des vins superbes , mais malheureusement disponibles en très petites quantités.

On a même croisé des « touristes » qui n’avaient pas une quille à vendre mais qui venaient prendre l’air (…ou plutôt le verre).

Devinette: qui est-ce?

Gagné! c’est Yvon Métras, alias l’Avion…

Dans une ambiance plus « cosy », le salon  « Les Pénitentes » proposait une autre brochette de vignerons géniaux: le facétieux René Mosse, l’unique Manu Lassaigne, le boute-en-train Kikro (ou Nicolas Vauthier si vous préférez) de Vini Viti Vinci, les chouchous de toute la profession, Eric et Marie Pfifferling de l’Anglore, le vétéran du « Pinot-Noir-Comme-on-l’aime », Fred Cossard du domaine de Chassorney et le jovial Dominique Belluard, savoyard qui vous vinifie du Gringet comme vous n’en avez jamais bu…

Last but not least, le Saint Graal, l’ultime destination des pèlerins du vin nature: La Dive Bouteille. Cette année au lieu de se peler le derrière au magnifique château de Brézé, les organisateurs ont loué les caves Ackerman à Saumur, aussi sombres que les douves du château mais un poil moins humides. Bon, c’est sûr qu’avec 20 millions de bouteilles par an,  l’esprit d’Ackerman n’est pas du tout celui des vignerons de la Dive…

… si vous voyez ce qu’on veut dire!

La liste des belles découvertes est trop longue, mais nous avons adoré le nouveau Sauvignon « Chez Charles » de Noëlla Morantin, les Pineau d’Aunis de Renaud Guettier, La Grapperie, les superbes Marsannay de Sylvain Pataille, les Bourgognes de Yann Durieux (Recrue des Sens)… Sinon les autres amis-vignerons étaient au rendez-vous avec des vins toujours au sommet. Il y a ceux qui auraient pu venir à pied: Sylvain Dittière de la Porte Saint Jean qui continue à nous étonner avec des Saumur-Champigny d’une grande finesse et d’une complexité incroyables et Stéphane Erissé, du domaine Andrée qui a sorti un Anjou rouge, fin, subtile et incroyablement gourmand. Le champenois Vincent Laval, avec un nouveau « Brut Nature » sublime, Benoît et Valérie Lahaye (Bouzy)avec une magnifique cuvée « Violaine », Jean-Baptiste Menigoz des Bottes Rouges (Jura) qui sort bientôt un Savagnin à couper le souffle. Les 2013 d’Hervé Souhaut seront tout simplement irrésistibles: finesse, fruit, longueur… tout y est! Nous avons terminé avec le discret et charmant Cyril Fhal du Clos du Rouge Gorge qui élabore les vins les plus élégants du Roussillon.

Bref, après deux jours de dégustation intense Mi-Fugue vous réserve de belles découvertes dans les mois à venir…

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L’Anglore 2012…

La sortie du dernier millésime d’Anglore ressemble un peu aux soldes chez Harrods ou à l’arrivée du dernier Iphone: la pression monte et les passionnés trépignent plusieurs semaines avant… Cette année  les nerfs (et le gosier) des clients ont été mis à rude épreuve par l’arrivée tardive des vins, retard dû en grande partie aux conditions climatiques difficiles en 2013 – une litote! – qui n’ont épargné (presque) aucune région. A Tavel l’excès d’humidité a provoqué la coulure (la non-transformation de la fleur en fruit) du Grenache, cépage sensible au mildiou et à l’oïdium. Du coup, si en fin d’année on vous propose une bouteille de Pierres Chaudes 2013, la superbe cuvée de Grenache du domaine, méfiez-vous! Eric et Marie Pfifferling ont donc décidé de retarder la commercialisation des 2012 pour « lisser » le creux, retard  qui risque de provoquer la soif, la frustration et la colère des Anglorophiles…

Car oui, une véritable « Angloromanie » existe depuis quelques années, et la fièvre ne retombe pas, bien au contraire. Il y a même des malins qui parcourent toutes les caves de Paris pour glaner deux ou trois bouteilles par adresse! Il suffit de goûter un rosé, un rouge ou un blanc du domaine pour comprendre l’engouement: des vins hallucinants de finesse et de complexité à des prix défiant l’entendement et la concurrence. Eric est courtisé par les exportateurs, les importateurs, les restaurateurs, les cavistes, les particuliers… Il ne peut malheureusement pas contenter toutes les demandes, mais il a su conserver une incroyable générosité et une humilité que bien des vignerons auraient perdu face à cet engouement plus que justifié. On le dit souvent chez Mi-Fugue: les vins ont souvent la personnalité de leur vigneron (et quand on tombe sur l’exception qui confirme la règle, à savoir un bon vin vinifié par une tête à claques, on est contrarié et agacé!). Les vins de l’Anglore confirment cet adage. Quand vu buvez (enfin…sifflez!) une bouteille du domaine vous avez envie de connaître le vigneron… et inversement!

Nous disions donc que même le sud de la vallée du Rhône n’avait pas été épargné par les intempéries. Pour les vins du domaine la lutte sera chaude pour 2012 et 2013 même si Eric propose des nouvelles cuvées, et notamment un blanc baptisé « Nulle Part Ailleurs », un superbe vin fruité à base de Bourboulenc.

Mi-Fugue Mi-Raisin a aussi reçu les classiques du domaine:

Les Traverses 2012: Grenache et Syrah. La cuvée la plus florale, la plus fine du domaine?…

… à moins que ce ne soit Pierre Chaude 2012, 100% Grenache, le vin le plus élégant du domaine!

La cuvée Véjade 2012, à base de Mourvèdre et de Grenache, est plus dense mais aussi gourmande que ses soeurs!

Tavel Vintage 2011: Grenache, Cinsault, Carignan et Clairette. Ce rosé, pour nous le plus grand sur terre (et nous pesons nos mots!) a été élevé une année supplémentaire dans une barrique de Fred Cossard, du domaine Chassorney en Bourgogne. Ce superbe vin nous rappelle d’ailleurs un grand Bourgogne avec le tempérament sanguin du sud. A boire (au moins!) une fois dans sa vie…

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Les Vins du Domaine Ribiera…

Régis Pichon fait partie de la première vague de « néo-vignerons », ces gens de la ville qui en ont eu marre du bruit, du stress et du monoxyde de carbone. Sommelier à Paris, la passion du vin s’est rapidement muée en désir d’en faire, et Régis est parti à l’aventure en 2005.

Le Languedoc s’est imposé à l’époque et continue de s’imposer depuis la révolution qualitative menée dans les années 90. Cette région a tout pour plaire: la variété des cépages et des terroirs, des coûts d’installation  raisonnables et un climat moins capricieux que la Loire et la Bourgogne.

Régis et Christine Pichon sont aussi sympathiques qu’exigeants. Leurs vins possèdent ce côté à la fois fin, aérien et « solaire » avec beaucoup de fruit et peu d’alcool. Leur approche, à la fois humble et simple, donne des vins élégants et digestes. « Admettre, parfois sans comprendre. Ne pas imprimer notre volonté dans les vins. Épurer le geste et se laisser guider par l’intuition. Tenter et se confier au vide pour trouver les équilibres dans le trop ou le peu. L’harmonie ressentie est transmise… ». Avec une telle approche comment voulez-vous que les vins ne soient pas vivants et vibrants?!

Sur le domaine Ribiera niché à Aspiran, à mi-chemin entre Montpellier et Béziers, Régis et Christine cultivent avec amour les cépages locaux: Cinsault, Grenache Noir, Terret et Roussanne. Ici tout est fait dans les règles de l’art: labour des sols avec apports de compost, épamprage manuel, maturité du raisin décidée par la dégustation des baies, récoltes manuelles en petites cagettes, vinification de chaque parcelle séparément sans levures chimiques, très peu ou pas de sulfites à la mise en bouteilles…

Alors, si vous voulez découvrir une région qui bouge et qui propose des vins fins, élégants, gourmands, profonds, adoptez le Languedoc… et les vins du domaine Ribiera en particulier!

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les cuvées suivantes:

Causse Toujours 2012: Assemblage à parts variables de Cinsault, Grenacheet Syrah.
Élevage 10 mois en cuve et demi-muids âgés. Vin dense et fruité, idéal sur une viande rouge.

La Vista 2011: 100 % cinsault (vignes de 10 à 40 ans sur marnes et galets roulés).
Élevage dix mois en cuve et demi-muids âgés. Fin, élégant et fruité.

La Croisée des Chemins 2012: Grenache noir à 80 % complété de Cinsault et Syrah.
Élevage 10 mois en cuve et demi-muids âgés. Un superbe vin fruité et gourmand.

Y’a un Terret 2012: 100 % Terret (vignes de 50 ans). Raisins vendangés le matin et pressurés en grappes entières. Élevage 10 mois en demi-muids âgés. Vin blanc ample et fruité qui accompagnera à merveille poissons, crustacés, fromages…

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Pinot Noir « Cuvée Particulière » 2001 de Bruno Schueller…

         

Avant de commencer le premier billet de l’année, Mi-Fugue Mi-Raisin souhaite à ses lecteurs (-trices!)  une excellente année 2014 avec de belles  découvertes bachiques. Que la curiosité l’emporte sur la morosité et que le flacon triomphe de la récession. Pour nos amis vignerons nous souhaitons que 2014 marque la fin d’une série de millésimes trop arrosés, gelés, grêlés…

De notre côté nous avons ouvert le bal avec une superbe bouteille dénichée au fond de notre cave: un Pinot Noir « Cuvée Particulière » 2001 de Bruno Schueller,  sympathique vigneron alsacien installé à Hussern-les-Châteaux, à quelques encablures de Colmar.

Cette bouteille fait partie des nombreux flacons oubliés au fond d’une cave. En retirant la couche de poussière on se dit: « zut! j’aurais dû la picoler en 2004 et non en 2014″. Forcément, tous les amateurs ont ce préjugé bien ancré: « Grand Pinot Noir de garde = Pinot Noir de Bourgogne = bouteille à 40 euros (minimum!) ». Il faut dire que plusieurs événements ont contribué à la hausse vertigineuse des prix du Pinot Noir bourguignon: l’effet « Bobby » Parker, suivi par la sortie en 2004 du film « Sideways » (qui relate le périple de deux amis amoureux du cépage-roi) et amplifié par l’engouement de la Chine…

Du coup on a tendance à se dire qu’un Pinot Noir d’Alsace peut faire l’affaire pourvu qu’on le boive jeune, sur le fruit… Mais c’est sans compter sur le magnifique  terroir alsacien qui produit des grands blancs et des rouges capables de vieillir dans les bonnes années.

Le millésime 2001 est pour le moins compliqué: en Bourgogne (qui donne le « la » pour le Pinot Noir… un peu comme le Bordelais jadis pour les autres régions) les vins étaient marqués par une acidité tranchante qui rendaient les vins peu aimables dans leur jeunesse. Inutile de dire que la plupart des vignerons furent généreux en termes de rendements et pratiquèrent par la suite la chaptalisation (c’est bien connu: prenez un fruit pas mûr, ajoutez du sucre et vous aurez l’illusion d’une pseudso-maturité!), le levurage et autres expédients. On se retrouve donc avec des vins durs, acides et décharnés. Mais ceux qui ont su écouter Dame Nature ont élaboré des vins fins, délicats et frais.

C’est ce que l’on retrouve dans ce Pinot Noir, hallucinant de finesse et de complexité. Et pour le prix (10 € à l’époque et 14€ aujourd’hui), on se demande comment on a pu en arriver là!

Aujourd’hui les amateurs sont divisés en deux clans: ceux qui adulent les vins de Bruno Schueller et ceux qui pensent qu’il est allé trop loin… Car Bruno est un adepte du laisser-faire  en vinification, ce qui donne des vins parfois capricieux dans leur jeunesse. Peu importe! Nous sommes nombreux à avoir bu des merveilleux Rieslings que nous mettons au firmament des très grands vin blancs (son Riesling « Eichberg » 1993 restera gravé comme une des plus belles émotions gustatives!)

La Cuvée Particulière 2001 de Schuller est une superbe bouteille…et une très belle façon de commencer 2014. Pourvu que ça dure!

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Les vins du Domaine Ganevat sont revenus…

Pour les fans de Fanfan Ganevat, l’attente du prochain millésime est une véritable épreuve. Dès le mois d’avril ils sont aux aguets pour le millésime généralement disponible entre octobre et décembre… Les amateurs de vins rares savent que la ténacité paye, car les vins de Jean-François sont comme les morilles ou les truffes: il faut être là au bon moment.

Les amateurs curieux et voyageurs savent aussi qu’une visite chez Fanfan est une expérience unique. Le personnage est tellement passionnant (passionné!) et généreux qu’il est inutile de prévoir une autre visite dans la journée. Certes il y a pas mal de vins à déguster chez lui, mais chaque cuvée a sa raison d’être, que ce soit le terroir, les cépages ou la vinification qui font la différence.

Mi-Fugue Mi-Raisin vient de recevoir les vins blancs sur le millésime 2011 et les rouges en 2012. Qu’en est-il des blancs 2011? Avant de répondre à cette question existentielle pour un amateur de vins blancs, résumons les derniers millésimes du domaine en quelques mots. Jean-François a pris un virage radical (quoi de plus normal pour un ex pilote de rallye?) en 2006 en passant en biodynamie. Les résultats se font immédiatement sentir:  les 2007 sont très bons, les 2008 grands, les 2009 amples et puissants (mais Fanfan n’aime pas ce millésime), les 2010 grandioses et les 2011… encore plus grands!

Alors comment se fait-il que le millésime 2011 réputé moins bon que 2010 soit meilleur?

Il ne s’agit pas de la fameuse technique journalistique consistant à vanter le millésime en cours pour aider les vignerons à vendre leur vin. Notre interprétation est simple: le travail colossal de l’équipe de Jean-François dans les vignes (ils sont 7 sur un domaine de 8,5 hectares!) donne de meilleurs résultats chaque année et ce phénomène « compense » en quelque sorte l’effet du millésime. Allez faire un tour dans les vignes de Fanfan et vous serez bluffés: pas un échalas (les pieux qui soutiennent les vignes) qui dépasse, des vignes parfaitement taillées, un travail du sol remarquable. Bref, ses 8,5 hectares ressemblent plutôt à un jardin zen. C’est toujours le même refrain: des plus belles vignes produisent de meilleurs raisins, permettant au vigneron d’aller encore plus loin dans sa « prise de risque » pour élaborer des vins plus purs et précis.

En ce moment Mi-Fugue Mi-Raisin vous propose les vins suivants du domaine:

  •   Cuvée Florine 2011: un Chardonnay tout en finesse. Superbe rapport qualité/prix. En bouteille et Magnum
  • Crémant du Jura: Un Chardonnay pétillant avec une belle vivacité, sur des notes d’amande. Très beau!
  • Cuvée de l’Enfant Terrible 2012: Un Poulsard rond et fruité.
  • Grusse en Billat 2011: Un Chardonnay plus ample que Florine avec des notes d’agrumes.
  • J’en Veux !! 2012: 18 cépages oubliés du Jura, vin rouge gouleyant et gourmand.
  • Plein Sud 2012: Trousseau fin et délicat
  • Cuvée Orégane 2011: Assemblage de Chardonnay et Savagnin.
  • Les Chalasses Vieilles Vignes 2011: Chardonnay vif et ample, en bouteille et Magnum
  • Les Grands Teppes Vieilles Vignes 2011: Chardonnay encore plus complexe que le précédent…
  • Les Chalasses Marnes Bleues 2011: Superbe Savagnin vert ouillé. Sublime!
  • Cuvée Marguerite (en Magnum). La plus belle cuvée de Chardonnay du domaine…
  • Les Vignes de Mon Père 2003: Un Savagnin ouillé pendant dix ans. Peut rivaliser sans problème avec un Montrachet!
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